VERO SEGO, délicatesse Folk Jénzine Magazine N°16, Juillet-Août 2009
•• Sont-elles si nombreuses ces filles ‘Folkeuses’ à alimenter la planète Rock Folk dans l’hexagone ? A cette question nous répondrons qu’il reste, toutefois, à les connaître et à les entendre. C’est à Toulouse que nous avons justement déniché l’une d’entre elles. Véro Sego est une artiste intrigante et humblement talentueuse, qui arpente les studios et les planches depuis plus de douze ans. Si en studio elle peut justifier d’être bien entourée, elle opte cette fois pour une configuration scénique légèrement plus ‘unplugged’. Véro Ségo fait aussi partie de ces artistes qui vivent pleinement leur musique. Après un premier single autoproduit, un premier opus intitulé "J’Avais Une Vie" en 1997 et dix ans après la parution plutôt remarquée de "Not A Bad Girl", voici que débarque quatorze nouvelles chansons très vivantes et purement acoustiques. La nouveauté ? Véro Ségo les a écrites, pour la première fois, dans la langue de Shakespeare. Une petite excursion musicale qui était, pour nous, inévitable.
Si Véro Ségo s’est contentée de petites chroniques ci-et-là, nous nous sommes demandé ô diable pourquoi personne ne lui avait véritablement consacré un article sur la toile. Même si Véro Ségo exerce dans un genre musical que l’on ne croise pas fréquemment sur le sol Francophone, sa musique n’en pas moins intéressante et le tout, au final, s’avère très professionnel. Normal vous diriez-nous après autant de temps passé sur la route. Un peu garçonne et d’emblée discrète, l’intéressée a tout de même fait la première partie du groupe Suédois Kent ou encore des Français Indochine. Elle s’est produite de nombreuses fois en France - sans oublier de passer par la case L'Olympia - le tout aux côtés de têtes d’affiches comme Eddy Mitchell, Sergent Garcia ou encore Tonton David. Quant à ses influences musicales, elles sont assez nombreuses. Cela va de Texas en passant par Suzanne Vega, Gilbert Bécaud ou bien Charles Aznavour. Un goût très éclectique qui se ressent, sans surprise, dans son travail.
Si la musique occupe aujourd’hui une place privilégiée dans sa vie, il faut remonter à l’âge de ses treize ans pour la découvrir sur scène réaliser son premier concert. Ce sera décidé : à dix-huit ans, elle deviendra musicienne professionnelle. Cette véritable vocation va l’amener à ne plus quitter le monde de la musique, et notamment celui de la guitare pour lequel elle voue, encore aujourd’hui, une réelle passion. Voilà pourquoi Véro Ségo a choisi parallèlement d’intégrer la School Of Rock, une école de musique située à Blagnac (Midi-Pyrénées), qui met en valeur les bases du Rock à de jeunes musiciens en herbe tout en laissant libre champ à l’interprétation. Véro y enseigne la technique de l’Open Tuning (l’accord ouvert) destinée aux guitaristes en soif de connaissance et de technique.
Mais penchons nous plutôt avec attention sur ce nouvel album. "...And The Pursuit Of Happiness" (traduisez 'à la recherche du bonheur') attirera d’abord l’iris de vos yeux. La pochette de l’album, signée Jérôme Biaso, représente Véro baignée dans une ambiance campagnarde où elle endosse une tenue champêtre, chapeau et petit chemisier bleu. En arrière plan, une veste en daim est pendue au tronc de l’arbre. Le disque s’ouvre sur "Unnoticed", une chanson ‘coup de cœur’ comme on en fait que trop rarement. Aidée d’un rythme Folk que l’on doit ici à Pierre Thuriès, saupoudré par un banjo que Véro maîtrise comme il faut, des paroles signées Greg Powell et les cordes d’un violon affolé frottées à l’archet par Paddy Lemercier, l’album s’ouvre déjà impeccablement. Plus Rock, plus léger, "It’s Not Too Late", le titre suivant, s’inspire davantage de la Pop alternative Anglaise. Puis, avec la très mélodique "A Secret", on plonge dans une ambiance fraîche et agréable. Les accords sont bien trouvés, toujours interprétés avec une certaine justesse. Un plaisir également d’entendre la technique du bottleneck sur une des guitares, ce qui a le don d’embellir le morceau d’un son authentique, tout aussi incontournable dans la Country Music. Mais ici, c’est plutôt Folk… et plaisant à entendre. "Mrs Lloyd" nous séduit en mettant davantage l’accent sur le songwriting pour finir par résonner comme une délicate balade. Admirablement mixée par Jacques Hermet au Studio du Moulin à Montcabrier (81), on retrouve ici Vincent Mourrégot à la batterie, Nicolas Raynier à la guitare électrique ou encore Will Pueyo à la basse. Un peu plus loin, on tombe sur "True Colors" (non, rien à voir avec la version interprétée par Cyndi Lauper) qui remporte un joli petit succès depuis 2007 sur la toile en étant diffusée en vidéo (notamment depuis le passage de Véro sur Télé Toulouse). Reprenant à nouveau le banjo, Véro Ségo nous invite à savourer la chanson "One Love" qu’elle enregistre dans le même état d’esprit que "Unnoticed", toujours accompagnée par le violon de Paddy. "My Friends Part.1" est un pur bonheur. La slide guitar parle d’elle-même. Rien à redire. Véro y fait des étincelles et y exploite toutes ses connaissances techniques. Un parfait moment. "The Man I Know" est une balade convainquante qui se laisser bercer avec douceur. C’est un peu comme le vent dans les feuilles lors d’un joli été. On accrochera beaucoup sur "Behind Your Eyes", cadencée, très Pop, peut-être le plus lumineux morceau de l’album. Aux chœurs, c’est Dan Powell que l’on retrouvera ici. Après la très douce "We Are Free" et son violon chantant, l’album se termine avec "You & Me". Parfaitement amenée, dotée d’un refrain mélodieux, des petits piqués de guitares vraiment sympathiques et des paroles, une fois de plus, signées Greg Powell, nous sommes enchantés à l’idée de revenir au début de l’album et réécouter, encore et encore, l’ensemble des morceaux.
En somme, "…And The Pursuit Of Happiness" est l’album idéal à déguster sous le soleil, au frais ou au calme. Les quatorze chansons qu’il renferme sont des petits moments à croquer où l’acoustique règne en maître. D’ici quelques mois, plus précisément à partir de Septembre 2009, Véro Ségo partira à nouveau sur les routes présenter ce nouvel opus. Entre l’Allemagne, l’Italie et, bien sûr, la France, la formation musicale se verra plus sage sous le feu des projecteurs et se transformera en trio : c’est ainsi qu’on la retrouvera sur scène aux côtés de Nicolas Reynier et Ayumum Matsuo. Une force tertiaire qui aura le don de transposer les chansons vers un son Folk encore plus simple et pur. Voilà en tous cas ce qui pourra, sans mal, vous illuminer ce joli été. En attendant de la voir et l’entendre sur scène, savourer délicieusement les quatorze titres de ce charmant petit album est la meilleure chose qu’il vous reste à faire. Restez à l’écoute ! Malgré sa discrétion, Véro Ségo est musicalement très surprenante. ••