CLARA OLEG, la belle du Jazz Jénzine Magazine N°14, Mars-Avril 2009
•• Il n’est pas rare de croiser sur la route des musiciens dont on arrive difficilement à oublier le nom. Clara Oleg fait partie de ces artistes qui arrivent à vous marquer rapidement en vous murmurant une note, une mélodie, tout en sachant vous faire partager leur univers. Le monde de Clara ? Le Jazz, un genre musical de prédilection pour cette jeune et jolie blonde. Vous l’avez donc compris, Clara Oleg est épatante et méritait largement d’être mise en avant au sein de Jénzine Magazine. "Romantic Insane", fabriqué de reprises et de chansons originales, est un album que nous avons délicatement savouré, non seulement pour la qualité de l’enregistrement mais aussi pour la douceur ambiante et le parfum qu’il nous a laissé après écoute. Cette voix envoûtante, si personnelle et charmante, a de quoi vous subjuguer. Et si vous découvriez Clara Oleg? Tout comme nous, vous ne l’oublierez certainement plus après l’avoir découvert.
Clara Oleg nous accueille déjà sur la pochette de son album avec un regard franc et passionné. Il faut dire qu’il en faut du tempérament pour aboutir à un disque de la sorte, et beaucoup de passion et de talent. Cette interprète douée a d’ailleurs grandi très tôt dans la musique. Née d’une mère chanteuse et d’un père pianiste, ce dernier grand admirateur de Charlie Parker et grand accompagnateur privilégié de Joséphine Baker, elle ne pouvait véritablement pas échapper à son destin. A huit ans, la petite Clara reprend déjà le répertoire des grandes divas du Jazz des années trente et deviendra vite une fan assidue des crooners fréquentant le domaine. Sa biographie officielle, plutôt discrète, laisse volontiers parler la musique pour elle. Et c’est d’ailleurs tout aussi bien. "Romantic Insane" (traduisez « Folie Romantique ») détient un puissant magnétisme irrésistiblement attirant qui, par ailleurs, vous donne envie d’en savoir plus. En étudiant de plus près l’album, nous remarquons la présence d’un titre qui ne nous ait pas inconnu ; il s’agit de "My Heart Belongs To Daddy", rendu célèbre par Marylin Monroe en 1960. En se rendant sur le site Internet de Clara, Marylin n’est à nouveau pas loin. Tout se tient puisque Clara demeure éternellement sensible au style de l’Américaine et à la manière dont l’icône interprétait les morceaux. En guise d’ouverture, nous découvrons "Romantic Insane", qui emprunte son titre à celui de l’album (ou peut-être l’inverse, qui sait ?) Nous sommes d’abord saisis par la qualité de l’arrangement signé ici Jeff Chalaffre et Christophe Dumouchel. Nos deux compères vont d’ailleurs admirablement travailler tout au long de ce disque en arrangeant avec merveille les neuf morceaux qui le composent. La voix de Clara Oleg, elle, est ravissante d’emblée. Un petit accent frenchy frémissant qui ne peut que faire craquer nos amis Anglophones reste un atout fort séduisant pour cette belle Parisienne. Bien sûr, nous adorons et adoptons sans rechigner la très réussie "Hello" qui incorpore de petits accords forts séduisants saupoudrés d’un décor acoustique-gipsy vraiment sympathique. Les deux minutes trente de ce morceau donne – évidemment – envie de le rejouer infiniment. Après tout, c’est aussi ça les grandes chansons. Vous pensez à présent qu’il est difficile de faire mieux ? Vous n’avez pas encore écouté "The Man In Love", une reprise du grand George Gershwin. Plus rythmée que l’originale et bien plus acoustique, moderne et présentable, l’écouter devient rapidement un bonheur. Frais, agréable, envoûtant, tant d’adjectifs qui ne semblent pas encore assez forts pour décrire ce que l’on peut ressentir jusque là. Toujours soucieuse de s’inscrire dans une frénésie acoustique Jazz réussie, Clara Oleg s’attaque à un autre standard avec "All That Jazz" (interprété auparavant par une certaine Liza Minelli) et en profite pour la parer de jolis bijoux sonores. En passant sur la sensuelle "A Letter From A Dead Lover", nous apprécions toute la finesse et la douceur donnée à l’ensemble. Bien sûr, nous attendions avec impatience de pouvoir entendre "Corcovado", devenue célèbre grâce à son talentueux et regretté créateur, nous avons nommé le Brésilien Antonio Carlos Jobim. Pendant que ce morceau prend des allures quelque peu orientales, nous écoutons attentivement "I Can’t Sing", chanson signée par le duo Nicolas Driot et Christophe Dumouchel, et légèrement plus Folk que ses consœurs. "Romantic Insane" s’achève enfin sur la réussie "Pleasure Street".
"Romantic Insane" est un album brillant qui permet de savourer à la fois le talent d’interprétation de Clara Oleg et le talent des Auvergnats Jeff Chalaffre et Christophe Dumouchel. C’est aussi un merveilleux point de vue sur certains standards du Jazz. Ce premier album a de quoi vous émoustiller et vous surprendre. Et, après tout, c’est bien tout ce que l’on demande à un disque de Jazz. En parallèle, Clara Oleg réalise une véritable tournée mondiale. Déjà largement remarquée lors du Dubai International Jazz Festival (écoutez sa reprise de "Blue Moon"), c’est en Avril de cette année qu’elle va fouler le sol des Etats-Unis en se produisant en Floride, plus précisément à Miami. Intégrant sans sourciller le rang très convoité des artistes exerçant dans le Vocal-Jazz, Clara Oleg n’aura clairement aucun mal à persuader le public du pays de l’Oncle Sam. La belle poursuivra son parcours jusqu’à Haïti, la Jamaïque, Puerto Rico ou encore Mexico. Un périple enrichissant mené au nom de la musique. En tous les cas, son univers reste, à lui seul, un délicieux voyage vers des sonorités très plaisantes à entendre. A la fois sensuelle, douce et élégante, Clara nous a si vite et irrésistiblement séduits qu’on redemanderait presque un second album et de nouvelles chansons. Alors, qui sera le prochain à être séduit ? Vous, sûrement…••