Article : WILLIAM BALDE, des fleurs dans le coeur
Parution : Jénzine Magazine N°10, Juillet-Août 2008
•• Avez-vous remarqué que le soleil brûle plus fort depuis l’arrivée sur les ondes du nouveau single de William Baldé ? Oui, c’est désormais l’été et le premier album solo de cet artiste originaire de Guinée risque bien d’être votre compagnon idéal pendant cette belle saison. William n’est pas un petit nouveau dans le monde de la musique mais c’est aujourd’hui qu’il explose. "En Corps Etranger" est donc l’album qui va lui permettre de séduire, une fois de plus, un nouveau public. Le premier single qui en est aujourd’hui extrait sera clairement le tube de cet été 2008 (on ne vous le redira pas deux fois...) ; mélange de Reggae, de Ska, de Ragamuffin ou encore de Variété-Country, vous tenez ici ce qui va certainement faire danser toute la France et bon nombre de clubs très branchés en Province. William Baldé a la recette du bonheur entre les mains et sa musique saura vous donner le sourire aux lèvres. En attendant, on préfère vous prévenir : ce n’est qu’un début...
Cet artiste à la fois jovial sur scène comme dans sa musique est, à lui tout seul, un rayon de soleil. Pas étonnant que le tube qu’il lance aujourd’hui dans l’arène des musiques estivales en soit un également. Un matin suspendu aux fleurs de ton jardin, ma main sur ton p’tit cul, qui cherche le chemin.... Vous allez le fredonner ce refrain. Pour certains d’entre vous, vous le chanterez plus souvent qu’à l’accoutumée... Mais vous allez le garder, là, quelque part... C’est magique et ça ressemble à ça un tube de l’été. Mais qui est ce faiseur de tubes ? A qui appartient cette voix fine et voilée que l’on entend partout ? Aussi étrange que cela puisse paraître, le métier de la musique n’était pas dans les priorités de William, bien que son enfance ne soit pas exempte de musique puisqu’il fût élevé au son de la musique Cubaine et de la Soul Music (Ottis Redding ou encore Joe Tex en font partie). Celui qui apporte aujourd’hui chaleur, complicité et fraîcheur rêvait pourtant de devenir un jour avocat. William Baldé a grandit en Guinée mais passera la plus claire partie de son adolescence à Dakar aux côtés de son père, styliste et tailleur de métier, et exilé de son pays. C’est la mère de William, médecin, qui préfèrera savoir son fils en sécurité tout en le protégeant du régime autoritaire alors en vigueur sur les terres de l’époque. Puis, le jeune Baldé voit alors son père quitter Dakar pour la France. A quinze ans, il partira le rejoindre dans l’Hexagone. « Quand j’ai débarqué à Paris, mon père tenait un bar du côté de la Bastille », se souvient William. Il profite alors de ce moment pour commencer son périple artistique dans la capitale, en fréquentant quelques bars et autres musiciens bohèmes sur les marches du Sacré-Coeur, traverse Montmartre avec sa guitare, tout en séchant les cours et en essayant de gagner un peu d’argent en chantant dans le métro.
Finalement, la musique a su, petit à petit, le rattraper. Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que la musique devienne, en fin de compte, son vrai métier. En 1996, on le découvre comme le musicien principal d’un groupe Afro-Soul baptisé Yuba. En découlera d’ailleurs dans les bacs un premier disque nommé "Everybody Nyani-Nyani" où William présente ses compositions en Wolof et en Anglais. Les premières parties de Jamiroquaï, Alpha Blondy ou encore The Eagles attendent déjà la formation au tournant. Pourtant, ça ne décollera pas tout de suite. L’histoire va réellement débuter quand Baldé créera un tout nouveau groupe qu’il appellera 24 JAM. Pendant douze années consécutives, on le verra accompagné par le Camerounais Michel Domisseck et par Marc Chavanis à la contrebasse. Il ne s’attend pourtant pas à voir un jour débarquer un guitariste-chanteur quelque peu spécial. 24 JAM tourne alors dans un bar du Sud de la France, bien trop occupé à interpréter quelques bons standards de la Soul Music des années soixante. William se souvient : « Un jour, musicien me demande comment procéder pour se faire embaucher au sein du groupe. Je lui dis qu’il est possible de passer en première partie. Il était étonné qu’on ne l’auditionne pas. Alors, je lui ai répondu que s’il tenait à chanter, c’est qu’il savait le faire... ». Sans le savoir, William Baldé venait de parler à Christophe Maé. Depuis, l’amitié brillante qui existe entre ces deux compères a fait son bonhomme de chemin et c’est, finalement, tout l’inverse de l’histoire qui se produit : William Baldé accède à une première reconnaissance du public en assurant les premières parties des concerts de Maé entre 2007 et 2008. Plus de quarante Zéniths à travers la France et, ce devant plus de 400 000 spectateurs, lui permet de se faire connaître, lui et sa musique ensoleillée. Les morceaux qu’il interprètera sur scène vont donner vie aux dix chansons qu’il présente aujourd’hui dans son premier album solo. « C’est le disque que je voulais faire, précise Baldé, parce que j’ai trouvé un équilibre entre la Soul, la Pop, le Reggae et ma passion pour une certaine chanson française. Je reste un Franco-Africain qui chante en Français ». Pendant ce temps, Michel Domisseck (ex-membre de 24 JAM) écrira "Belle Demoiselle" pour l’album "Mon Paradis" de Christophe Maé.
Après avoir enflammé la scène de l’Hippodrome d’Auteuil le 21 Juin dernier à l’occasion de la Fête de la Musique, le premier album solo de William a débarqué deux jours plus tard dans les bacs. Au menu, un bronzage musical assuré. Tout démarre avec "En Corps Etranger" (qui prête accessoirement son nom à l’album). Cette chanson, qui barbote dans un Reggae pur et cristallin, est aussi amenée tout en malice puisque l’exil en est le thème principal. En à peine un titre, le songwriter inspiré Baldé nous fait découvrir l’art et la manière de ne jamais tomber dans le dramatique ou le mélancolique. Ses chansons respirent l’harmonie et l’optimisme même si les sujets qu’il aborde peuvent être parfois graves. Avec "Sweet Lady", il va même jusqu’à mélanger Variété Française et Pop Music tout en rajoutant un peu de Soul et de R&B dans la recette. Avec le morceau "Exil", Baldé brille vocalement et fait corps avec une musique World totalement réussie. "Sur La Route de Dakar" est, quant à elle, une belle ballade Soul Sahélienne voyageuse qui amène l’auditeur à savourer un univers tout particulièrement autobiographique. Les rayons de soleil émis par l’artiste viendront vous titiller aussi avec "No More Again", un oasis de repos et de paix intérieure. Mais c’est surtout avec la très jolie "Suzy", que Baldé y démontre, une fois de plus, son talent d’interprète et de compositeur. Après avoir posé vos oreilles sur la dansante "La Boîte Aux Photos" évoquant pourtant l’immigration sans papiers, pourquoi ne pas vous pencher sur la très traditionnelle "Sayüma Lagissé", ici intégralement chantée en Wolof, ou encore sur ce Blues Sénégalais nommé "Yonn-Guy", rempli d’émotion, de sentiments et interprété avec grand coeur.
Oui, William Baldé c’est tout ça ! Humainement, on le voit comme un homme authentique, profondément optimiste et plein de vie. Il suffit de l’observer sur scène pour comprendre sa grande bonté envers un public qu’il a su véritablement conquérir au fil du temps. Artistiquement, ce sont dix chansons qui vont clairement contre l’amertume et la tristesse, les thèmes plus graves sont relégués à être abordés avec délicatesse. Avec "En Corps Etranger" (comprenez-y un jeu de mots astucieux), l’été vous semblera plus doux et plus beau. Entre Reggae, Jazz, Soul, Variété, World et Pop, vous vous y retrouverez musicalement. Aucune chance que vous n’échappiez à ce magnifique album alors prévoyez le coup de soleil ! Ce disque éclatant vous accompagnera tranquillement à la plage ou sur votre lieu de vacance préféré. Un moment de détente, d’amusement, de rêve et de quiétude garanti. Cet été, vous serez certainement bercé plus d’une fois par les chansons de William Baldé et vous prendrez sans nul doute plaisir à danser sur son single "Rayon De Soleil". Un petit conseil : dénichez-vous vite cet album et savourez les magnifiques petits moments qui se cachent à l’intérieur, tous nourris par les nombreuses traversées d’un Franco-Guinéen talentueux. Vous souhaitez le voir sur scène ? Allez l’applaudir lors des nombreux concerts qu’il entamera à partir de Novembre 2008 dans les principales villes de France. Un musicien à ne pas rater pour les nombreuses fleurs qui vous pose dans le coeur et pour la belle émotion gorgée de soleil qu’il est capable de vous offrir. ••
Jen Kidonÿ |