www.jenzinemagazine.com

 

•• Lorsque nous avons rencontré Tilia pour la première fois en Décembre 2007, nous avions déjà été frappés par l’univers qu’elle nous présentait, un savant mélange Gothique/Rock allié à des images douces et angéliques. Une fille au look excellemment et raffinement travaillé, orné d’un petit grelot au cou et aux oreilles de chat. Bien avant qu’elle soit retenue pour le casting de La Nouvelle Star, et après une écoute très attentive de ses réalisations musicales, nous étions persuadés que son univers allait enchanter un public et engendrer des fans. Il s’est avéré que ces derniers sont aujourd’hui au rendez-vous et fidèles aux côtés de celle qu’ils ont préférés nommer le ‘petit chat bleu’. Petit à petit, elle fait son chemin et, chaque jour, de nouveaux venus la découvrent, elle et son univers. Ayant déjà à son actif plusieurs albums autoproduits en total auto didactisme et dotée d’un imaginaire omniprésent, Tilia Weevers reste humble, simple et profondément inspirée. Elle demeure un phénomène qui ne fini jamais de vous surprendre.

Tilia Weevers a un parcours peu commun et plusieurs passions l’animent. La musique en fait partie bien sûr, mais la création graphique est, pour elle, tout aussi importante. Attirée par le dessin et réalisant des montages photographiques, elle a longtemps suivi des cours de dessins alternés par des cours au conservatoire et des cours particuliers. La force de Tilia réside dans sa détermination. En effet, elle a longuement démarché les maisons de disques sans jamais perdre espoir. Elle ira même jusqu’à tenter sa chance à Paris. Le vent va tourner pour elle. Après quelques prestations live dans le monde virtuel Second Life, elle participe à La Nouvelle Star. Là, elle tente à nouveau sa chance en reprenant "Butterfly" du groupe Superbus devant un jury qui valide son style et son art de vivre. La production, clémente, lui accorde exceptionnellement un reportage qui va immédiatement la faire connaître du grand public. Pourtant non retenue à ce casting, sa médiatisation en Mars dernier va permettre à sa cote de popularité de grimper en flèche. De 1 500 visites sur son MySpace, elle en est aujourd’hui à plus de 70 000.

Pendant que quelques forums et autres blogs destinés à Tilia fleurissent un peu partout sur la toile et que des témoignages d’auditeurs conquis ne cessent d’apparaître, le ‘petit chat bleu’ est calmement revenue en Province avec cette inépuisable envie de ne rien lâcher et la tête bien sur les épaules. Au fil des semaines, les commandes de son album ont affluées. Plus de dix sept exemplaires étaient parfois postés de la main de l’artiste en une seule et même journée. Aujourd’hui, Tilia a préféré déléguer la tâche à un distributeur pour mieux se concentrer sur son travail musical. En parallèle, au grès de nos périples dans Second Life, nous avons pu apprécier maintes et maintes fois son travail musical grâce aux divers concerts virtuels qu’elle y donne, parfois même en Unplugged.. Même sur cette plate-forme virtuelle, Tilia est populaire. A en croire son réseau In-World, plus de 150 personnes s’informent régulièrement de son actualité.

Tilia Weevers a donc choisi Jénzine pour sa première interview accordée à un magazine musical online. Au sein de notre salle d’interview virtuelle, dissimulée derrière son avatar Tilianna Lagan, elle nous a livré quelques informations croustillantes au sujet de sa musique mais aussi de ses projets à venir. Nous l’avons rencontré pour vous.

Jénzine : Il y a toujours un début de carrière pour un artiste. Quel est le tien ? Quel est ton parcours initial ?
Tilia Weevers : Je suis née dans une famille d’artistes, mes parents sont des illustrateurs, ils m’ont fait l’école à la maison ce qui m’a permise de me consacrer à l’art très tôt. Je suis la seule dans la famille à être musicienne.

J : Tu as commencé à composer à quel âge ? Et à quel moment est-ce devenu une passion pour toi ?
T.W. : Dès que j’avais un clavier sous les mains, j’ai composé et aussi chanté, mais j’ai réellement construit mes premiers morceaux autour de mes quinze ans. Ce fut un besoin plus que d’une passion. D’ailleurs, lorsque je me trouve quelque part ou il n’y a pas de piano, je me sens très vite frustrée de ne pas pouvoir sortir le trop plein de mes sentiments.

J : Tu utilises un verbe très précis pour décrire ta musique. Tu parles de construction...
T.W. : Oui, j’ai pour habitude d’avoir une logique assez précise quand je compose. Ma spécialité est des créer des suites d’accords, des boucles, qui doivent trouver une corrélation avec une autre boucle et ainsi de suite. J’avoue que cette précision m’est venue assez tardivement étant au début une compositrice d’instrumentaux et non de chansons.

J : Quels sont ceux qui t’ont influencés au départ ? Des musiciens exerçant justement dans le domaine de l’instrumental ?
T.W. : Oui, j’étais très influencée par les classiques au piano et ensuite les B.O. de films (Le Grand Bleu, Edward Aux Mains d’Argent, Dark Crystal, L’Histoire Sans Fin - les deux derniers étant mes films préférés). Je suis également fan de films de Tim Burton.

J : Il y a un côté très imaginatif chez toi. Cela a ressort aussi de ton travail. Cet univers qui t’englobe semble même parfois naturel... Est-ce quelque chose que tu entretiens ?
T.W. : Oui, c’est même un art de vivre. Ma mère me dit souvent qu’il faut faire de sa vie une oeuvre d’art, donc tout pour moi est une surface ou l’on peut créer. Le look, l’intérieur de sa maison, et pourquoi pas l’extérieur, la carrosserie de la voiture... C’est ça pour moi la liberté. C’est une liberté qu’il faut assumer mais qui permet d’enrichir sa vie car, n’est ce pas, elle est si courte !

J : Tu as plusieurs symboles sur toi, un look très coloré, très réverbatif. Est-ce un look du quotidien ?
T.W. : J’ai toujours eu un look décalé, quoi que je fasse. Depuis que j’ai commencé à m’afficher avec les oreilles de chat, je ne les aient plus quittés. On me demande même parfois si je dors avec ! C’est aussi un besoin, un art à emporter. Le grelot, lui, chasse les mauvais esprits !

J : Justement, d’où te vient cette image que tu entretiens avec les chats ? Toi que l’on nomme très souvent ‘le petit chat’...
T.W. : Au début, cette création était de la pure improvisation. Il y a eu cette mode sur Second Life avec ces oreilles de Neko, et ce look gothique/Rock allié à un coté manga que j’aime énormément, grande fan des créations des Studios Ghibli. J’avais un bonnet de chat que j’ai customisé - à la base, il me protégeait du froid - et j’ai adopté cette fantaisie peu à peu, sans me l’expliquer. J’ai arboré le serre-tête avec ces petites oreilles, ces piercings, en assumant sortir du monde virtuel et de faire de mon corps un domaine ou je peux exprimer ma créativité comme sur mon avatar dans Second Life. Eh oui ! Pourquoi ne pas finalement être réelle comme ça aussi ? Et puis, il y a cette chose qu’on ne s’explique pas chez les artistes. Après avoir créé une chose, on en comprend son sens, comme si c’était un rêve prémonitoire qui se réalise en face de nous. Le chat a plusieurs vies et moi même j’en ai eues alors j’ai voulu en faire un projet plus global, pour en faire une histoire. Chacun de nous a plusieurs vies en fait, ce sont des petites quêtes initiatiques.

J : Le bleu est-elle ta couleur fétiche ?
Le bleu est le Chakra de la gorge, de la communication.

J : Quels sont justement les thèmes qui reviennent le plus souvent dans ta musique ?
T.W. : L’amour (pas très original...), la mort, la crainte, la colère, la tristesse, l’humour aussi mais c’est plus rare.

J : N’y a t’il pas une sorte de contraste, entre guillemets,
entre l’amour et la mort ?

T.W. : Oui et non. L’amour est un vaste sentiment, une énergie inépuisable qui englobe tout. La mort et la vie étant des stades, des sortes de portes, l’amour est quelque chose que l’on porte en soi quoi qu’il arrive, même inconsciemment. Comme disait Björk : "All is Full of Love".
J : L’énergie dans la musique est-elle importante pour toi ?
T.W. : Oui, cela permet de lier les êtres.

J : Recherches-tu à faire vibrer ton auditeur ?
T.W. : Oui, partager cette émotion est pour moi une autre manière plus profonde et instinctive de communiquer. Et communiquer est, pour moi, une chose primordiale.

J : La question que tout le monde se pose, c’est tout de même cette faculté à tout faire soi même. Paroles, musiques, mixage, arrangement, pochettes,... Comment on en arrive là ?
T.W. : La solitude, le système D, l’autodiscipline et l’autodidactisme. En faisant l’école à la maison, j’ai aussi appris être autonome, et c’est très utile. Et puis je suis très têtue. Je sais ce que je veux, et je me sens plus à l’aise quand je peux le faire moi même. Mais étant très sociable depuis toujours, je suis très stimulée par les collaborations artistiques. Depuis peu, j’ai décidé de déléguer plus de choses à d’autres musiciens, pour pouvoir gagner plus de temps pour créer. Car quand on fait tout soi même, on perd un temps énorme.

J : Tu es donc en train de nous dire qu’il y aurait un projet de groupe, de formation en cours ?
T.W. : En quelque sorte oui. Je travaille en collaboration avec un ingénieur son et un arrangeur qui portent mes sonorités sur un plan plus Nine Inch Nailiens. Un son que je cherche depuis toujours car j’avoue avoir été perpétuellement frustrée par mon son qui n’exprimait pas assez ma force. L’ingénieur son a déjà beaucoup collaboré, a vu du métier, ainsi que son ami de toujours, mon arrangeur. Cela me permet d’avoir toujours de bons conseils et la tête sur les épaules.

J : Penses-tu, à juste titre, que dans le monde de la musique, on se dirige de plus en plus vers une musique indépendante ou, au contraire, dans une optique plus marketing, plus télévisée aussi ? Quel est ton sentiment là-dessus ?
T.W. : Je pense qu’il y a vraiment deux mondes. Celui d’en haut et celui d’en bas. Celui d’en haut étant sous les feux des projecteurs, facile à écouter et à jeter, et ou l’on trouve rarement des choses recherchées Celui d’en bas est en perpétuel bouillonnement, constitué d’un public averti. Aujourd’hui, on a besoin d’être vu pour être pris en considération et aiguiser la curiosité.

J : Penses tu que la visibilité passera obligatoirement vers le web dans les prochaines années ?
T.W. : Oui je n’en doute pas, le web étant un domaine ou l’on est encore assez libre.

J : Tu crois en la disparition du disque et en la vulgarisation du numérique ?
T.W. : Dans un avenir lointain pourquoi pas, c’est logique après tout. De nous jours on peut tout trouver sur le net, et avoir de plus en plus de choses qualitatives, suivant l’évolution des technologies ainsi que la vulgarisation des énergies renouvelables et de l’économie d’énergie.

J : Tu réalises des concerts également en RL ?
T.W. : J’en faisais avant, en piano/voix, dans des restaurants, vernissages d’expositions, et ce très exceptionnellement. Aujourd’hui j’avoue qu’on me réclame de plus en plus ! Je rêve de pouvoir réaliser un show (et pourquoi pas avec mes deux acolytes) où je pourrais réellement exprimer un tout, de l’électro, du piano/voix... Bref, quelque chose de varié car je veux que mon public soit diverti plus originalement, pourquoi pas avec des projections audiovisuelles en même temps... C’est pour cela que je me suis toujours un peu réservée dans mes prestations au détriment de mon expérience scénique.

J : Le fait de réaliser des concerts dans un monde virtuel t’apportes t-il autre chose que dans la vraie vie ?
T.W. : Cela m’apporte une possibilité de varier justement les plaisirs, les visuels, les musiques, les lieux, et aussi de toucher un public varié et international instantanément. Ce que j’apprécie le plus c’est de pouvoir communiquer directement avec eux.

J : Cette relation fans/artiste est elle également importante pour toi ? Tu as un important réseau de fans qui te suivent déjà de près.
T.W. : Oui c’est très important, justement j’en reviens à la communication. Je suis d’un naturel empathique. Et j’aime ressentir le bonheur et l’interrogation chez des gens et aussi leurs peurs parfois. C’est une source inépuisable d’inspiration et d’émotions.

J : Quelle leçon retiens-tu de ton expérience à l’émission "La Nouvelle Star" ?
T.W. : C’est une réelle leçon sur soi même, et aussi une merveilleuse source de gens intéressants, qui ont leur monde derrière eux aussi. J’ai eu la possibilité de tester mes capacités, et ma résistance, et d’être en communion avec beaucoup d’artistes aussi passionnés que moi. Il me fallait déranger un peu avec mon look farfelu, tout en poésie, et j’ai agréablement constaté que cela a séduit énormément de gens. La façon dont j’ai été diffusée (un gros bisou à la production) a permis de faire découvrir mon univers beaucoup plus que mes plates interprétations. Je ne puis prétendre à m’approprier des chansons d’autres artistes et de les interpréter comme d’autres grands interprètes, et ça, la production l’a bien compris. C’est par l’aiguisement de la curiosité des gens que mon MySpace a explosé en visites et en messages positifs, en demandes d’albums...

J : Verrons nous arriver un premier album studio bientôt ? Des projets ?
T.W. : Avec mes deux compères, nous sommes en train de mixer peu à peu (suivant l’emploi du temps de chacun, car il faut manger entre temps !) des morceaux anciens et d’autres nouveaux pour constituer un album portant le son précis que je cherche. Cela va prendre un temps indéterminé, et le jour de sa naissance, nous pourrons démarcher avec. Par la suite, j’aimerais réaliser un projet audiovisuel nommé "Méchamorphoz" racontant l’histoire des neuf vies du petit chat bleu. Pour l’instant je vais faire régulièrement des concerts virtuels, et trouver des moyens d’en faire en vrai dès que le temps me le permet et dès que j’aurais de nouvelles compositions pour varier les plaisirs.

J : Un mot pour tes fans ?
Pour mes fans, j’aimerais leur dire qu’il faut réellement tendre vers ses rêves, ces choses que l’on croit impossible à réaliser. Il ne faut pas hésiter à mettre de la fantaisie dans sa vie sans avoir peur qu’on les juge. Il est important de se sentir libre dans ce monde. Je vois trop de gens qui se sentent prisonniers par des contraintes que, finalement, on s’invente. ••

Jen Kidonÿ

TILIA WEEVERS
Album en cours
de réalisation...

www.myspace.com/orph0enix
http://tilia.weevers.free.fr/