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•• On en a vu passer de ces groupes Anglais, terriblement efficaces, faisant vibrer les murs et faire tomber un à un vos posters de The Who ou Queen. De l’eau a coulé sous les ponts depuis l’arrivée des Franz Ferdinand en 2005 avec leur single détonnant "Darts Of Pleasure (Take Me Out)". Aujourd’hui, c’est plutôt vers The Hoosiers que les choses se passent. Ce léger coup d’oeil vers ce groupe encore inconnu il y a quatre mois en France va sûrement vous convaincre de sa maturité. Beaucoup plus construit que The Kooks, plus affamé que Hot Hot Heat, ce groupe a tout d’une grande révélation Pop/Rock – ou Odd-Pop (Pop-Bizarre) comme ils se plaisent à la nommer. En gros, cette année, vous ne pourrez pas passer à côté de cette formation qui a encore tout à prouver mais qui est déjà terriblement bien lancée.

Nos voisins les Anglais ne s’y sont pas trompés. Ils ont vu juste en The Hoosiers. A peine le single paru et le voilà déjà propulsé à la cinquième place des Charts en Angleterre. Avec leur second single, "Goodbye Mr.A.", c’est la quatrième place de ces mêmes Chartes qu’ils vont conquérir. Nous sommes en Octobre 2007, The Hoosiers vient de signer son premier contrat avec une maison de disque. On les catalogue déjà comme une fusion maline entre The Cure et Supergrass. Mais bien avant ça, The Hoosiers c’est un parcours atypique qui ne rejoint pas forcément le monde de la musique. Le groupe est composé de trois musiciens qui font la paire ; Irwin Sparks (chant, guitare), Alfonso Scharlando, (batterie), et le Suédois Martin Skarendahl (basse, guitare acoustique). Il est parfois bon d’aller jouer les voyageurs, et c’est exactement ce que deux de nos compères ont fait. Ayant zappés la FAC dans la ville de Reading, en Angleterre, à la faveur d’un voyage initiatique aux Etats-Unis conseillé par le cher professeur de chimie d’Irwin – ce dernier ayant fait parti du groupe Sailor en son temps -, leurs études se sont poursuivis à l’Université d’Indianapolis. Deux d’entre eux se sont voués au football. Plutôt bons, ils ont ainsi longuement évolués dans ce domaine sportif pendant un an. Leur première passion ? La musique. Ils reviendront vers leur pays natal et rencontreront Martin qui provient de Stockholm, un ex pompier dans l’Armée. « On était un peu au bout du rouleau, précise Alfonso, installés dans un studio du côté de Brick Lane avec un bassiste qui n’en était plus un, et comme assistant ingénieur du son notre sympathique et plein d’entrain Skarendahl. Le premier jour où nous sommes tombés sur sa sale tronche, il avait l’air de flotter sur un nuage. » Et c’est ainsi que le trio créera The Hoosiers Complex, nom de baptême du groupe. Avec assez d’influences musicales, passant de Joni Mitchell à Electric Light Orchestra, de Neil Young à The Flaming Lips, et armé de l’expérience musicale de Martin – ce dernier ayant étudié à la London Music School de Londres – ils commencent à réaliser leurs premiers enregistrements en studio.

Attention, The Hoosiers ne se prennent absolument pas au sérieux. Avec un physique 'So British', Irwin, Alfonso et Martin semblent de joyeux étudiants Universitaires Anglais qui s’éclatent dans une musique carrément désopilante. « Jamais nous ne pourrions nous contenter de jouer une chanson de plus sur les beuveries du samedi soir », précise Martin Skarendahl, le bassiste. « Et au stade où nous en sommes aujourd’hui nous n’avons pas envie d’infliger aux autres une chanson d’amour », ajoute Irwin. « Dans ma collection de cassettes il n’y a pas qu’un seul genre de musique » ajoute Alfonso Sharland, je n’ai pas grandi en rêvant juste de devenir The Cure, Jeff Buckley, The Flaming Lips ou XTC ». Mais gare à leur professionnalisme. Car malgré cet aspect extérieur des choses, cela ne les a pas empêché de faire débarquer dans les bacs un album du tonnerre, à la pochette reluisante : "The Trick To Life". Tout autant de morceaux qui parlent d’eux-mêmes. Dans le désordre, on y trouve "Worst Case Scenario", "Cops And Robbers", quelques chansons Unplugged à la Paul, John, George et Ringo ("Clinging On For Life", "Money To Be Made"), certaines sont d’humeur romantique ("Run Rabbit Run"). On y croise aussi des morceaux originaux comme ce "Everything Goes Dark" aux sons sympathiques, et des perles de composition comme "Killer" ou le single favori de ces derniers temps "Worried About Ray". On attendait depuis longtemps qu’un groupe sonne comme celui là. Alternant avec talent des chansons au flow séduisant et aux accents rythmiques tapageurs, c’est désormais effectif et les oreilles en raffolent. Au fait, que signifie le nom du groupe ? « Un ‘Hoosier’ est un habitant de l’Indiana, un Etat du centre des Etats-Unis, l’endroit où nous étions lorsque nous nous sommes trouvés. explique Alfonso, La plupart des Hoosiers soutiennent que ce nom vient d’un certain Samuel Hoosier, vers 1825, et que les ‘Hoosiers Men’ étaient réputés pour être des travailleurs des plus courageux et durs à la tâche. Mais si on creuse un peu plus, on découvre que ce nom est une déformation d’un mot Français signifiant ‘fainéants et agitateurs’ et qui faisait référence à un groupe d’hommes à la morale douteuse. L’ambiguïté des origines de ce mot nous a plus, même si nous nous sentons plutôt proches de la deuxième définition ». Bien évidemment.

Un coup de coeur n’est donc jamais loin pour The Hoosiers. C’est d’ailleurs ce qu’a du se dire leur producteur, Toby Grafty-Smith, à qui l’on doit l’écriture des plus gros tubes de Jamiroquai, à savoir "Virtual Insanity", "Alright" ou encore la tonitruante "Deeper Underground". On ne pari jamais sur un bon groupe pour rien ; on le suit et on le fait grandir. "The Trick To Life" a beau être un album Pop/Rock bien achevé, il en est pas moins un album révélation. « Nous n’avions pas envie de jouer tout le temps de la Brit-Pop ou des trucs de ce genre, explique le groupe, nous avons eu du mal à trouver notre son. Lorsque nous avons rencontré notre bassiste Martin, nous étions tous d’accord pour faire des chansons qui couvrent un vaste registre, sans nous cantonner à du 4/4, le pied au plancher, parce que ce n’est pas franchement notre état d’esprit quotidien. » On sait déjà ce que l’avenir a réservé à des groupes comme Hot Hot Heat (dont la magique sonorité n’est pas si éloignée). On sait également que des groupes comme The White Stripes, The Hives ou The Strokes ont percés dans le domaine et imposé leurs styles et leur vision de la Pop Anglaise d’aujourd’hui. N’oublions pas les anciens – les précurseurs - telle la troupe à Robert Smith, et les magnifiques The Clash.

The Hoosiers suivent donc les traces de leurs prédécesseurs et ajoute un petit brin de quelque chose qui va donner un élan, un sûr impact dans ce style Pop/Rock 'Made in England'. En attendant un second opus de la troupe, délectons nous déjà de ces treize titres franchement pas farouches que l’on peut s’écouter en boucle, encore et encore, et assurons nous que ce trio se fabrique un beau chemin dans un style musical radical. Pour finir en beauté, Martin conclut : « Si nous avons plusieurs facettes, je pense qu’il est intéressant de les montrer, sinon c’est comme si on n’abattait pas toutes nos cartes ou que l’on ne respirait pas par nos deux narines. » Vous pouvez dès maintenant respirer un bon coup et vous plonger dans cet album retentissant. Plus d'infos sur le www.thehoosiers.fr ••

Jen Kidonÿ

THE HOOSIERS
The Hoosiers
& The Trick To Life
(2008)

Disponible à la vente chez
Warner Music

www.thehoosiers.fr