Jénzine Blog, une alternative de www.jenzinemagazine.com
http://www.wikio.fr/
Jénzine Magazine
L'essentiel, simplement.
Accueil Jénzine Original Jénzine Blog Jénzine Talents Jénzine Rédaction Jénzine 3D Jénzine Letter Jénzine, c'est quoi ? Espace Pros Forum La Collection Partenaires-Liens Contacts

   

THE DODOZ, les drôles d'oiseaux
Jénzine Magazine N°18, Novembre-Décembre 2009



http://www.wikio.fr

•• The Dodoz n’est pas le retour d’un oiseau disparu. A ne pas confondre également avec The Dodos (avec un S), originaires de San Francisco et exerçant une musique beaucoup plus expérimentale. Non, il s’agit bien là de Rock… à la Française. Encore nous diriez-vous ? Eh bien oui. La France est décidemment très forte dans le domaine et très obstinée. Par ailleurs, avez-vous pris le temps de compter le nombre de groupes indés qui s’immiscent dans le genre et y survivent ? On pensera aux excellents The Craftmen Club (et leur récent album "Thirty Six Minutes") ou encore à Paganella pour la francophonie ; insistons justement sur ce mot ‘francophonie’ car la mode - aussi changeante soit-elle - voudrait donc que l’on interprète les chansons en Anglais en tant que groupe Français. Après tout, pourquoi pas ? Mais au fond ne ferions-nous pas les yeux doux à nos amis Anglais ? En quelque sorte oui. Si les petits Frenchies sont de sacrés experts en musique électronique (ne touchez pas à leur inimitable French Touch !), ils n’en sont pas moins inspirés par les sons qui émanent de l’autre côté de la Manche. Pour en revenir à The Dodoz et leur premier album. On peut dire que, ces derniers mois, ce groupe plutôt original, présent à quasi tous les festivals cet été 2009, a fait l’unanimité et, du même coup, a trouvé son public. Tout cela en très peu de temps. Chance ? Talent ? Ou énergie vivace ? Quelques éléments de réponse...

Trois producteurs pour cet album. De l’autre côté de la rive, une fille, trois garçons. Encore une fois, la combinaison est tendance. Mais oubliez un instant que les filles ne sont là que pour chanter derrière un micro. Géraldine (c’est son nom), en plus d’être la voix lead de The Dodoz, est aussi la bassiste du groupe, pendant que Jules et Vincent ne jurent que par la guitare et qu’Adrien s’est fait spécialiste des tempos efficaces et rapides. Très chevelus, ces quatre là sont originaires de Toulouse. Le secret de leur reconnaissance ? Le web, bien entendu, qui les propulsera en peu de temps sur le devant de la scène, malgré leurs débuts remontant à l’ère 2003. C’est en réalité une démo (et une seule) qui a fera la différence. A l’heure où d’autres en sont à leur troisième EP (autoproduit, qui plus est), d’autres se retrouvent déjà à enregistrer leur premier album. C’est notamment grâce à Peter Murray (reconnu pour avoir travaillé avec Zebda, Dolly ou Les Négresses Vertes), qu’ils se retrouveront en studio aux côtés du londonien Clive Martin (Les Wampas, Dolly, Arkol, Silmarils, Youssou N’Dour et plus récemment les Naive New Beaters) et du Français Pierre Rougean (Statics, Milo). Une réelle chance qui va leur permettre d’accoucher professionnellement de leurs morceaux. Onze. C’est le nombre exact de chansons à découvrir par tous les férus de French Rock. Mais entendons-nous bien : un French Rock à l’allure Anglaise... Enfin, presque…

Avant de plonger au cœur d’une écoute attentive, attardons-nous un instant sur le fond des choses. Car beaucoup se demandent encore comment peut-on atteindre si vite les cimes. On vous rassure, rien d’extrêmement secret, si ce n’est une bonne dose de travail. Sept années, pour être exacts. Les Toulousains ont pris - c’est sûr - le temps de grimper au sommet. Résultat : l’expérience a fini par payer. Géraldine, Jules, Vincent et Adrien ont même fini par faire la première partie des excellents Juliette And The Licks mais aussi de Superbus avant même de se faire remarquer. Que dire de plus ? Depuis lors, ils ont signé leur contrat (avec accord des parents, lors de la dernière session de studio dans les Landes) puis ils sont partis sur la route. Eux, n’ont peut-être pas compté le nombre de festivals où ils ont joués, mais nous si ! Les Francofolies, le Paléo Festival, Les Transmusicales de Rennes, parmi tant d’autres... Le 21 Juillet dernier, on les croisera même au Festival de Nîmes aux côtés de The Virgins et Franz Ferdinand. Enfin, on citera dans le désordre les premières parties qu’ils réaliseront : les excellents The Hoosiers, les légendaires Stereophonics, Siouxsie ou encore les Babyshambles entendront leurs notes affolantes.

Pour cataloguer The Dodoz (habitude très Française, on vous l’accorde), on cite volontiers David Bowie, les Talking Heads ou Interpol. Plutôt gratifiant pour un French-Band. Mais il est vrai qu’il y réside quelques preuves sonores pour justifier tout cela. Vous serez même vite étonnés de la précision exercée sur un morceau énervé comme "Middle Of The Night". Assez complet pour tout vous dire. Et lorsque le tempo s’accélère en guise de break, vous découvrirez avec stupeur des bases Rock que le quatuor s’est bien gardé de vous dévoiler durant les deux premières minutes de l’album. Ce premier titre s’achève tout en douceur, avant que "Boyfriend In Oxford" ne fasse son entrée. L’originalité de The Dodoz tient en un point crucial : mélanger la Pop et le Rock avec intelligence. On pourrait presque appeler ça de la Clever-Fusion. Le terme est lancé, car on assiste bien ici à une parfaite fusion, à la fois discrète mais omniprésente. Nos oreilles dégustent avec beaucoup de plaisir ce délicieux met où deux genres musicaux se rencontrent à merveille. "Do You Like Boys" est amusant, flirtant avec le son de The Ting Tings pour la forme et celui des Pixies pour la ligne de basse et la construction du morceau. Le refrain, impeccablement habillé (ici les guitares ont revêtus le smoking à carreaux) est glissant, propre, imaginatif. Géraldine y chante "I Hate Boys" (« je hais les garçons »). Une petite forme de rébellion (il en faut après tout). Tempête de distorsions au programme avec "Falling Toes". Ca se mélange davantage. Le tout fait corps. Nous sommes projetés au cœur d’un ouragan sonore et on comprend alors que ces quatre là ne plaisantent pas. Ceux qui apprécient les aigües seront servis avec l’introduction de "Werewolf In Love". Quant à ceux qui aiment être surpris par un rythme dit ‘jamais là où on l’attend’, le reste du morceau leur conviendront parfaitement. C’est dansant, Pop et ça part dans tout les sens. Puis, on s’attendrait presque à un morceau plus doux. Mais oubliez de suite ce mirage ! Ce n’est pas le genre de The Dodoz. Eux préfèrent ne pas lâcher leurs guitares et, surtout, garder effectif ce précieux lien entre l’auditeur et la musique. "Stanislas", un peu Blondie sur les bords, est semblable à un pont, construit pour préserver cette énergie dans l’air. A peine six titres, et nous sommes déjà habités par leur univers. On appréciera "Strangers Blank !", hymne Rock criard, et sa base batterie/basse tenace. Le groupe achève ce morceau en l’interprétant d’un trait (ou comment résumer deux minutes vingt en trente secondes ?). Avec "Bet", on sent un amusement général (c’est un peu notre préférée, on vous l’avoue). La mélodie de son couplet, limite Hispanique, ses accords Disco sans oublier son petit côté ‘je n’ai pas vraiment de construction musicale, je suis écrit d’une traite’ nous séduit. On aimera "Twice" ou encore "Weapon" ou la guitare fusionne carrément avec la voix de Géraldine. A la deuxième minute du morceau, c’est une excellente stéréo, faite de petits accords de guitares, qui amusera un instant nos oreilles. Un petit a cappella de la belle avant les trente dernières secondes tonitruantes du morceau et nous voilà déjà arrivés au terme de l’opus avec le très majestueux "Queen In A Tower" qui, en guise de fin, dissimule son orgue vintage derrière quelques arpèges de guitares enragées.

L’album éponyme de The Dodoz est un voyage très court (l’opus ne dure à peine plus de trente minutes), mais la consistance des morceaux le fait durer longtemps… très longtemps… Comme de vrais lapins Duracell, les quatre jeunes musiciens s’éclatent, semblent incontrôlables, fusionnent et fusionnent encore. Le groupe a trouvé la recette pour vous épater et, surtout, vous faire passer un excellent moment à l’écoute. Si vous n’aimez pas les rythmes trop changeants, trop instables, alors cet album pourrait vous décevoir. De notre côté, c’est plutôt cette intelligence ambiante à l’écriture que l’on retiendra. Chaque morceau pourrait vous paraître insignifiant, et pourtant… Plus vous écouterez The Dodoz, plus vous comprendrez à quoi le groupe carbure. Formation subtile, pleine d’entrain, Géraldine, Jules, Vincent et Adrien sont de vraies allumettes capables de mettre rapidement le feu en studio comme sur scène. Un album jeune, au fort caractère, qui ne manque pas de piquant. Une fois entendu, il vous restera en tête. Et, pour sûr, c’est bien tout ce qui compte. La suite en concert…

Jen Kidonÿ

Interview inédit
The Dodoz répond aux questions de Jénzine Magazine

Jénzine Magazine : Pour ceux qui vous découvrent, de quoi parlent vos chansons ?
On parle surtout de sentiments personnels, mais on écrit surtout nos textes de façon très imagée en portant une attention très particulière aux sonorités pour qu’elles collent bien avec la musique.

Jénzine Magazine : Qu’est-ce que vous avez pensé de l’album "We Started Nothing" de The Ting Tings. Est-ce un groupe qui commence aussi avoir une forte influence sur votre travail ?
On n’est pas très fans des Ting Tings, même si on aime bien certaines chansons de l’album. D’une manière générale, on n’aime pas trop les groupes qui jouent avec des bandes préenregistrées sur scène. Pour nous, le live est vraiment un moment où l’artiste doit se livrer et se mettre en danger.

Jénzine Magazine : On ressent un peu de Pixies dans vos morceaux, surtout dans "Do You Like Boys" ou "Stanislas". Certains d’entre vous sont fans de cette époque eighties/nineties où le Rock changeait de visage ?
On a beaucoup écouté les Pixies. C’est un groupe qu’on adore vraiment. Par rapport à l’époque, on serait plus portés sur la période 70/80 avec David Bowie, Television, Talking Heads, Siouxie & The Banshees, The Clash,...

Jénzine Magazine : On sent une fusion extraordinaire de genres musicaux dans votre album. Où prennent racine vos bases musicales ?
C’est vrai qu’on aime bien teinter notre musique de différents styles. On adore le Hip-Hop, le Trip-Hop, la Folk, le Reggae, le Dub, le Punk, un peu de Metal aussi… On ne peut pas se cantonner à un style précis, même si le tout reste plutôt Rock.

Jénzine Magazine : C’était une volonté de concentrer en seulement trente minutes autant de morceaux ravageurs ?
Disons qu’on ne voulait pas d’un album trop long. Sur scène, on aime bien jouer des sets de trois quart d’heures maximum. On aime cette urgence dans l’album, ce côté compact et synthétique.

Jénzine Magazine : Où allez-vous puiser toute cette énergie ?
Excellente question !! (rires). Je dirais que c’est différent pour chacun de nous. Mais je pense que le bonheur qu’on éprouve à jouer de la musique tous les quatre ensemble y est pour beaucoup !

Jénzine Magazine : Du coup, comment on peut définir votre musique ? De la Pop ? Du Rock ? De la fusion ?
Pas fusion ! Ni Pop ! Je ne pense pas du moins. Je pense que c’est du Rock, teinté de pleins d’autres choses, mais l’énergie reste résolument Rock.

Jénzine Magazine : Comment avez-vous écrit "The Bet" ? C’est un morceau qui semble avoir été construit complètement ‘à l’arrache’ ? Comment procédez-vous pour écrire de tels morceaux ?
Pour "Bet", c’est allé effectivement très vite. J’ai trouvé le riff de basse du début, puis Géraldine a trouvé direct un air par-dessus, puis on a inséré un refrain qu’on avait trouvé il y a un moment, et voilà ! On l’a joué quelques fois et la chanson était prête.

Jénzine Magazine : Qui est le plus chevelu des quatre ?
ça dépend. Jules et Adrien d’une manière générale.

Jénzine Magazine : Comment est arrivé ce nom : The Dodoz ? Un lien avec le groupe Américain The Dodos ?
On a trouvé ce nom quand on avait quatorze ans, ça fait référence à l’oiseau disparu. On a appris l’existence des The Dodos il y a quelques mois à peine !

Jénzine Magazine : Géraldine, vous chantez "I Hate Boys", je déteste les garçons. Une forme de girl power ? Pensez-vous d’ailleurs qu’il y a aujourd’hui un renversement de situation dans les relations hommes/femmes ?
En réalité, la chanson n’a pas été écrite par rapport à ça mais plutôt dans un contexte de rupture et de doute par rapport à sa sexualité. Mais c’est vrai que j’ai un côté féministe, pas vraiment girl power, mais l’égalité homme-femme me tient très à cœur.

Jénzine Magazine : Parlez-nous un peu de l’époque pré-Dodoz. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment le groupe s’est formé ?
Jules, Vincent et moi (Adrien), on faisait du skate tout le temps, et on faisait un peu de musique en rentrant chez nous. Puis, Géraldine est venue chanter. Elle a appris la basse sur le tas, et voilà, le groupe était né.

Jénzine Magazine : Apprendre la basse, ça s’est passé comment, Géraldine ? De longues heures à répéter ou tout au feeling ?
En fait, je faisais déjà de la musique depuis longtemps. C’était ma passion. Je jouais du piano, de la guitare et un peu de tous les instruments qui me passaient sous la main. Il n’y avait personne pour faire de la basse dans le groupe et on ne voulait pas prendre quelqu’un en plus. C’est donc très naturellement que j’ai appris la basse, sur le tas comme on dit.

Jénzine Magazine : Combien de démos avaient vous réalisées avant de vous faire remarquer par Peter Murray ?
Deux démos de quatre titres chacune.

Jénzine Magazine : Comment se sont passés les enregistrements ? Rapidement ? Ou au contraire, êtes-vous des musiciens tatillons en ce qui concerne le rendu final ?
On est très exigeants, mais on adore ce qui est fait dans l’urgence, de manière très live. Du coup, on a tout enregistré live, tous les quatre dans une pièce. Donc c’était assez rapide au final.

Jénzine Magazine : Pensez-vous que le Rock en France n’a aujourd’hui rien à envier au Brit-Rock et au Rock Américain ou, au contraire, pensez-vous qu’il y a encore du chemin à faire ?
Il y a encore du chemin à faire. Même si pleins de bon groupes émergent en France, l’Angleterre compte beaucoup plus de groupes de Rock qui sont à un niveau au dessus je trouve, de part la culture musicale dans laquelle ils baignent depuis l’enfance. Les influences sont mieux digérées notamment.

Jénzine Magazine : Entre "London Calling" des Clash, "L.A. Woman" des Doors et "Room On Fire" des Strokes, vous choisissez quoi ?
"L.A. Woman" n’est vraiment pas notre album préféré des Doors. "London Calling" est un de nos albums préférés, avec "Room On Fire" notamment. Du coup, c’est dur de choisir !

Jénzine Magazine : Entre le format vinyle et le format numérique, qu’est-ce que vous préférez, et pourquoi ?
On préfère le format physique, parce que c’est plus personnel, c’est comme un petit bijou, c’est émouvant d’aller acheter un CD que tu aimes. Mais le numérique est super pratique aussi en même temps. Les deux se complètent je pense.

Jénzine Magazine : Nous avons vu passer une photo avec Pete Doherty. Comment s’est déroulée cette rencontre ? Une petite anecdote à ce sujet ?
Il a interrompu son concert pour venir uriner dans notre loge et salir nos toilettes (rires) ! C’était assez marrant ! Sinon, c’est quelqu’un d’adorable. Il est très doux et a été très sympa avec nous.

Jénzine Magazine : De quelle manière les groupes étrangers réagissent à votre musique ?
On a des amis groupes étrangers qui adorent notre petit accent Français ! Ils disent que ça donne du charme (rires) !

Jénzine Magazine : Avez-vous déjà parlé, entre vous, de l’éventualité de réaliser un album concept ?
On en a parlé en rigolant des fois, comme faire un album Hip-Hop. C’est pas impossible qu’on fasse un album concept un jour.

Jénzine Magazine : Et puis les concerts en Angleterre aussi... Combien en tout ?
On a déjà joué dix fois à Londres et une fois à Manchester. On compte bien revenir
y jouer très bientôt.

Jénzine Magazine : Pour terminer, un mot pour vos fans ?
On vous aime ! Sans vous, on ne serait pas là où on est aujourd’hui. Donc merci du fond du cœur ! Venez encore nombreux aux concerts !

Propos recueillis par Jen Kidonÿ


Lire Jénzine

THE DODOZ
"The Dodoz"

Label :
Murrayfield/Discograph

Année : 2009

(c) 2007-2010 Jénzine Magazine