
Jénzine Magazine : Pour ceux qui vous découvrent, de quoi
parlent vos chansons ?
On parle surtout de sentiments personnels, mais on écrit surtout nos textes de façon très imagée en portant une attention très particulière aux sonorités pour qu’elles collent bien avec la musique.
Jénzine Magazine : Qu’est-ce que vous avez pensé de l’album "We Started Nothing" de The Ting Tings. Est-ce un groupe qui commence aussi avoir une forte influence sur votre travail ?
On n’est pas très fans des Ting Tings, même si on aime bien certaines chansons de l’album. D’une manière générale, on n’aime pas trop les groupes qui jouent avec des bandes préenregistrées sur scène. Pour nous, le live est vraiment un moment où l’artiste doit se livrer et se mettre en danger.
Jénzine Magazine : On ressent un peu de Pixies dans vos morceaux, surtout dans "Do You Like Boys" ou "Stanislas". Certains d’entre vous sont fans de cette époque eighties/nineties où le Rock changeait de visage ?
On a beaucoup écouté les Pixies. C’est un groupe qu’on adore vraiment. Par rapport à l’époque, on serait plus portés sur la période 70/80 avec
David Bowie, Television, Talking Heads, Siouxie & The Banshees, The Clash,...
Jénzine Magazine : On sent une fusion extraordinaire de genres musicaux dans votre album. Où prennent racine vos bases musicales ?
C’est vrai qu’on aime bien teinter notre musique de différents styles. On adore le Hip-Hop, le Trip-Hop, la Folk, le Reggae, le Dub, le Punk, un peu de Metal aussi… On ne peut pas se cantonner à un style précis, même si le tout reste plutôt Rock.
Jénzine Magazine : C’était une volonté de concentrer en seulement trente minutes autant de morceaux ravageurs ?
Disons qu’on ne voulait pas d’un album trop long. Sur scène, on aime bien jouer des sets de trois quart d’heures maximum. On aime cette urgence dans l’album, ce côté compact et synthétique.
Jénzine Magazine : Où allez-vous puiser toute cette énergie ?
Excellente question !! (rires). Je dirais que c’est différent pour chacun de nous. Mais je pense que le bonheur qu’on éprouve à jouer de la musique tous les quatre ensemble y est pour beaucoup !
Jénzine Magazine : Du coup, comment on peut définir votre musique ? De la Pop ? Du Rock ? De la fusion ?
Pas fusion ! Ni Pop ! Je ne pense pas du moins. Je pense que c’est du Rock, teinté de pleins d’autres choses, mais l’énergie reste résolument Rock.
Jénzine Magazine : Comment avez-vous écrit "The Bet" ? C’est un morceau qui semble avoir été construit complètement ‘à l’arrache’ ? Comment procédez-vous pour écrire de tels morceaux ?
Pour "Bet", c’est allé effectivement très vite. J’ai trouvé le riff de basse du début, puis Géraldine a trouvé direct un air par-dessus, puis on a inséré un refrain qu’on avait trouvé il y a un moment, et voilà ! On l’a joué quelques fois et la chanson était prête.
Jénzine Magazine : Qui est le plus chevelu des quatre ?
ça dépend. Jules et Adrien d’une manière générale.
Jénzine Magazine : Comment est arrivé ce nom : The Dodoz ? Un lien avec le groupe Américain The Dodos ?
On a trouvé ce nom quand on avait quatorze ans, ça fait référence à l’oiseau disparu. On a appris l’existence des The Dodos il y a quelques mois à peine !
Jénzine Magazine : Géraldine, vous chantez "I Hate Boys", je déteste les garçons. Une forme de girl power ? Pensez-vous d’ailleurs qu’il y a aujourd’hui un renversement de situation dans les relations hommes/femmes ?
En réalité, la chanson n’a pas été écrite par rapport à ça mais plutôt dans un contexte de rupture et de doute par rapport à sa sexualité. Mais c’est vrai que j’ai un côté féministe, pas vraiment girl power, mais l’égalité homme-femme me tient très à cœur.
Jénzine Magazine : Parlez-nous un peu de l’époque pré-Dodoz. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment le groupe s’est formé ?
Jules, Vincent et moi (Adrien), on faisait du skate tout le temps, et on faisait un peu de musique en rentrant chez nous. Puis, Géraldine est venue chanter. Elle a appris la basse sur le tas, et voilà, le groupe était né.
Jénzine Magazine : Apprendre la basse, ça s’est passé comment, Géraldine ? De longues heures à répéter ou tout au feeling ?
En fait, je faisais déjà de la musique depuis longtemps. C’était ma passion. Je jouais du piano, de la guitare et un peu de tous les instruments qui me passaient sous la main. Il n’y avait personne pour faire de la basse dans le groupe et on ne voulait pas prendre quelqu’un en plus. C’est donc très naturellement que j’ai appris la basse, sur le tas comme on dit.
Jénzine Magazine : Combien de démos avaient vous réalisées avant de vous faire remarquer par Peter Murray ?
Deux démos de quatre titres chacune.
Jénzine Magazine : Comment se sont passés les enregistrements ? Rapidement ? Ou au contraire, êtes-vous des musiciens tatillons en ce qui concerne le rendu final ?
On est très exigeants, mais on adore ce qui est fait dans l’urgence, de manière très live. Du coup, on a tout enregistré live, tous les quatre dans une pièce. Donc c’était assez rapide au final.
Jénzine Magazine : Pensez-vous que le Rock en France n’a aujourd’hui rien à envier au Brit-Rock et au Rock Américain ou, au contraire, pensez-vous qu’il y a encore du chemin à faire ?
Il y a encore du chemin à faire. Même si pleins de bon groupes émergent en France, l’Angleterre compte beaucoup plus de groupes de Rock qui sont à un niveau au dessus je trouve, de part la culture musicale dans laquelle ils baignent depuis l’enfance. Les influences sont mieux digérées notamment.
Jénzine Magazine : Entre "London Calling" des Clash, "L.A. Woman" des Doors et "Room On Fire" des Strokes, vous choisissez quoi ?
"L.A. Woman" n’est vraiment pas notre album préféré des Doors. "London Calling" est un de nos albums préférés, avec "Room On Fire" notamment. Du coup, c’est dur de choisir !
Jénzine Magazine : Entre le format vinyle et le format numérique, qu’est-ce que vous préférez, et pourquoi ?
On préfère le format physique, parce que c’est plus personnel, c’est comme un petit bijou, c’est émouvant d’aller acheter un CD que tu aimes. Mais le numérique est super pratique aussi en même temps. Les deux se complètent je pense.
Jénzine Magazine : Nous avons vu passer une photo avec Pete Doherty. Comment s’est déroulée cette rencontre ? Une petite anecdote à ce sujet ?
Il a interrompu son concert pour venir uriner dans notre loge et salir nos toilettes (rires) ! C’était assez marrant ! Sinon, c’est quelqu’un d’adorable. Il est très doux et
a été très sympa avec nous.
Jénzine Magazine : De quelle manière les groupes étrangers réagissent à votre musique ?
On a des amis groupes étrangers qui adorent notre petit accent Français ! Ils disent que ça donne du charme (rires) !
Jénzine Magazine : Avez-vous déjà parlé, entre vous, de l’éventualité de réaliser un album concept ?
On en a parlé en rigolant des fois, comme faire un album Hip-Hop. C’est pas impossible qu’on fasse un album concept un jour.
Jénzine Magazine : Et puis les concerts en Angleterre aussi... Combien en tout ?
On a déjà joué dix fois à Londres et une fois à Manchester. On compte bien revenir
y jouer très bientôt.
Jénzine Magazine : Pour terminer, un mot pour vos fans ?
On vous aime ! Sans vous, on ne serait pas là où on est aujourd’hui. Donc merci du fond du cœur ! Venez encore nombreux aux concerts !
Propos recueillis par Jen Kidonÿ |