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SIA guérie de ses maux
Jénzine Magazine N°15, Mai-Juin 2009



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•• Trois lettres pour une artiste si surprenante. Si Sia fait tant parler d’elle, c’est bien pour cette petite touche de fantaisie dont elle sait habilement jouer. De son vrai nom Sia Kate Isobelle Furler, cette jeune artiste Pop naît dans la cinquième ville d’Australie : Adélaïde. Et si, à nouveau, vous avez entendu son nom résonner quelque part, c’est bien aussi grâce à cette vidéo non-moins originale du morceau "Buttons" qui fût longtemps visionnée sur la toile créant un véritable buzz et suscitant quelques pâles copies de fervents internautes. Résidant aujourd’hui dans la ‘ville des anges’, à Los Angeles, Sia nous a déposé un troisième album unique, estampillé de sa griffe dont elle seule a le secret, baptisé "Some People Have Real Problems" (traduisez ‘certaines personnes ont de vrais problèmes’). Quatorze titres qui nous ont, fatalement, séduits pour leurs univers respectifs. Ou comment passer de l’Australie à l’Amérique en à peine quelques années...

Sia, envoûtante interprète, dotée d’une voix suave, légèrement voilée et quelque fois jazzy, se veut entière et écorchée, fantasque et énigmatique à la fois. Et si on vous disait que Sia, au temps de la mythologie Egyptienne, était considérée comme la personnification de l’intuition ? De l’intuition, nous en avons eu juste assez pour comprendre aisément qu’un talent se dénichait sous les trois lettres de son pseudonyme. Pour cela, il vous suffit de vous laisser embarquer en toute simplicité dans son monde de volupté et d’émotions. Cette Australienne, âgée aujourd’hui de trente quatre ans, a toujours baigné dans le monde de la musique. Elle démarre sa prodigieuse carrière à l’âge de ses neuf ans. Très tôt, elle s’initie déjà à la musique auprès de son père (lui-même ex-guitariste du célèbre groupe Men At Work) et le rejoint au sein d’un groupe de Rockabilly baptisé The Soda Jerx. Mais les choses sérieuses vont débuter quand Sia atteindra ses dix-sept ans et qu’elle rejoindra la formation Crisp, interprétant ci-et-là quelques morceaux Acid Jazz et Funk dans sa ville natale. C’est déjà un succès. Elle décide alors de s’expatrier à Londres afin de provoquer sa chance et de donner à sa carrière la prétention d’une dimension internationale. Sur le sol Anglais, elle marque l’année 2000 avec "Taken For Granted", son premier single solo. Sa voix singulière, posée sur les violons du "Roméo et Juliette" de Prokofiev, lui font gagner un certain soutien de la part des figures du R&B et séduit les médias, dont Trevor Nelson et Jo Whiley (BBC Radio 1). Très vite, elle trouve sa place chez Zero 7, un duo électro de choc, ceux là mêmes à qui l’on doit le son si génial de l’album "OK Computer" de Radiohead et que l’on compare, bien souvent, à notre cher duo électro hexagonal Air. Doucement mais sûrement, Sia semble déjà avoir tout gagné. En peu de temps, elle devient l’égérie de Zero 7. A leurs côtés, elle interprète "Destiny", "Destractions", "Somersault" ou encore "Speed Dial No" et finit par briller sur la scène Britannique en s’imposant comme une possible révélation. L’Angleterre ne s’y trompe pas. En compagnie du duo, elle enchaîne les tournées. Avec élégance et génie, de "Simple Things" à "When It Falls", elle réussit sans mal à mettre en valeur le travail du groupe. Jouissant d’une notoriété méritée, Sia vie à la ville une vie privée épanouissante qui se verra pourtant bouleversée par un accident de la route, marquant profondément sa vie et laissant de profondes séquelles. Comme anesthésiée émotionnellement, happée à vif, elle puisera en elle des qualités insoupçonnées qui lui serviront paradoxalement à maitriser sa technique vocale et à diversifier son panel musical. Arrive alors, en 2002, son tout premier et poignant album solo : "Healing Is Difficult" (traduisez ‘guérir est difficile’). Emotion et technique s’y mêlent. Puis, c’est au tour de l’album "Colour The Small One" de faire son apparition. Apparition aussi du magicien Beck qui collabore aux côtés de l’Australienne. Le morceau "The Bully", un des délicieux fruits que l’on peut y savourer, s’apparente à un nouveau départ pour Sia.

Aujourd’hui, le très attendu "Some People Have Real Problems", paru en Décembre 2007, a déjà fait ses preuves. Ce petit dernier nous fait découvrir une Sia remise de ses maux. Pendant que beaucoup ont fini par la considérer comme l’une des compositrices interprète les plus imaginative et surprenante de cette dernière décennie dans le monde de la Pop, nous ne pouvons qu’admirer le travail réalisé. Sans surprises, c’est à nouveau une rencontre avec Beck qui a lieue. On notera également la présence des membres du groupe Pop Folk Turin Brakes qui, ici, y coécriront plusieurs titres. "Some People Have Real Problems" se verra enfin produit par le non-moins célèbre Jimmy Hogarth, reconnu pour ses collaborations auprès de Corinne Bailey Rae, James Morrison ou Amy Winehouse. Si bien entourée, Sia explose musicalement. Inévitable. C’est donc avec délice que l’on on déniche dans cet opus, à la pochette colorée - signée RJ Shaughnessy -, des morceaux particulièrement savoureux. A commencer par “The Girl You Lost To Cocaine”. Oui, c’est bien le rythme et les quelques accords du morceau "Wishing Well" interprété en 1987 par Terence Trent d’Arby que vous entendez. Hasard ou coïncidence ? Qu’importe. Ce second single de l’album, qui emboîte le pas sur l’excellent "Buttons", impose à nouveau Sia Furler sur la scène de la musique Pop féminine. On y trouve aussi "Little Black Sandals" dont on tombe rapidement amoureux pour sa douceur et son petit côté Soul dans son couplet et la force Pop qui émane de son refrain. Sia sait aussi occuper l’espace d’un slow sur "Death By Chocolate" et côtoye les respirations latentes d’une magnifique balade sur "Soon We’ll Be Found". Citons également "You Have Been Loved" qui mérite d’être écoutée pour la beauté de sa mélodie et le choix de ses accords.

Tout en saluant ce petit grain de folie qui la rend tout simplement 'funny' et attachante à nos yeux, nous savons aussi que Sia finit, tôt ou tard, par vous surprendre musicalement. Ce nouvel album qui, au départ, vous semblait si commun, finira par devenir votre fidèle compagnon de route. Suite logique à cet opus étonnant, cette année 2009 marquera le retour de l’Australienne sur scène. Une tournée Européenne a d’ailleurs été entamée depuis fin Avril. Rien de tel pour continuer l’aventure. C’est une Sia libre, passionnée et totalement immergée dans son travail que nous avons retrouvé dans "Some People Have Real Problems". Avec impatience, nous attendons déjà la suite des événements. Peut-être va t’elle conquérir cette fois le sol Américain ? Il y a de fortes chances. Quoi qu’il en soit, la vidéo de "Buttons" continue de faire son chemin sur la toile. Vous n’oublierez pas Sia de sitôt, soyez-en sûrs. ••

Jen Kidonÿ


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SIA
"Some People
Have Real Problems"

Label :
Monkey Puzzle/Universal

Année : 2008

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