Jénzine Blog, une alternative de www.jenzinemagazine.com
http://www.wikio.fr/
Jénzine Magazine
L'essentiel, simplement.
Accueil Jénzine Original Jénzine Blog Jénzine Talents Jénzine Rédaction Jénzine 3D Jénzine Letter Jénzine, c'est quoi ? Espace Pros Forum La Collection Partenaires-Liens Contacts

   

PONY PONY RUN RUN vers le succès
Jénzine Magazine N°17, Septembre-Octobre 2009



http://www.wikio.fr

•• L'été est bientôt terminé. Fini le farniente, la plage, les cocotiers. Il faudra dire également 'au revoir' à la majeure partie des tubes de l’été qui ne passeront pas la saison. Heureusement, l’été 2009 a été l’occasion de découvrir de petites pépites musicales. "Hey You" est l’une de ces pépites. Nous l’avons tous fredonnée cet été. Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce titre, "Hey You" est le premier single du groupe Pony Pony Run Run. Pony, quoi ? Pony Pony Run Run. Derrière ce nom, se cache trois jeunes Français originaires de la ville de Nantes. Mais leur aventure n’a pas débuté en 2009. Avant la sortie de leur album le 15 juin dernier, ils s’étaient déjà fait remarquer avec une démo en 2006. Après une longue série de concerts, ils nous reviennent avec un son plus Pop que jamais. C’est grâce à la scène que nos Nantais ont concocté l’un des albums les plus dansants de cette année. Quelque chose nous dit que Pony Pony Run Run n’a pas fini de nous faire danser.

Bien que le nom du groupe et les paroles soient en Anglais, Pony Pony Run Run est un groupe hexagonal. Ils expliquent l’emploi de la langue de Shakespeare par le simple fait que la majorité des artistes qu’ils écoutent sont Anglophones. Le groupe est originaire de la ville de Nantes, qui nous avait déjà fait découvrir Hocus Pocus, Philippe Katerine ou encore Jeanne Cherhal. C’est à l’école Régionale des Beaux Arts de Nantes que les deux frères, Gaëtan (vingt sept ans) et Amaël (trente ans), rencontrent Antonin (vingt six ans). Ils se rejoignent autour de la même conception de la création comme étant une pratique totale et autour de leur passion commune pour la musique. Le groupe se forme en 2004 avec Gaëtan au chant et à la guitare, Amaël à la basse et Antonin au synthé. Leur démo de trois titres ("Getting Drunk On You", "My [TSNM] Love" et "Easy Cash"), qu’ils produisent eux-mêmes, révèle les influences du groupe : Weezer, Motion City Soundtrack,... Mais leurs goûts musicaux et influences vont encore plus loin. Ils citent pêle-mêle : The Beach Boys, The Cure, Weezer, Daft Punk, Devo, House Of Pain, Steve Reich, Kraftwerk, Pavement,… et le Zouk. Pour eux, au-delà du genre musical, ce qui les intéresse dans une chanson c’est qu’elle soit bonne : « On n’a pas de pudeur à dire qu’on a aimé un synthé de "No Limit" de 2 Unlimited, on ne met pas d’échelle de valeur sur les choses. (...) Pas de notion de plaisir coupable chez nous ». Ces enfants des années quatre vingt dix, bercés à la culture Pop, ont les mêmes références que leur public : « Notre culture, c’est ce qui passait à la radio. Des trucs bons, des trucs un peu choquants. Un mélange de culture Dance et de Rock, des trucs très mainstream puis des trucs beaucoup plus pointus. On aime tout ». Décomplexés comme leurs goûts musicaux, les trois hommes de Pony Pony Run Run séduisent avec leur première démo, grâce à leur énergie communicative. On les comparait à l’époque aux Get Up Kids, mais difficile de se faire un nom alors en pleine vague émo, ainsi que parmi la multitude de poneys chantant (Poney Poney, Poney Express,…). Ils ne leur restaient plus qu’à laisser murir leur son. Pendant quatre ans, ils travaillent leur musique, composent de nouvelles chansons et enchaînent les scènes, aux côtés de Who Made Who, d’Art Brut, The Paper Chase,… Pour composer leur premier album, en plus de tester sur scène les nouvelles chansons, ils les soumettent au public via MySpace. Le buzz va se créer progressivement avec Internet, à travers plusieurs sites comme Dailymotion ou Twitter. Après plus de 120 dates de concerts à travers l’Europe, de la France à la Pologne, en passant par l’Allemagne ou la République Tchèque, Pony Pony Run Run sort le single "Hey You" en Mars 2009. Le single devient le coming-next de l’émission Le Grand Journal sur Canal + durant une semaine, le même mois. Ils est aussi présent sur la compilation de l’émission. Le single fait son petit bout de chemin et le nom du groupe est régulièrement cité par les médias. Le succès est inévitable. L’album produit intitulé "You Need Pony Pony Run Run" sort dans les bacs le 15 juin, chez le label indépendant  Wagram Music, sur une des filiales du groupe, 3ème Bureau, dédiée au développement d’artistes. L’album produit par Frederic Lo, qui avait auparavant travaillé avec Stephan Eicher, Alex Beaupain, Maxime Le Forestier et Christophe Honoré. Très vite "Hey You" s’impose comme l’un des tubes de l’été pour ses rythmes groovy et électro. Le groupe a fait plusieurs concerts cet été, tandis que leur premier single et leur album figurent en bonne place dans les charts.

Le groupe Nantais nous livre un album Pop décomplexé, teinté de rock, d’électro et de sons eighties. "You Need Pony Pony Run Run" ('Vous avez besoin de Pony Pony Run Run'), s’ils nous le disent, cache derrière la pochette sobre de l’album, l’excellent "Out Of Control". Dès l’intro, on ne peut résister à taper du pied, tant les sonorités électro et la voix bien posée de Gaëtan séduisent dès la première écoute. "Walking On A Line" est sans rappeler le groupe Phoenix. Le titre est d’une efficacité redoutable, entêtant à souhait. Pony Pony Run Run semble avoir trouvé la recette pour faire de chaque chanson un hit. Et de hit, il est question pour le troisième extrait. Il s’agit bien entendu de "Hey You". Bien que reprenant les sonorités électro de l’album, la chanson est plus Funky. Le tube de l’été file tout de suite la pêche et sent bon l’été, comme son clip. Le clip carte postale du très dansant ‘’Hey You’’ a été tourné en Thaïlande. Il a été réalisé par Dan Assayag et Mathieu Caulet, qui avaient déjà travaillé sur les spots de publicité de l’album "Perdu d’Avance" du rappeur Orelsan. "Future Of A Nation" est plus Rock, alors que Pony Pony Run Run s’essaie à la musique électronique sur "Cherry Love Brazil". "First Date Mullet" semble être taillé pour le dancefloor, l’influence années quatre vingt y est exquise. La production de Frederic Lo saupoudre la Pop sautillante du groupe par des ambiances plus sobres, plus romantiques. "What I Feel", la ballade Pop délivre une ambiance douce amère. Pony Pony Run Run fait preuve d’une efficacité redoutable avec des mélodies simples, entêtantes et fraîches. Le très bon "1997 (She Said It’s Alright)" démontre comme ‘’Future Of A Nation’’ et "Girl I Know" que le groupe ne renie en aucun cas leur début plus Rock. "Love Veritable" se rapproche de la New Wave tout en gardant un refrain entraînant à la Daft Punk. Pony Pony Run Run continue de distiller sa power pop sur "Show Me Show Me". "You Need Pony Pony Run Run" se termine sur une version remixée du tube "Hey You", de quoi clore ce premier essai sur un ton plus dancefloor.

Le premier album des trois Nantais est globalement réussi. On peut déjà voir que Pony Pony Run Run a déjà tous les ingrédients pour assurer la relève de l’électro Pop Français. "You Need Pony Pony Run Run" est à l’image du groupe, en constant mouvement. L’album est le fruit de l’évolution des compositions sur scène. Pony Pony Run Run semble ne pas avoir terminé sa course, ils seront en tournée à partir de cet Automne à travers la France, avec plus de vingt dates (dates disponibles sur leur MySpace). Il semble que, malgré le succès, Gaëtan, Antonin et Amaël aient gardé la tête sur les épaules, bien décidés à ne pas rester qu’un phénomène de mode. Ils en refuseraient presque l’étiquette French Touch qui ne serait qu’un élément marketing : « J’ai l’impression qu’il est grand temps que la musique Française s’affirme à travers le monde et que l’on arrête de se laisser déborder par le côté marketing qui dirait 'French Touch : achète c’est français' pour franchir les frontières » martèle Gaëtan. Franchir les frontières ? Voilà le pari réussi par Pony Pony Run  Run et cela grâce à leur énergie communicative. Le groupe nous le dit : il n’est pas là pour ne faire qu’un tour de manège. Ils ont été la première partie, fin Août, de la fille qui a embrassé une fille et qui a aimé ça et qui ne veut pas que son copain le sache et qui s’est même réveillée à Vegas. Quand on disait qu’on n’en avait pas terminé avec ce groupe. Il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans les douze titres qui composent leur premier album et de les rejoindre sur scène. ••

Margaret Oheneba

Interview inédit
Pony Pony Run Run répond aux questions de Jénzine Magazine

Jénzine Magazine : Bonjour à tous !
Pony Pony Run Run : Bonjour !

Jénzine Magazine : Depuis la parution de votre album le 15 Juin dernier, quels sont les retours ? Positifs ?
Pony Pony Run Run : On travaille beaucoup, sans trop faire attention à ce qui se passe autour de nous. On se concentre sur la musique. La différence vient du public lors des concerts. Les gens connaissent l'album. "Hey You" est reprise en chœur par la foule, on se sent vraiment soutenus.Jénzine Magazine :

Vous êtes-vous déjà fait approchés par des DJs pour remixer vos titres en vue de les proposer en club ?

Pony Pony Run Run : Oui et cela depuis longtemps, même avant la parution de l'album... (en vrac: Crystal Fighters, NROTB, Saycet, Dro & Lodzy, Stereoheroes, etc...)

Jénzine Magazine : Nous avons remarqué que vos influences pouvaient aller de Telex aux Daft Punk, mais aussi vers 2 Unlimited ou Reel 2 Real. Ce n’est pas banal. Même plutôt électro, voire Dance. En quoi ces groupes vous ont inspirés ?

Pony Pony Run Run : Nés dans les années quatre-vingt et grandit dans les années quatre-vingt dix, nous sommes le fruit d'une génération qui a aussi bien écouté MC Solaar, Nirvana, Corona, Culture Beat,... Nous sommes arrivés à un stade ou nous n'avons plus de pudeur à écouter ce qui peut, pour d'autre, paraitre kitsch ou médiocre.

Jénzine Magazine : L’album "Computer Love" de Kraftwerk, une source d’inspiration aussi ?
Pony Pony Run Run : Oui, vraiment ! C'est l'album le plus Pop de Kraftwerk, vraiment ambitieux et émouvant...

Jénzine Magazine : Vos derniers coups de cœur en musique ? Le dernier album acheté ?
Pony Pony Run Run : Le dernier coup de cœur va pour Crystal Fighters et leur single "X Static Truth". Pour le dernier album acheté : l’excellent "Manners" de Passion Pit.

Jénzine Magazine : Pour vous, il y a-t-il un fort rapport entre Les Beaux Arts et la musique en tant que telle ? La musique peut s’apparenter à une œuvre d’art ?

Pony Pony Run Run : Nous venons tous les trois des Beaux Arts de Nantes. Ce projet est le développement de nos pratique artistiques, nous ne faisons  pas de distinctions.

Jénzine Magazine : Vous aimez jouer avec les sons, les univers, transporter l’auditeur dans divers paysages ("Walking On The Line"). Est-ce quelque chose qui transparaît déjà au moment de l’écriture des titres ? Comment procédez-vous pour faire naître ces chansons ?
Pony Pony Run Run : Les chansons de l'album sont le fruit d'une lente maturation. On commence ensemble, à trois, à bricoler autour d'une base. Ensuite Gaëtan vient poser sa voix et ses textes sur ce brouillon. Enfin, nous retravaillons l'ensemble pour servir la chanson, soutenir la voix.

Jénzine Magazine : Quels sont les instruments ‘vintage’ que vous avez utilisés pour cet album (on pense notamment à "First Date Mullet" ou "Love Veritable" ?
Pony Pony Run Run : Honnêtement, il y avait énormément de matériel et d'excellents instruments. Mais au bout de quelques jours, l'intérêt s'est porté sur les chansons, le son global, et non tel synthé ou guitare vintage.

Jénzine Magazine : Quel est le morceau que vous préférez sur cet album, celui que vous avez gardé en mémoire une fois l’enregistrement achevé ?

"Cherry Love Brazil", une des dernières chansons à avoir été mixée.

Jénzine Magazine : Parlez-nous un peu des personnes avec qui vous avez collaboré pour aboutir à "You Need Pony Pony Run Run".

Pony Pony Run Run : Nous avons enregistré avec Fred Lo (Daniel Darc, Stephan Eicher,..), assisté de Jeff Ginouves pendant l'Hiver 2008/2009. On a vraiment travaillé ensemble, trituré les chansons dans tous les sens. Mais on a aussi subit le rude Hiver 2008, perdus des dents, on s'est fait cambriolé la chambre d'hôtel, on a faillit perdre toutes les chansons à cause de Pro Tools,… Un premier album tout ce qu'il y a de plus normal.

Jénzine Magazine : Est-ce que pour vous la musique finira par être tout numérique ou le support physique a-t-il encore de beaux jours devant lui ?

Pony Pony Run Run : Nous achetons énormément de vinyles et de CDs... Nous sommes encore restés aux albums, à l'écoute attentive, dans le temps, d'un CD dans sa globalité.

Jénzine Magazine : Pour vous, quel sera le futur de la musique Pop en France ?

Pony Pony Run Run : Le Zouk Pop.

Jénzine Magazine : Quel est votre point de vue sur le paysage musical Français actuel ?
Pony Pony Run Run : Les choses bougent, surtout en ce qui concerne l'acceptation d'un groupe Français qui chante en Anglais.

Jénzine Magazine : Avez-vous des anecdotes à nous raconter après autant de temps passé sur la route, et ce partout dans le monde ?

Pony Pony Run Run : Oh là, oui ! Beaucoup trop! Dernièrement, au Festival de Montreux en Suisse, le public est monté sur scène pendant l'intro technoïde de "First Date Mullet". On ne voyait plus personne du groupe, le plancher de la scène commençait à craquer ! C'était fou et très stimulant... Il y en a tellement d'autres...

Jénzine Magazine : Quel est l’histoire de "What I Feel" ? De quoi parle cette chanson et comment est-elle née ?

Pony Pony Run Run : C'est une vieille chanson que nous avons ressortis des tiroirs et qui a trouvé sa place dans l'album. Notre "Stand By Me"...

Jénzine Magazine : Quels sont les différents thèmes que vous explorez dans "You Need Pony Pony Run Run" ?

Pony Pony Run Run : "You Need Pony Pony Run Run" est la parfaite bande son d'une romance post-adolescente.

Jénzine Magazine : On a dû déjà vous poser la question milles et unes fois, mais d’où vient ce nom de Pony Pony Run Run ?

Pony Pony Run Run : Demandez à Wet Wet Wet, Duran Duran et Talk Talk. C'est eux qui ont commencé !

Propos recueillis par Jen Kidonÿ


Lire Jénzine

PONY PONY RUN RUN
"You Need
Pony Pony Run Run"

Label :
3ème Bureau/Wagram

Année : 2009

 
(c) 2007-2010 Jénzine Magazine