PHOENIX, au top de la Pop Jénzine Magazine N°16, Juillet-Août 2009
•• Un nouvel album de Phoenix est toujours un événement en soi, “Wolfgang Amadeus Phoenix” ne déroge pas à la règle à en croire le buzz autour de ce quatrième album des Frenchies. “Wolfgang Amadeus Phoenix”, le succès aurait-il fait perdre la tête à Phoenix au point de se comparer à tel illustre personnage ? On a mené l’enquête pour vous.
Il faut d’abord revenir en arrière pour comprendre le succès des Versaillais. C’est en 1995 que le groupe est fondé pour prendre le nom de Phoenix en 1997. A l’époque, le groupe est un trio. A l'origine, il est composé de Christian Mazzalai (guitare), Deck d’Arcy (basse) et Thomas Mars (chant). Tous trois en provenance du Chesnay, à côté de Versailles. Rapidement, le trio devient quatuor avec l’arrivée d’un second guitariste en la personne de Laurent Brancowitz, qui n’est autre que le frère de Christian. L’histoire du groupe est liée de près à l’éclosion de la French Touch qui verra éclore le phénomène Daft Punk par exemple. Phoenix va intégrer beaucoup d’éléments issus de la French Touch dans sa musique mais aussi en adopter l’attitude qui veut notamment de se projeter rapidement hors des frontières Françaises pour conquérir le monde.
Le groupe n’en est pas arrivé là en un seul coup. Il faudra attendre mai 2000 pour que sorte leur premier album intitulé "United". Le groupe fait mouche d’entrée avec le single "If I Ever Feel Better", une leçon de Pop funkisante qui présage le meilleur. La France découvre alors Phoenix et leur style hybride à la croisée de nombreux styles musicaux. Sur ce premier album, Phoenix touche donc à tous les styles musicaux et confirme également qu’il appartient avant tout à la scène Pop-Rock. Quatre ans s’écoulent avant la sortie du second album "Alphabetical" (mars 2004). Les Phoenix ont franchi un nouveau palier avec un son et une production de haute volée. Il fallait bien ça pour enrichir encore un album déjà truffé de Pop-Songs appétissantes. "Alphabetical" est une leçon de musique pour les prétendants au titre de meilleur groupe Français Pop-Rock. Le groupe, alors assoiffé de succès, se met à enchaîner les tournées hors et sur le territoire Européen. Retour au Rock en 2006 avec le troisième album "It’s Never Been Like That", plus direct et qui gagne encore en efficacité. "It’s Never Been Like That" a été enregistré à Berlin, le choix de la capitale Allemande symbolisant bien l’exode rapide des Phoenix. C’est d’ailleurs avec cet album que le groupe jouera le plus longtemps à l’étranger avec des tournées marathons aux États-Unis et même au Japon. Si le groupe s’est rapidement envolé pour des cieux plus accueillants, c’est parce que la France s’est montrée, depuis leurs débuts, assez avare de compliments et de reconnaissances. Alors, quand les Etats-Unis leurs font les yeux doux - comme dernièrement lorsqu’ils furent invités à jouer Live dans l’émission culte américaine Saturday Night Live pour la promotion de leur nouvel album - Phoenix jubile !
Avec ce nouvel album 2009, la France aura bien du mal à ne pas féliciter et acclamer le talent du groupe. Il faut d’abord éliminer une fausse rumeur ; non, le succès (inter)planétaire n’a pas tourné à la tête des 'Fab’ Four'. "Wolfgang Amadeus Phoenix" ne veut pas dire que le groupe se voit désormais détrôner Mozart. Au contraire. Ils préfèrent s’amuser à détourner ce nom propre comme lorsque l'on dessine une moustache à La Joconde. Ce détournement est aussi un moyen de faire un joli pied de nez humoristique à tous leurs détracteurs qui pourraient les qualifier (injustement) de bourgeois Versaillais. Plus encore, il faut bien admettre que Versailles a contribué, au cours de la dernière décennie, à l’apparition de jeunes talents novateurs pour la scène Francophone. Ces nouveaux talents s’appellent Air, Etienne De Crécy, Deportivo ou encore Le Klub Des Loosers. Phoenix sont d’ailleurs proches et fiers de cette scène Versaillaise, nouant même des liens fraternels avec Air. Ajouter à cela que Thomas Mars, le chanteur, est le père de la fille de Sofia Coppola, cette dernière faisant souvent appel à Phoenix pour ses musiques de films. Comprenez que Phoenix fasse des envieux !
"Wolfgang Amadeus Phoenix" a été composé entre une péniche des bords de Seine, l’ancien atelier de Géricault et le Bowery Hotel de New-York. Pour ce nouvel album, le groupe s’est offert les services de Philipe Zdar (Cassius, MC Solaar,...). Fait marquant, le groupe a décidé de revenir aux fondamentaux. Le son Electro-Pop de cet album rappelle leur premier opus "United". Démarrage en trombe avec "Lisztomania", le morceau parfait pour mettre en appétit n’importe quel mélomane. Tout y est ! L’énergie, les mélodies, les guitares excitées et du pur refrain Pop. Depuis leurs débuts, Phoenix aime placer des breaks ravageurs dans leurs titres. Celui de "Lisztomania" devrait faire sauter les foules au Nord, au Sud, à l’Est comme à l’Ouest. Pour la promotion de "Wolfgang Amadeus Phoenix", le groupe avait décidé d’offrir en téléchargement gratuit le titre "1901". Le groupe a souhaité sûrement annoncer leur retour à l’électro et aux synthés analogiques pour le morceau le plus débridé de l’album. Que dire de "Fences" ? Sinon qu’il va devenir le nouveau hit de Phoenix. Le titre atteint des sommets sur son refrain Pop Funk qui fait référence au meilleur des Eighties. Avec son refrain susurré, ce "Fences" est un morceau ultra sexy qui, musicalement, devrait faire autant d’effet que le titre "Girlfriend". Car Phoenix possède aussi cette dimension érotique qui va certainement en énerver quelques uns. En effet, ils peuvent par un petit refrain, un mot prononcé - avec leur accent So Frenchy -, ou encore un solo de clavecin, provoquer des malaises au sein de la gente féminine ! Phoenix, nouveaux rois de la Pop ? Le groupe n’a pas oublié pour autant qu’il aimait repousser sans cesse les limites. Il se permet d’ailleurs de nous livrer un fabuleux instrumental "Love Like A Sunset (Part.1)" qui s'étend sur presque six minutes. Ce titre absolument fascinant devrait, à coup sûr, servir à la bande originale d’un film (le prochain Sofia Coppola ?) Les Français ne démordent pas et multiplient les coups de maître. "Rome" est un morceau qui donne presque envie d'aller visiter la capitale Italienne. Quant à "Lasso", la chanson confirme la puissance Pop incorporée dans cet album.
On était habitués à ce que Phoenix prenne une nouvelle dimension à chaque nouvel opus. Ce "Wolfgang Amadeus Phoenix" va plus loin encore en marquant à sa manière la scène Pop Rock Française. L’album ne contient pas seulement un ou deux tubes. Ce sont au moins sept ou huit titres qui peuvent être de sérieux singles potentiels. Phoenix a inventé une Pop classe. Les tubes s’enchaînent sans tomber dans le superficiel et s’intègrent parfaitement au concept Pop et chic de ce nouveau disque des Versaillais. Le groupe a également réussi ce que de nombreuses formations Françaises ont essayé de faire ces dernières années : sortir des disques qui ne correspondent à aucune étiquette musicale. Qu’on se le dise : Phoenix est unique dans sa catégorie. "Wolfgang Amadeus Phoenix" se termine avec le titre "Armistice", comme un appel du groupe à son pays, histoire de faire la paix et rejoindre nos alliés américains qui, eux, sont depuis longtemps conquis par le charme de nos Phoenix. ••