•• Beau, jeune, New Yorkais. Peter Cincotti joue désormais dans la cours des grands. Issu de la scène Jazz, l’idée de son second album, "East Of Angel Town", est simple : mélanger ce Jazz à une Pop accessible. Il est déjà certain que cet artiste s’est fait largement remarqué durant ces derniers mois avec, notamment, un single époustouflant, "Goodbye Philadelphia".
Un nouvel Elton John serait-il né ? Maîtrisant le clavier comme aux beaux jours de ce dernier, donnant des tonalités de voix à l’accent So British, celles-ci allant parfois à se rapprocher de celle de Robbie Williams (mais n’exagérons rien), penchez vous sur le dynamique morceau "Be Careful" qu’il interprète sur cet album et vous aurez alors la panoplie sonore complète du chanteur. Même si ce dernier sait donner de la voix sur des titres plus Rock And Roll, il s’avère aussi charmeur sur les slows. Et c’est peu dire quand on sait que Peter Cincotti a longuement arpenté les couleurs sonores Jazzy, à la manière d’un Harry Connick Jr. La transition est désormais établie. Ses trois albums précédents l’ont, quelque part, exercé à aboutir sur "East Of Angel Town". Ce dernier, que l’on n’attendait clairement pas (ou que l’on attendait plus) de la part d’un chanteur exerçant dans ce style, sait séduire son public. Ayant acquit les bonnes bases, notre jeune homme, de vingt-quatre ans à peine passés, s’apprête à faire des étincelles dans le monde du Jazz/Pop.
Quand on se penche sur le premier single de l’album, "Goodbye Philadelphia", on y découvre un savant mélange ambiant, se situant entre "Streets Of Philadelphia" de Bruce Springsteen et "Goodbye Yellow Brick Road" d’Elton John. Peter Cincotti n’a pas lésiné : « Je voulais que chaque chanson prenne vie en studio avec la même fraîcheur que lorsque je les ai écrites pour la première fois, dit-il. Il fallait que chaque élément de la production y contribue et surtout qu’il reflète le sens de la chanson ». Justement, armé de cette détermination, Peter Cincotti a fait appel à pas moins de trois géants : le producteur David Foster (Céline Dion, Seal,...), le producteur Humberto Gatica (Céline Dion, Michael Jackson,...) et le producteur/ingénieur son Jochem Van Der Saag, pour mettre sur pied l’album. « Nous avons collaboré très étroitement tous ensemble tout du long et c’était vraiment une chance pour moi d’être entouré d’une telle équipe pour m’aider à réaliser ce projet. », fait part Peter. C’est donc sans surprises majeures que l’on se rend vite compte, hormis que cet opus est le premier incluant des chansons originales du chanteur, que le style Pop est omniprésent dans chacun de ses morceaux. Pourtant, "Angel Town", le morceau qui ouvre l’album, démarre sur des bases R&B. Mais c’est à la fin de ce morceau, dédié à la ville de Los Angeles, que l’on saisi toute la magie opérante. Notre musicien va mélanger astucieusement plusieurs styles musicaux différents, et les greffer à un univers Jazz vraiment séduisant. Ainsi, on prend plaisir à entendre un Peter Cincotti très tendre sur "Another Falling Star", on y découvre une autre facette de lui-même sur "Broken Children" au jeu de piano sombre et plaqué, ou encore "Cinderella Beautiful", une ballade qui irait comme un gant à un film romantique, tel Quand Harry Rencontre Sally. L’album étant tellement ambitieux et complet, que l’on pourrait encore citer "December Boys" au final vibrant et impeccable, "Make It Out Alive" à la mélodie entêtante – celle qui ne vous sort plus de la tête tant elle est astucieuse –, et enfin "Witch’s Brew" arrangée aux côtés de David Foster. Cette dernière qui, mine de rien, fera clairement de l’ombre à Elton John.
Persuasif, Peter Cincotti l’est. L’énergie présente dans cet album contribue à alimenter aussi une histoire unique pour chaque chanson. Lorsque l’on demande au chanteur si les sujets traités dans l’opus sont autobiographiques, il est catégorique : « Je crois que toute forme d’expression est autobiographique, que ce soit de façon littérale ou symbolique. Je ne pense pas qu’il soit possible de créer quelque chose qui ne le soit pas. » D’autant plus qu’une bonne partie des paroles présentes dans "East Of Angel Town" ont été écrite par son acolyte désormais attitré John Bettis. Cela ne vous rappelle pas un certain Bernie Taupin, fidèle parolier d’Elton John ?
Du côté des musiciens, on croise le nom du bassiste Nathan East (Eric Clapton, James Ingram, Mariah Carey,...) ou encore les guitaristes Tim Pierce (Tracy Chapman, Jesse McCartney, Michael Jackson,...) et Michael Thompson (Babyface, Whitney Houston, Kenny G,...). On est alors en droit de se demander ce qui pourrait manquer à cet album pour le transformer en un must ? Et si, pour une fois, le classique s’alliait au moderne ? « Cet album fait le lien entre l’ancien et le nouveau, dit Peter. Pas seulement dans les chansons en elles-mêmes, mais aussi dans la façon dont elles ont été enregistrées. Je voulais conjuguer un enregistrement live classique avec des éléments de production modernes. »
Si en on croit les statistiques, ce musicien fantastique est devenu, en peu de temps, le plus jeune musicien à se hisser à la tête d’un classement Jazz. Nommé l’un des pianistes et chanteurs le plus prometteur de la prochaine génération, ce jeune homme au charisme discret a fait la part belle à un opus vraiment merveilleux. "East Of Angel Town" risque bien de rester un disque important dans le vaste monde de la musique. Un disque qui se positionne dans les bacs au bon moment et qui, une fois écouté entièrement, vous restera indéfiniment dans l’esprit. Vous reprendrez bien encore un peu de Peter Cincotti ? Avec grand plaisir. ••
Jen Kidonÿ |