PEARL JAM, welcome back spacers !
Jénzine Magazine N°18, Novembre-Décembre 2009 |
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•• « Ce n’est pas si dur de faire un bon disque ». Cette phrase d’Eddie Vedder peut soit vous laisser perplexe, soit raisonner dans votre tête lorsque vous appuyez sur le bouton play de votre platine audio. En début d’année, nous avions déjà eu affaire à ce groupe (via l’album "Ten" paru en 1991, et revu par Brendan O'Brian). Un groupe qui, par ailleurs, ne nécessite plus d'être présenté. Si vous ne connaissez pas encore Pearl Jam, je vous invite personnellement à vous jeter pleinement dans la marmite bouillante. Après huit grands albums studios, ce nouveau bijou va vous transporter. Vous passerez d’un "Headbang" à une ballade en seulement quelques secondes, et cela pour embellir une soirée posée (en bonne compagnie). Le groupe originaire de Seattle nous gratifie de ses riffs électriques, de son énergie, d’une production propre et d’un condensé unique de styles. Je vous le dis, "Backspacer" va faire appel au Grunge qui est en vous, au Rock qui se cache en chacun de nous et à la sensibilité que nous tentons d’éluder. Que les fans se réjouissent ! Ils ne seront pas déçus par cet œuvre. J’irai même jusqu’à dire qu’ils seront comblés par la justesse et l’éclectisme dont nous font part « les Jammers ». Le groupe fera de nouveaux élus parmi la masse déjà envoutée. "Backspacer" en témoigne. Préparez-vous avec ce nouvel album à monter le volume. Préparez-vous aussi à faire vibrer les murs. Enfin, préparez-vous encore car "Backspacer" commence fort. Très fort même...
Avant de rentrer dans le vif du sujet, petit moment de nostalgie entre nous ! Pearl Jam c’est quoi ? Groupe de Rock U.S. formé à Seattle en 1990, Pearl Jam deviendra, petit à petit, un des groupes phares du mouvement Grunge. Que dire à part que Stone Gossard (guitariste) et Jeff Ament (bassiste) furent très inspirés à former ce groupe de « jammers ». Nous ne pouvons que les remercier au vu de ce qui suivra par la suite. Le groupe fut rejoint par la suite par Mike McCready (guitare), Matt Cameron (batteur et anciennement batteur de Soudgarden, autre groupe de Grunge de Seattle), ainsi que d’Eddie Vedder (chant et guitare). A noter que Matt succéda en 1998 à quatre autres batteurs. Nous voici prévenus pour ce qui est du quintet actuel des « backspacers » ! Inutile de dire que ce groupe solide, et qui traverse le temps comme peu d’autres dans le style, mène d’une main de maitre le succès qui ne cesse de grandir. Petite piqûre de rappel en ce temps de Grippe A, Pearl Jam c’est : "Ten", "Vs", "Vitalogy", "No Code", "Yeald", "Binaural", "Riot Act", le tout entre 1991 et 2009 pour ce qui est des opus studios. Autant dire que le groupe ne chôme pas ! Pearl Jam ce sont de multiples collaborations avec de nombreux artistes comme Neil Young. Mais c’est aussi un groupe engagé sur des plans humanitaires (Mother For Our Mother Ocean en 1996 et 1999). C’est encore des participations à des bandes originales de films (on saluera la participation monstrueusement exceptionnelle d’Eddie Vedder sur la B.O. d’Into The Wild). Non, vous ne rêvez pas, et non le groupe ne s’arrête pas là… Il ne faut pas oublier les tournées épiques live et les sorties DVD. Aujourd’hui, et pour synthétiser le tout, Pearl Jam c’est des millions de fans dans le monde, un record battu de visionnage YouTube lors de l’avant-première, le 1er Juin dernier, de "Got Some" (petit diamant de composition - on y viendra) dans The Tonight Show with Conan O’ Brian, plus de trente millions d’albums vendus uniquement aux Etats-Unis… Installez-vous, on passe maintenant à l’écoute.
"Backspacer". à quoi nous attendre ? Que signifie cet album ? Que représente t il ? « Nous voulions réaliser un disque qui soit vraiment bon » (Stone Gossard), « un album concis ». (Mike), « Nous avons donc pris soin de nous débarrasser de tout ce qui risquait de nous empêcher d’atteindre cet objectif. » Ah ! Pour sûr ! Cet album fut écrit puis répété chef Jeff Ament dans le Montana, loin de toutes autres préoccupations. C'est finalement à Los Angeles que "Backspacer" s'est enregistré dans le studio de Brendan O'Brian. Ce dernier connait bien Pearl Jam car il a participé à l'aventure des « jammers » en 1993 sur l'album "Vs". Sans oublier que la touche O'Brian se fait bien ressentir au travers du CD. « Il sait comment conjuguer nos imperfections et nos maladresses, qui nous rendent humains, avec son professionnalisme ». Lorsqu'on entend ceci de la part du quintet, on peut se dire à quel point le respect est grand entre ces hommes. Brian n'a pas hésité à se lancer, quitte à devenir « jammer » à son tour lors des sessions studios (« Il prenait la guitare et mettait la main à la pâte » dixit Matt), c'est dire l'implication, l'investissement d’O'Brian dans cet album. Un grand homme. La messe étant dite, nous avons affaire là à un album abouti, aussi rapide et violent que doux et palpitant, car il y a avant tout des nouveautés dans cet univers space, et pas des moindres... Jetons-nous sans plus attendre sur cet album ! Et découvrons ensemble ces onze titres ! On commence tout en puissance, sans introduction. Fidèles à eux-mêmes, chaque zicos démarre en trombe avec "Gonna See My Friend" un riff accrocheur et une phrase qui revient comme un boomerang en pleine face. La couleur est annoncée. Environ trois minutes de distorsion qui vous feront sautiller. Puis, on enchaine sur le titre suivant et, là, c'est la claque ! Matt se lâche et Eddie nous met face à notre destin : "Got Some". Une voix qui vous transporte et une chanson qui vous fait vous lever du siège et sauter sur son refrain ultra précis et rythmé, remplie de guitares harmonisées à la perfection. Les « jammers » nous emmènent ensuite vers "The Fixer". La tendance y est vraiment Rock et on se demande si l'on ne va pas faire « péter » les watts sans se soucier du monde qui nous entoure. Un peu d'AC/DC, un peu de Rolling Stones, un peu de Black Sabbath et on arrive sur un "Johnny Guitare" envoutant. Mike nous surprend en gérant parfaitement le peu de temps imparti dans chaque titre de l'album. Des effets, des thèmes, des ponts, un condensé de toute sa créativité s'exprime en totalité lors de notre répit ("Just Breath"). C'est à ce moment précis de l'album où nous retrouvons Eddie dans un titre aux élans de Country. Là, on se dit que son Golden Globe et sa contribution à la B.O. d'Into The Wild atteint un certain paroxysme sur l'album. Ce titre met aussi l'accent sur une nouvelle allure du groupe, notre sixième homme, Brian, qui nous glorifie de ses arrangements orchestraux et pianistique Ce talent se retrouve plus loin dans "Speed Of Sound", titre aussi surprenant que progressif, parsemé de variations sonores et d'une basse qui vous berce et balance de droite à gauche. Quand on pense que ce titre a été enregistré en dernière minute lors du mixage final et qu'il marque une évolution magique au sein du groupe. Le côté Grunge du quintet vient nous titiller l'oreille gauche avec "Amongst The Wave" (le titre qui donne la note au renouveau du groupe) et l'oreille droite avec "Unthought Know". Quant à "Force Of Nature", il s'avère un très bon descriptif pour chaque membre de ce groupe. "Unthought Know" nous donne des airs de U2 et d'Aerosmith (dans la voix et la basse). Vous l'aurez remarqué, je suis passé en « mode shuffle » à l'écoute car tout passe à merveille et peut s'enchainer dans n'importe quel ordre ! Mon lecteur m'envoie ensuite sur la planète "Supersonic" qui nous rappelle que nous ne sommes pas là non plus pour s'apitoyer sur notre sort et... on tient là le second titre accrocheur de cet album résolument Rock avec un grand R. Pour reprendre McCready, « (...) ce serait un morceau éclatant sur scène et que les gens allaient adorer (...) ». Nous finissons cet opus éclatant et surprenant par un "The End" somptueux. Ce dernier titre est un pur diamant et viendra nous tirer de nos joies et peines les plus profondes. Eddie nous transporte, nous émeu et on se surprend à regarder dans le vide. On aime et on en redemande. "Don't Leave Me So Cold", "Help Me See My Self",... « Jammers » for ever...
Vous l'aurez compris, "Backspacer" est un album qui nous vient de l'espace. Chacun des musiciens y trouve sa place, l'auditeur y trouve sa place, Brendan O' Brian y a sa place. Bref, cet album, qui retrace dans nos oreilles tout ce qui a fait le succès de Pearl Jam durant ces vingt dernières années, marque aussi le pas sur une évidente évolution musicale du quintet. Le plaisir est immense et l'émotion est énorme lorsque le dernier titre "The End" s'enclenche. Cela nous rappelle combien la musique se vie et se ressent, combien nous sommes sujets à être confrontés à ce qui nous fait vibrer, danser, sauter, verser des larmes et oublier le quotidien. Le seul bémol, qui pourrait être aussi un gage de qualité, réside dans la durée totale du CD... Trente sept minutes seulement, mais si intenses qu'on en redemanderait. Trente sept autres minutes, vite ! "Backspacer" se veut touchant, Rock, Grunge, prenant, virevoltant. On peut dire que les « jammers » nous surprennent avec un album comme celui-ci. Eddie, Jeff, Stone, Mike et Matt nous prouvent encore une fois (après nous avoir tenu en haleine avec la nouvelle version de "Ten") qu'ils sont ces grands musiciens qui ont fait ce que la musique Grunge a été, est, et sera. La musique reste une affaire de potes, d'amis, de passion et de convictions. Ce qui est sûr, c'est qu'après nous avoir présenté un tel album, nous attendons de pied ferme le groupe sur la tournée déjà enclenchée. Le groupe bouillonne d'impatience de retourner sur scène : « Lorsqu’on se demandait dans quel ordre mettre les chansons sur l’album, confie Eddie, je pensais en fait aux set-lists et je me demandais si on jouerait telle chanson trois fois par mois ou par semaine lorsqu’on serait en tournée ? ». Restez sur vos starting-blocks car Pearl Jam l'avoue : il y a déjà des titres pour un autre opus... Affaire à suivre, de très près bien entendu. Welcome Back Spacers ! ••
Guillaume Gil
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