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NAIVE NEW BEATERS, sages mais pas fous
Jénzine Magazine N°16, Juillet-Août 2009



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•• Encore un groupe Pop ? Doucement voyons ! Il est vrai que cette année 2009 s’avère très riche en ce qui concerne ce genre musical qui n’a cessé de prendre de l’ampleur avec les géantissimes albums d’Alphabeat et très récemment avec celui du groupe Creature. Mais penchons nous un instant sur nos productions Pop nationales, à nous. Car, une fois n’est pas coutume, le groupe dont il est question ici est Français. Décidément, cela est devenu une mode d’être aussi bons qu’un groupe Anglais ou Américain dans l’hexagone ! A s’y méprendre, les Naive New Beaters ont tout d’un groupe venu des States ou d’Angleterre. On pense toutefois à The Streets (Mike Skinner) qui aurait été fusionné avec quelques idées Clashiennes. Mais, avec franchise, on vous répondra qu’il est carrément dur de cantonner Naive New Beaters à un genre musical particulier. Et quelque part, cela est tant mieux. Vous vous en doutiez, “Wallace”, le premier opus de ces Parisiens un peu décalés, est rempli de surprises. Le groupe a sauvagement la bougeotte mais cherchez bien : dans leur fantaisie, on y trouve que du bon. Voilà une jolie découverte francophone supplémentaire pour cet été. En ce moment, nous sommes gâtés ! Avec les Naive New Beaters, nous avons voyagé.

Nous voilà donc devant une énième sensation Pop. Si “Wallace” est orné d’une pochette ‘funny’ qui occupe l’œil du potentiel consommateur, le contenu du disque, lui, occupe les oreilles du plus fin mélomane. Les Naive New Beaters aiment par dessus tout lorsque les notes soient en perpétuel mouvement. Formé de David Boring (chant), Eurobelix (clavier, machines) et Martin Luther BB King (guitare) – vous remarquerez sans doute l’ingéniosité patronymique de ce dernier -, le groupe a compris qu’alimenter un opus avec un maximum de créativité le rendait encore plus délicieux. Pourtant, tout est ici scindé, carré, pesé. Vous y retrouverez des guitares, beaucoup de guitares... Mais aussi des passages plus électro, des mélodies numériques, qui donnent un aspect vraiment intéressant à l’ensemble. Déjà six ans auparavant, un autre groupe (Français lui aussi), baptisé Scenario Rock, nous avait fait jaillir les mêmes sensations avec une chanson intitulée "Skitzo Dancer". Mais revenons plutôt à nos trois mousquetaires. Dans un premier temps, nous vous citerons le morceau “Live Good” qui nous semble l’un des meilleurs exemples de leur travail. Cela tombe plutôt bien car il s’avère que c’est lui le titre choisi en guise de single. La fusion Pop Electro y est astucieuse est réussie. Pas étonnant non plus que le trio réalise la première partie de Cassius, invité par un Philippe Zdar admiratif. Mais en revenant un peu dans le passé des NNB (permettez-nous de contracter quelque peu le nom du combo), on les retrouve en première partie des Kills. Là, ça ne rigole vraiment plus ! Voilà pourquoi nos Parisiens ne sonnent pas exactement comme une formation francophone ; l’album a été suivi de près par l'Anglais Clive Martin ("A Kind Of Magic" de Queen, c’est lui) avant d’atterrir à Londres pour y être mixé par le redoutable Nick Terry, déjà à l’œuvre sur les disques des Libertines, des Klaxons, ou encore de Simian Mobile Disco. Que des Anglais ! C’est donc ça le terrible secret que les Naive New Beaters nous dissimulaient... “Wallace” s'apparente à un opus purement Franco-Anglais. Côté écriture, les choses semblent claires pour David Boring : « Ce n’est pas parce qu’on ne se prend pas au sérieux que ce qu’on fait c’est de la blague ». C’est juste. Et toute la contraste d’ores et déjà constatée tient dans cet album aux neufs titres groovy. Un peu fous, oui, mais la tête sur les épaules.

Comme bon nombre de groupes Pop actuels, il est devenu difficile de décrire le genre musical des Naive New Beaters. Pourtant, c'est certain : le trio a le sens du rythme et le goût de la fantaisie. Cette Pop rappée, aux accents Rock irrésistibles, finit par vous devenir familière. Les paroles fusent dans tous les sens dès le premier morceau entamé (“L.A. Trumpets”). Il faut dire que le temps est court en ce qui concerne les présentations : à peine 1 minute 30 pour ce morceau d’introduction. Mais toute la fougue des NNB s’est d’ores et déjà installée dans votre sono. Installez-vous confortablement dans votre canapé, la suite est encore plus alléchante. Avec “Get Love”, et sa petite guitare à la The Strokes, les Français continue sur leur lancée, infatigables. Imaginatifs, ils ont aussi le don de savoir vous concocter des refrains redondants donc faciles à retenir. C’est la marque de fabrique du groupe et cela se vérifie à tous les coups. Le single “Live Good”, agrémenté de son clip à la fois déjanté et original, vous rappelle le bon son Pop/.Rock façon White Stripes. Mais rien à redire : c’est un bon morceau, une fois de plus doté d’un refrain sympathique avec quelques riffs de guitares passés à la moulinette numérique. “Wow Now” se rapprocherait davantage du travail de The Streets avec un soupçon de Dance en plus dans la recette. Un son complet, travaillé dans la justesse et fabriqué avec amusement. Les transitions entre les morceaux sont pratiquement inexistantes chez Naive New Beaters. “Can’t Choose”, le morceau suivant, ne perd pas son temps pour exploser ; à peine quarante secondes nécessaires en guise d’introduction et déjà un refrain tonique fait son apparition. Un peu de douceur arrivera avec “Just Another Day”, plus sage et posée que ses consœurs. Chaque nouvelle chanson est une nouvelle surprise. “Dual Income No Kids” ne déroge pas à cette règle sacrée. Puis, avec ses guitares à la Mike Oldfield remixées, “Janeiro” vous emmène irrémédiablement sur la piste de danse. Tout se mélange ; Pop, Rock et une petite dose de Funk très discrète. Tour à tour, le morceau vous fait sourire, bouger votre tête de droite à gauche (ou de gauche à droite) pour finir par devenir omniprésent. Tout ça en moins de trois minutes. C’est fort. Dans “Wallace”, vous trouverez même une petite touche d’égo avec “Boring David” (qui emprunte un instant le pseudo du chanteur). On appréciera tout particulièrement “The Last Badaboum” qui, tout au long de quatre minutes bien remplies, démontre l’étendue musicale du trio et la richesse dont il sait faire preuve.

Bien entendu, les Naive New Beaters ont déjà entamé toute une série de concerts pour présenter cet album extra-terrestre. Après s’être produits inévitablement en Angleterre (Great Escape Festival à Brighton), en Espagne (Benicassim) et même en Russie (à Moscou et Samara), ils voyageront cet été 2009 de festivals en festivals (Les Vieilles Charrues, Paleo, Les Nuits Secrètes, Pantiero à Cannes) avant de s’envoler hors des frontières pour Budapest et Stockholm. En fin de compte, les Naive New Beaters pourraient paraîtrent ‘à côté de la plaque’ mais il n’en est rien. Pour arriver à un tel résultat musical, il faut une sacrée dose de logique et de réflexion. Les NNB c’est, avant tout, un groupe qui a su jeter les bonnes bases rythmiques dans leur album. Puis, des refrains tous aussi imaginatifs les uns que les autres, s’y sont greffés. “Wallace” est, dans le fond, un album simple, qui joue avec l’aspect naturel des choses, et qui s’avère surtout bourré d’intelligence. En un mot, c’est du fun à l’état pur, mais c’est tenu, flexible, solide, nostalgique et élégant. Les Naive New Beaters sont vraiment de drôles d’oiseaux. Mais leur musique vous restera en mémoire. C’est tout ce qui compte. ••

Jen Kidonÿ


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NAIVE NEW BEATERS
"Wallace"

Label :
Cinq7/Wagram

Année : 2009

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