METRO STATION, que jeunesse se passe Jénzine Magazine N°15, Mai-Juin 2009
•• Il n’y avait pas plus simple comme nom de groupe. Remarquez, on ne risque pas de l’oublier. Jeune formation en provenance des Etats-Unis, Metro Station est le reflet de la musique Pop Electro d’aujourd’hui. Frais, dynamique, coloré, autant d’adjectifs pour définir une musique qui reflète au fond qu’une chose : une incroyable énergie. Il est vrai qu’en comparaison nous aurions pu nous risquer à citer des groupes comme les sages Zoot Woman, MGMT ou Phoenix… Mais, malgré cela, Metro Station reste porteur d’un dynamisme communicatif. Tout en apportant de la brillance à la Pop actuelle, le jeune quatuor a déjà conquis bon nombre de pays. La raison ? Un talent monstrueux.
Décidemment, nous aimons les premiers albums. Mais nous apprécions tout autant les premiers albums qui se veulent éponymes. Metro Station ? Il n’y avait pas plus simple pour titrer un album.Voici donc Trace Cyrus, Mason Musso, Blake Healy et Anthony Improgo. Quatre jeunes hommes qui ont grandi avec des pixels pleins les yeux. Et lorsque l’on grandi avec Internet, pas étonnant d’en faire un jour parti. Le web fût l’une des premières portes d’entrée pour nos quatre musiciens. En quelques semaines, ils sont propulsés au rang des stars du web grâce à des fans qui ont déjà saisi le talent du groupe. Mais comment passe t’on à de petits boulots dans des centres commerciaux à un éclatant enregistrement digne de ce nom ?
Tout démarre début 2006 quand Trace et Mason se rencontrent à Hollywood. Pourtant, le courant ne passe pas tout de suite entre les jeunes garçons. « Je n’avais jamais vu quelqu’un comme Trace auparavant, se souvient Mason. Il avait tous ces tatouages et ces piercings à la lèvre et fréquentait des clubs de Rock, alors que moi je restais assis dans ma chambre, avec mon grand sweat à capuche, à composer des chansons sur ma guitare ». Heureusement, le temps fait bien les choses. Quelques temps plus tard, nos deux musiciens finissent par se mettre au travail. « En écrivant ensemble une chanson, nous nous sommes découvert des affinités à un autre niveau », se remémore Trace. Si aujourd’hui Metro Station vibre de toute son âme, c’est bien grâce à cette amicale entente. « Notre musique parle du fait d’être jeune et d’attendre davantage de la vie, souligne Trace, et sur ce point, Mason et moi nous sommes tout de suite entendus. » Si vous recherchiez la plaque tournante de Metro Station, alors vous la tenez. Grandes aspirations et volonté de créer des liens occupent une place très importante dans la musique du groupe.
Après la rencontre, place aux messages. Et Metro Station a les poches pleines de messages ! Au fait, pourquoi s’appeler Metro Station ?
« Nous venons de partout, répond Mason, et nous sommes en transit. C’est ce que ressentent les adolescents : ils veulent s’évader et trouver leur place. C’est à eux que s’adressent nos chansons ».
A l’écoute du premier single du groupe, "Seventeen Forever", le message est clair. « On n’aura pas éternellement dix-sept ans, mais ce soir on peut encore se le permettre », y chante librement Trace. C’est grâce à ce titre Pop frappé à souhait que Metro Station trouve à l’époque sa place dans le monde de la musique, en en profite pour engager Blake, claviériste de son état. C’est lui qui, en rajoutant un petit quelque chose bien à lui, va créer la marque de fabrique de la formation ; grâce à quelques pulsations de synthétiseurs ci-et-là, le titre finit par évoquer largement le son des Eigthies. Et ceci n’est qu’un début. "Seventies Forever" va décoller et grimpe, évidemment, en tête des chartes des artistes non-signés sur MySpace. « Nous étions inscrits sur MySpace que depuis trois mois avant d’entrer dans les chartes, explique Trace, et quand c’est arrivé, on s’est dit : ‘Mon Dieu, ça pourrait vraiment marcher pour nous !’. Avant ça, tout semblait irréel ».
Ca y est, Metro Station vient tout simplement de se faire remarquer sur la toile. Les labels sont désormais à l’écoute. Et un nouveau venu, Anthony – batteur de son état – rejoint la bande.
Puis viennent le temps des propositions. Celles des concerts pour commencer. Au début, ce seront les fans qui vont créer pour Metro Station une véritable communication événementielle. « Ils ont tout fait, se souvient Mason. Bien que nous n’ayons jamais été à la recherche de concerts ni cherché à attirer l’attention des médias, cela s’est fait grâce à nos fans à Los Angeles qui ont été incroyables ! Ces gamins nous aidaient à organiser des concerts et fabriquaient ensuite eux-mêmes les annonces qu’il ne nous restait plus qu’à afficher ». Bien vite, les professionnels de la musique passent à l’action et, en prime, on les invite à se produire juste après le concert de Beck.
« Nous avions seulement fait dix concerts à cette époque, mais ça a été une de nos meilleures soirées », se souvient Trace. Après une année plutôt active, Metro Station signe son premier contrat. Cette signature, ils la doivent à une stagiaire qui les a dénichés sur… MySpace (eh oui,
encore !). Puis, le quatuor débarque à New York au Printemps 2007 pour enregistrer deux premiers morceaux qui se retrouveront quelques mois plus tard sur l’album : "Kelsey" et "Comin’ Around". Le tout est produit par le groupe Motion City Soundtrack. Metro Station travaillera également aux côtés des producteurs Sam Hollander ou encore Dave Katz (Gym Class Heroes, Boys Like Girls).
Et cet album ? Simplement parfait. Et si ce dernier s’est hissé en tête des chartes en Australie et au Canada ainsi qu’aux Etats-Unis en devant Double Disque de Platine, ce n’est pas un hasard. Il y a du tube… Et pas peu ! A commencer par le puissant single "Shake It", maintes et maintes fois diffusé en radio partout dans le monde et ô combien dansant. Voilà une bonne définition de la Pop Music. Un mixage plutôt surprenant et une pêche incroyable fera inévitablement vibrer la membrane de vos enceintes. Mais ce sont des morceaux comme "Control" ou encore la parfaite "True To Me" qui prouve que le quatuor a de sérieuses ressources créatives. Ca bouge, ça chante avec force et persuasion, ça vous attire comme un aimant. En passant sur "California", on contemple, une fois n’est pas coutume, l’importance laissé au mixage, à la programmation des synthés et à la magie de la mélodie. Metro Station sait aussi exercer dans une Pop Electro au tempo plus allégé comme dans "Now That We’re Done" ou "Tell Me What To Do". Mais nos juniors sont toujours les rois pour vous placer quelques refrains que vous finissez par garder en tête ("Wish We Were Older").
Et la suite ? Le futur de Metro Station n’est pas compromis. Ayant débarqués avec force avec un premier album qui s’est avéré dépasser largement les deux millions de copies vendues rien qu’aux Etats-Unis, la suite est presque prévisible. Le groupe n’a pas perdu son temps pour tourner avec bon nombre de pointures comme Panic At The Disco! ou encore Good Charlotte. « Je suis vraiment très impatient de voir où nous en serons dans un an, s’exclame Trace. Je me souviens d’avoir quitté mon travail au centre commercial et d’avoir pensé : ‘A partir de maintenant, je vais faire de la musique avec Mason et rien d’autre’ ». On pourrait prétendre que nos gamins de Californie veulent seulement s’amuser… Mais leur professionnalisme et leur passion pour la musique nous pousse à y croire. « Les gens vont nous mener la vie dure parce que nous sommes si jeunes et que tout ça arrive si vite, admet volontiers Mason. Mais nous faisons tout ce que nous avons toujours voulu faire. Nous voulons passer à la radio. Nous voulons jouer pour nos fans. Et même si on fait abstraction de tout ça, nous avons dix-huit ans et nous façonnons nos propres vies. Comment ne pas être enthousiastes ? ». Après tout, pourquoi pas ? Alors vivement le second album ?••