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IZIA, mademoiselle espoir
Jénzine Magazine N°17, Septembre-Octobre 2009



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•• Les jeunes chanteurs et chanteuses francophones sont, quelque fois, liés au phénomène de la téléréalité. Certains artistes en herbe prennent d’ailleurs ces émissions en tant que probable tremplin. Izïa Higelin n’en a pas eu besoin, et son honneur est bien sauf. Nous sommes très heureux de pouvoir vous faire découvrir une artiste qui à gagné sa réputation tout simplement grâce à son don et sa passion pour la musique. Depuis son plus jeune âge, Izïa, fille de Jacques Higelin, appartient sans conteste au monde de la musique - comme le rapporte d’ailleurs toutes ses biographies. Dès l’âge de treize ans, elle se produit déjà en concert devant sa famille. La rencontre avec un ami de son père l’entraînera très vite à créer son propre groupe. Mais c’est au Festival du Printemps de Bourges qu’elle apparaîtra comme une incontestable révélation. Quelques mois plus tard, on la verra même en première partie du seigneur Iggy Pop. Le 8 juin dernier paraissait dans les bacs son premier album. Sans plus attendre, nous sommes partis à la découverte d’une artiste bien de chez nous, qui mérite amplement d’hériter de son titre ‘révélation’. Dors-et-déjà, de nombreuses personnes comptent sur elle pour redorer, un peu plus encore, notre patrimoine musical Rock, qui, il est vrai, reste parfois tapit derrière l’ogre Américain ou Anglais.

Le Rock à voix féminine aurait-il quasiment disparu des bacs, ne laissant alors apparents que les classiques du genre (Lisa Gerrard, Elisabeth Fraser, PJ Harvey, Siouxsie Sioux, Marianne Faithfull, Nancy Sinatra ou encore la légende Janis Joplin) ? Pour les plus amateurs de ce Rock Punk, mené par une femme au poste de voix lead, on vous assure que vous ne serez pas déçus. De notre côté, nous-mêmes n’avons pas été déçus. Avant toute chose, Izia est un groupe. Créé au fil des années par la chanteuse elle-même, il est composé du bassiste Sébastien Dousson, du guitariste Sébastien Hoog et du batteur Vincent Polycarpe - qui préfère aujourd’hui se consacrer à ses propres projets. Ce dernier s’est d’ailleurs beaucoup investi au sein d’Izia en amenant, de part sa performance, une grande part de l’aisance technique du groupe. La fine sélection des musiciens qui jouent sur cet album permet à Izïa d’acquérir un style musical s’approchant, dans les sonorités exploitées, du Rock des années soixante-dix. Au final, ce voyage dans le temps est une excellente chose ; la musique Rock, elle, a évoluée et – avouons-le - n’est plus vraiment ce qu’elle était. A bien l’observer, elle finit par dévier lentement vers la Pop (faudra t-il encore rappeler que Johnny Hallyday est un Rockeur et que Christophe Maé un interprète Pop/Folk ?) Si certains groupes nous délivrent une image floue de leurs registres, on comprend aisément pourquoi ils préfèrent proposer leur musique à un maximum de monde et, ainsi, toucher un public plus large. Le quatuor Izia, quant à lui, annonce immédiatement la couleur. Aucun doute. C’est du Rock, pur et dur. Izïa Higelin y balance sa voix puissante, appuyée à coup sûr par de lourdes rythmiques basse/batterie, rappelant, un tant soit peu, le bon vieux son Rock Punk d’antant ("Hey Bitch"). Pour elle, le combo basse/guitare/batterie est, à lui seul, un immense atout et un pilier obligatoire (la très déchaînée "The Train" ou la convaincante "Take Me Back"). Quant à sa manière de chanter, elle nous rappelle le coffre de Doro Pesch. On la sent forte, inspirée et pleine d’aisance. Aucun doute, c’est le ‘son Izia’.

Bien entendu, en visitant le MySpace du quatuor, nous nous attendions à retrouver un nombre important de morceaux. Encore une fois, nous n’avons pas été déçus. Et puis, l’album d’Izia est éponyme... Il fallait donc se préparer à ce que les instruments passent après elle. Mieux, la base musicale s’est complètement construite autour de l’artiste. Et ses interprétations excellemment mises en valeur. Il est important d’ajouter qu’Izia possède, en elle, l’âme d’une véritable Rockeuse. Son timbre et son étonnante maturité vocale (elle n’a seulement que dix-huit ans) ne peut que la faire aspirer à être celle qu’elle est au plus profond d’elle même : un véritable espoir pour le Rock francophone au féminin. Des titres comme "Let Me Alone" ou "Life Is Going Down" mettent largement en valeur son timbre déchiré et son impressionnant coffre digne d’une vraie chanteuse de Hard Rock. Les chansons montent progressivement en puissance. "Blind" reste d’ailleurs, pour nous, l’une des meilleures chansons de l’album. Des thèmes classiques, comme l’amour, font également partie intégrante de l’opus. Nous tomberons sous le charme de la simple et douce introduction proposée sur "The Light", avant d’être rapidement happés à l’intérieur de ce morceau par un ressentiment de rage voire de haine. On pourrait presque supposer que le groupe exerce un certain type de Rock Progressif, tant il sait allier mélodies envoûtantes et rythmiques typiques des seventies. Une « fucking music » finiront même par dire certaines langues. La maîtrise technique apportée par les musiciens et l’incroyable interprétation vocale proposée ne peut qu’appartenir à un album de référence dans le milieu. Quoi qu’il en soit, Izia réussit sans mal à en présenter les douze titres qui le composent. Un album que l’on s’empressera de classer dans la case ‘Rock Punk Revival’. Ce même terme ‘Revival’, que certains pourront toujours trouver quelque peu démodé, reste pourtant applicable à cette phrase si célèbre : 'Rock is not dead'. Tous les rockeurs s’y retrouveront.

"Izia" est un album simple. Pas de grandes prouesses techniques, ni de solos à véritablement tomber par terre. Juste un album ‘coup de cœur’ qui démontre que le vrai Rock est toujours là et qu’il peut encore faire vibrer les foules. Ici, pas de tenues Rock ni d’extravagances. Par contre, l’esprit Rock, lui, répond bel et bien présent. L’image viendra bien par la suite. Dieu a donné à Izia un don. Mais comme cela n’était pas assez, Dieu l’a gâté par mère nature. Izïa Higelin est effectivement une très belle femme, dotée, de surcroît, d’une très forte personnalité. Arrêter l’école pour monter un groupe de Rock ne serait-il pas un vieux fantasme pour tout Rockeur averti, las de chauffer sa chaise dans une salle de classe ? Izia, elle, a totalement réussi son coup. Mais soulevons tout de même un bémol pour le Rockeur dans l’âme qui lirait cet article : arrêter l’école pour devenir ce qu’Izïa est devenue n’est pas si simple. La pratique de la musique depuis son plus jeune âge, sa fougue et sa voix si particulière l’ont amenée à être ce qu’elle est. Et puis, dans le fond, avez-vous réellement besoin de tout cela pour arrêter de lustrer votre chaise et essayer de comprendre ce problème de mathématiques ? Alors, réfléchissez bien avant de vous lancer ! A moins que vous soyez vraiment habité par un trop plein d’ambition…••

Cidjé


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IZIA
"Izia"

Label :
AZ/Universal

Année : 2009

 
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