HENRY BLISS & THE SIDEWALKERS, l'alliance du parfait Jénzine Magazine N°16, Juillet-Août 2009
•• Que se passe t’il du côté de chez nos amis Belges ? En traversant la frontière, nous avons découvert un musicien qui a déjà tout d’un grand. Son nom ? Henry Bliss. En compagnie du trio The Sidewalkers, qui l’accompagne en studio et sur scène, et à l’aide son tout premier album, il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour nous mettre l’eau à la bouche et nous convaincre de ses nombreux talents. "Lovely Pretty Day" est fabriqué de chansons Pop, de mélodies recherchées et d’accords irrésistibles - que seule une belle dose de talent est capable de faire naître. C’est aussi une jolie histoire qui se découpe en quatorze morceaux, plus réussis les uns que les autres. Nous sommes donc partis à l’aventure, à la découverte de ce musicien des temps modernes et de ce trio hors-norme. Le voyage s’est avéré à la hauteur de nos espérances.
Henry Gillet aime les pensées spirituelles. Ne soyez donc pas trop surpris de croiser une citation d’Andy Warhol ou encore du dalaï-lama (Tenzin Gyatso) sur la pochette digipack de cet album. Un opus qu’il a voulu comme si un auteur racontait sa vie. Ironie du sort, chaque morceau s’apparente à un fragment de la vie de l’artiste. Mais avant toute chose, il faut remonter à 1997 pour retrouver les origines du musicien. C’est cette année-là que sa propre histoire prend racine. Après avoir intégré plusieurs groupes, reprenant ci-et-là quelques standards du Rock, l’envergure de son talent d’auteur-compositeur-interprète commence à se dévoiler au sein du groupe Can’uts avec lequel il connaîtra quelques premières parties mémorables (Raymondo, Hollywood Porn Stars…) En 2005, il se décide enfin à lancer son propre projet. Pour cela, il va s’associer avec trois autres musiciens que sont Olivier Van Steirtegem (guitares, claviers), Cédric De Meersman (basse) et Mounir Kadjaj (batterie). Tout comme lui, ces trois là ont aussi une histoire à raconter. Cédric, alors vendeur de tuyaux en Moldavie, rencontre un beau jour Mounir et Olivier qui fuient la Tchétchénie pour y trouver de nouvelles opportunités. Deux rêves s’offrent alors au trio : se lancer dans le business du sucre au Nord de l’Equateur ou devenir musiciens. Finalement, c’est la musique qu’ils choisissent. En s’installant sur Bruxelles, ils deviennent The Sidewalkers. Puis, Henry accole le mot anglophone ‘Bliss’ à son prénom. « J’ai choisi un nom d’artiste qui devait exprimer une affinité émotionnelle avec mon moi intérieur, avec mes textes et mes compositions, explique t’il. Mes chansons expriment la plupart du temps un questionnement sur la vie, la fuite, et l’incompréhension. ‘Bliss’, représente une forme de quête vers le bonheur et la sérénité. En choisissant ce nom de scène, j’ai fait le choix de changer ma manière d’être et de penser ». Après trois ans sur la route, le premier album d’Henry Bliss & The Sidewalkers voit enfin le jour. "Lovely Pretty Day" se devait d’être véritablement un petit bijou, fabriqué à la base par une rencontre magique et le goût d’une aventure humaine. « Le nom de l’album a une connotation plutôt positive, souligne Henry. Je crois fortement que le concept de dualité qui gravite entre les lignes de tous les morceaux de ce premier album représente un aspect important de la condition humaine. Et j’ai eu besoin de l’exprimer ».
Dès l’apparition du premier morceau, déjà une page se tourne pour Henry Bliss. En ayant travaillé sur "Lovely Pretty Day", l’artiste n’a pas seulement mis en boîte un enregistrement sonore. Il a aussi voulu assoir un nouvel équilibre. Ce fort besoin de créer pour apaiser a donné naissance à quatorze morceaux d’une rare efficacité. Le tout a été enregistré aux magnifiques studios Dada à Bruxelles (l’endroit même où quelques grands noms de la musique actuelle sont passés - dont Venus, Alec Mansion ou encore Deus pour ne citer qu’eux). Notre premier coup de cœur ira donc à "Eyes Don’t Cry", magnifiquement produite, digne des grandes productions anglaises. Nous avons affaire ici à une Pop excellemment maîtrisée, où la basse, apparente, se mêle à un combo batterie-guitare homogène. Un petit côté Oasis vient relever le tout. Avec "Higher & Higher", on constate que le quatuor sait aussi s’adapter à un Rock beaucoup plus Américain dans sa forme. Le morceau est professionnellement construit et la mélodie qui émane de son refrain vous restera longuement en tête. Quand Henry Bliss & The Sidewalkers s’accordent un peu de douceur, cela donne "A Lady For Every Night" ou encore "Dancing In A Hotel". Mesures Folk ajustées, phases de guitare acoustique admirablement mixés – un mixage que l’on doit à Benjamin Charrier - et surtout une écriture parfaitement menée. La recette s’avère simple. Le talent, lui, est indéniable. Pour preuve, la force déployée dans "It’s Alright" témoigne de la vitalité du jeune quatuor. De morceaux en morceaux, nous sommes continuellement surpris. Avec "Glory Seeking Sharks", Henry s’accorde un moment ‘unplugged’ délicieux. Une fois de plus, on admire le travail de composition. On aimera la profondeur musicale qui se dégage de "Hole", un morceau réussi à approprier directement à un genre Pop Rock. A la fois simples et savamment mis en valeur, rares sont des accords aussi bien trouvés. Il y a aussi "Lady Magaly" où l’on découvre, en guise de voix féminine, Elia Fragione ainsi que le saxophoniste Raphaël Gossiaux qui appose ici ses délicates notes. Le tout est baigné dans une magnifique harmonie ; un parfait moment d’amour et de musique. Il y a aussi "Getting Dumb", une Pop rythmée, groovy où une interprétation vocale rageuse et fougueuse habille ce morceau ‘so British’ dans l’âme. La chanson "Hurry Up", quant à elle, accélère, le tempo. Hypnotisé avec ce petit quelque chose des Clash qu’elle incorpore, on ne se prépare pas encore au choc que sera "Atmosphere", le morceau qui conclut l’album. A la fois alternatif, Pop, Rock, à la limite électronique et atmosphérique, le quatuor s’y lâche complètement. Peut-être y entendons-nous déjà le futur son pour lequel optera Henry Bliss & The Sidewalkers dans les prochaines années ? Ces cinq minutes de musique sont, en tous les cas, la parfaite terminaison à cet album surprenant et admirablement enregistré.
Professionnel, complet, éclectique, merveilleusement composé… Tout autant de termes pour définir le monde proposé au sein de "Lovely Pretty Day". Henry, Olivier, Cédric et Mounir y font des étincelles, nous emmène sur les cimes de plusieurs styles, parfois diamétralement opposés, tout en prenant de soin de préserver une certaine harmonie ambiante. Nos Bruxellois ont, sans nul doute, encore beaucoup de ressources musicales à exploiter. Ce premier album sonne déjà comme une preuve irréfutable de leur talent et souligne une parfaite cohérence musicale que le groupe n’aura aucun mal à continuer à faire vivre. Après ces trois années sur la route, en studio et sur scène, Henry Bliss & The Sidewalkers vont conquérir le cœur de ceux qui fondent devant des accords Rock et des phrasés Pop. Et peut-être, pourquoi pas, en convertir d’autres ? Quoi qu’il en soit, "Lovely Pretty Day" n’est que les prémices d’une belle et longue histoire. La suite, c’est, bien entendu, sur scène que cela va se passer… Gardez l’œil… et les oreilles bien ouvertes ! Henry Bliss & The Sidewalkers sont fougueusement épatants ! Plus que jamais à découvrir. ••