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Oh my GUSH
Jénzine Magazine N°19, Janvier-Février 2010



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•• Voir « l’idole des jeunes » (bien moins jeune ces derniers mois du reste) qualifiée de Rock Star par les medias Français, laisse à penser que la scène Pop Rock, telle qu’on l’entend de l’autre côté de la Manche, n’existe pas dans notre beau pays. Il semble en effet que culturellement, origines latines obligent, la variété déchaîne bien plus les passions que les guitares et la sueur. Ajoutons à ça le fait que dans quatre vingt dix pour cent des cas, dès qu’ils sont chantés dans la langue de Molière, les textes paraissent tout de suite beaucoup moins Rock voire complètement idiots. Pour couronner le tout, la merveilleuse loi de 1994 sur les quotas de chansons Francophones à la radio (quarante pour cent, excusez du peu). On comprendra aisément cet état de fait. Fort de l’exemple de la French Touch électro - exportée avec succès depuis une dizaine d’années - et sans doute lassés de constater au quotidien la pauvreté de la production Française (celle qui est commercialisée tout du moins), certains (Revolver, pour ne citer qu’eux) ont pourtant fait le choix de revenir aux sources de ce mouvement Pop Rock ayant connu son apogée dans les années soixante et soixante dix du siècle dernier. Assurant notamment les premières parties de -M-, Julien Doré, Yodelice, Caravan Palace ou Hugh Coltman (excusez du peu) Gush est de ceux là.

Gush compte quatre membres - Xavier, Vincent, Matthieu et Yan - qui ont la particularité d’être issus de la même famille. Les deux premiers cités sont en effet frères et Matthieu, leur cousin est lui-même le cousin de Yan. Passées les histoires de famille, et puisqu’on en est aux définitions, sachez également qu’en Anglais, Gush signifie jaillissement. Et en effet, contrairement à nombre de groupes de Rock, Gush ne possède pas de leader(s) mais bien quatre créateurs distincts qui apportent tous leurs influences et leur touche personnelle. Sur scène, nos quatre garçons aiment passer d’un instrument à l’autre et donnent tous de la voix, ensemble ou séparément, sur leurs morceaux. S’il fallait trouver une caractéristique commune à tous leurs titres, ce serait donc bel est bien le soin tout particulier apportée à l’harmonie des voix, qu’ils ont eu tout le loisir de parfaire dans le métro ou les bars, en reprenant les classiques de la Pop Anglo-Saxonne, de la Soul et même du Reggae. Le style de leur musique de prédilection est cependant difficilement définissable en deux mots, puisque même s’ils lorgnent volontiers vers ces mêmes classiques, Beatles en tête, ils n’en oublient pas pour autant les formations plus actuelles, qu’elles soient Rock ou Electro Pop. Gush est bel et bien dans l’air du temps, mêlant habilement les références des décennies passées avec les évolutions les plus intéressantes de la Pop moderne. Ce n’est pas sans raison que les artistes cités en introduction ont choisi Gush pour les accompagner sur la route. La prestation de la formation Parisienne lors de la dernière édition de Rock En Seine et les quelques titres présentés sur son dernier EP à la même époque, ne sont pas non plus passés inaperçus. Inutile donc de dire que le premier album de Gush intitulé "Everybody’s God" était attendu de pied ferme.

Son écoute commence très fort avec "The Big Wheel", sorte de chant shamanique que n’aurait pas renié Beck, le touche-à-tout Américain. Avec son intro tout en percussions à une voix, bientôt rejointe par une seconde plus haut perchée, on est tout de suite emporté par l’ambiance quasi mystique qui se dégage. Le travail des guitares, l’une acoustique très bluesy et l’autre électrique au solo épuré, apporte encore plus de corps à l’ensemble. Les titres fortement inspirés des années 60-70 débutent ensuite avec "Let’s Burn Again", son clavier étouffé typique de Stevie Wonder et la voix principale rappelant furieusement John Lennon. Il faut avouer que l’exercice de style est plutôt réussi avec notamment le petit solo de clavier qui va bien. Faisant inévitablement penser à "The Balad Of John And Yoko" des Beatles, avec une ligne de basse très ressemblante, "Killing My Mind" constitue un nouvel hommage à l’idole principale de nos quatre musiciens, même si ça manque un peu de nouveauté. Il en va de même pour "Remedy" qui fait plus que s’inspirer de "Dear Prudence" des quatre garçons dans le vent avec la même progression à la basse et le même type de solo, déjà repris quasiment à l’identique par LCD Soundsystem dans l’un de ses morceaux. Les Rolling Stones ne sont pas en reste puisque dans "Back Home", de l’accompagnement à la guitare acoustique aux claquements de mains, en passant par les des chœurs en « ouh ouh » ou les notes de guitares électriques, tout nous rappelle à leur souvenir. L’album se termine avec une harmonie vocale rappelant l’avant guerre et le sud des Etats Unis. "Jealousy", où on marque les temps comme sur les champs de coton, sonne comme un chant religieux avec les grésillements d’époque. C’est joli, même si on est à la limite du too much.

Les morceaux moins datés ne sont pas en reste, car malgré son riff bluesy très Stonien, "No Way" s’inscrit dans la lignée de Phoenix, du fait notamment de ses nappes de clavier. Avec son intro très dépouillée, son rythme croissant et un riff à la guitare slide hyper efficace, "Dance On", est le parfait mariage des styles classique et moderne. On a envie de claquer des doigts tout du long, voire même de danser lors du passage électro. On songe immédiatement à l’homologue sudiste Américain de nos quatre compères, que sont les Kings Of Leon. "You Really Got Style" est très dansant, teinté de Soul voire de Disco, ne serait-ce qu’avec son riff de guitare typique. Les General Elektriks ne sont pas loin, en particulier pour le solo de clavier. D’abord exercice de clavecin, puis lent chant gospel, "P.nis" se transforme en morceau funky avec le riff de guitare et la basse en avant qui vont bien. Malheureusement, le final fait de ce morceau un patchwork où la greffe n’aurait pas parfaitement pris. A l’inverse, la voix cassée, l’accompagnement acoustique tout en percussion, parsemé ici et là de notes de flûte, font de "My Favorite Song" un titre très agréable. La seconde partie, un peu plus dense avec des cocottes limite Reggae, s’achève avec un beau travail des voix digne des Beach Boys. Le tout donne envie de s’allonger tranquillement sur une plage de cocotiers. Débutant de manière douce dans un style à la Jack Johnson, "Vondelpark" se transforme progressivement en joyeux foutoir hyper entraînant. La basse, simple au possible pourtant, l’arpège à la guitare et la montée des voix, sont tout simplement imparables. Le solo électrique et les notes de piano énervées débouchent sur une sorte de bœuf entre copains, tout à fait délicieux. Mais, tout en retenue, d’une lenteur envoûtante et utilisant parfaitement les silences, le titre le plus touchant de l’album est sans conteste "In The Sun", tout simplement magnifique. Doté d’un chant pur, d’une simple guitare acoustique avec des arpèges bien sentis, de quelques percussions et notes électriques, mais surtout d’une harmonie vocale de toute beauté, il est impossible de ne pas succomber au charme de cet authentique bijou.

Véritable voyage au cœur de la Pop de ces quarante dernières années (voire plus), le premier album de Gush démontre que nos quatre musiciens touche-à-tout ont indéniablement du talent à revendre. Leurs influences variées, autant en termes de styles que d’époques ne se composent que des références. Les morceaux écrits à huit mains, oscillent donc parfois d’une ambiance à l’autre, au gré des apports de chacun et il est impossible de les ranger dans une catégorie précise. Par ailleurs, même si les clins d’œil sont parfois un poil trop appuyés, l’ensemble donne surtout lieu à de véritables petites pépites. Plus que les exercices de style et hommages à leurs idoles, globalement réussis, c’est bien le mélange des genres qui offre les résultats les plus intéressants. C’est en effet lorsqu’ils osent s’affranchir de leurs modèles que les membres de Gush sont les meilleurs et donnent naissance à de magnifiques pièces d’orfèvre, les plus marquantes étant sans doute les plus épurées. Au centre de ses compositions, la véritable force de Gush est véritablement sa capacité à créer des harmonies vocales de toute beauté. Quels que soient l’atmosphère, le rythme, le style, le groupe parvient toujours à trouver l’arrangement qui fait mouche. Cette facilité à mettre la voix au centre des morceaux et à la multiplier dans des tonalités et des hauteurs toujours justes est un don rare dans la production actuelle. La combinaison réussie de jeux de voix dignes des Beach Boys à des compositions dans l’air du temps, le tout de manière tout à fait naturelle, constitue donc un véritable tour de force. Comme les Kings Of Leon, également frères et cousins, Gush démontre ainsi sa capacité à mêler le meilleur de chaque époque pour en faire la musique d’aujourd’hui. On ne peut que leur souhaiter le succès de leur homologue Américain.

Jérémie Covo

Interview inédit
Gush répond aux questions de Jénzine Magazine

Jénzine Magazine : Bonjour au groupe et Bonne Année 2010 !
Gush : Bonne Année !

Jénzine Magazine : On a entendu dire que Gush, c'était une histoire de famille. Alors, qui est Gush ? Racontez-nous. A quelle époque, avez-vous décidé de monter votre groupe ?
Xavier : Gush est bien une histoire de famille car il y a mon frère Vincent ainsi que moi-même Xavier, il y a aussi Mathieu qui est le cousin de notre cousin et Yan qui est le cousin de Mathieu. Mon frère et moi avons toujours joué et chanté ensemble depuis tous gamins. Puis ensuite on a formé un groupe avec Mathieu et Yan qui, de son côté, avait déjà son groupe. On s'est toujours dit qu'on devait faire de la musique tous ensemble. On a fusionné en 2004, on a fait qu'un groupe a cette période. Ensuite, on a commencé à enregistrer une démo qui s'appelait "Amazing".

Jénzine Magazine : Gush signifiant 'jaillissement'. Pourquoi avoir choisi d'appeler votre groupe ainsi ?
Xavier : On trouve que Gush est un mot qui sonne bien et qui est simple. Nous voulions avoir le nom d'un groupe qui soit court et qui sonne presque comme une onomatopée. Gush veut bien dire 'jaillissement', mais on pourrait donner pleins de sens différents à ce mot. Pour nous, cela signifie davantage un jaillissement d'énergie. D'autres pourraient l'interpréter comme un jaillissement musical.

Jénzine Magazine : Quelle a été l'inspiration, le thème de la chanson qui ouvre l'album "The Big Wheel" ?
Vincent : C'est la première fois que j'en parle. Au tout début, ce n'était qu'un texte au sujet d'un initiateur qui parle à la première personne, genre un Shaman ou un gourou. En somme, quelqu'un qui t'initie à quelque chose de supérieur à ce que l'on voit, les portes intérieures. C'est l'accès à un monde au-delà de la chair. Cet initiateur dit « je vais détruire ta mort et je vais prendre plaisir à te voir renaître ». Du coup j'ai fait plusieurs essais en composant, j'ai recherché des mélodies mais ce n'est pas venu tout de suite. J'ai mis la composition de côté en la ressortant de temps en temps. Et puis quelque mois après, je l'ai ré-améliorée en gardant quelque chose de Pop, assez formaté en fait, et surtout beaucoup de voix.

Jénzine Magazine : Quelle description faites-vous de votre Pop ?
Xavier : La seule description que l'on peut faire de notre Pop est très courte, mais en même temps veut dire pleins de choses. Pour nous c'est de la 'Pop jaillissante'.

Jénzine Magazine : D'ailleurs, comment décrivez-vous le son Gush ?
Xavier : Le son Gush est un mélange de toutes nos influences. Des influences vraiment variées dans le style et dans le temps. On peut aussi bien écouter du Rock & Roll, de la Soul (Little Richard) que des morceaux des années cinquante. On écoute aussi les Beatles, Bob Marley ou encore les Daft Punk, et aussi des groupes un peu plus récents comme par exemple Air. Là où il y a du chant et de la voix, c'est vraiment notre créneau. En définitive, des styles assez vocaux.

Jénzine Magazine : N'y a t-il pas une petite inspiration John Lennon sur le titre "Let's Burn Again" ?
Xavier : Je ne sais pas si ce morceau est directement inspiré par John Lennon mais ce fabuleux artiste nous a inspiré de manière générale en tous cas. On aime beaucoup ce que Les Beatles et John Lennon ont fait. Par conséquent, cela se retrouve sûrement sur des titres comme ça, mais à la base ce n'est pas voulu

Jénzine Magazine : Nous avons beaucoup aimé "You Really Got Style". Il y a un fort attrait pour les années quatre vingt chez vous... On se trompe ?
Xavier : Non, vous ne vous trompez pas ! Comme je le disais, on a été très inspirés par les années cinquante aux années quatre vingt dix. C'est vrai que "You Really Got Style" a aussi un coté un peu eighties comme on aime bien. Dans chaque décennie, on a trouvé des perles musicales et de même par rapport au style car dans chaque style musical, on retrouve des artistes qui nous touchent et qui nous intéressent.

Jénzine Magazine : Pensez-vous que "You Really Got Style" pourrait devenir une excellente musique de pub ?
Xavier : Oui, carrément ! Pour les chewing-gums ! (rires) Par exemple, cela pourrait faire une très bonne synchro, à bonne entendeur (rires).

Jénzine Magazine : Que s'est-il passé sur "P.nis" à l'introduction très Queenienne ? Un petit délire 'Mini Opéra' qui a fini en chanson ?
Xavier : C'est plus l'inverse ! En fait, on avait la chanson et on voulait lui apporter une dimension classique car le titre était assez groovy. Ca pouvait faire un décalage marrant. Donc, on a rajouté cette introduction vocale avec le piano et les voix. On adore cette liqueur quand on est à quatre et que l'on chante ensemble. Du coup, on a laissé sur toute la chanson ce 'délire classico'.

Jénzine Magazine : Et sur "Jaelousy", un clin d'œil un peu Blues-doo-wop ? Vous avez joué avec le mixage on dirait bien...
Xavier : Cela pourrait s'apparenter à du mixage mais en fait on a enregistré ça tous les quatre autour d'un micro, un peu à l'ancienne. Pour rentrer dans la technique, on a branché ce micro à un ampli guitare. C'est pour ça qu'il y a un son étriqué, un peu vieillot entre-guillemets. On a laissé ça brut de pomme et on ne l'a même pas touché au mixage. C'est juste une prise de son qui a été faite à l'ancienne.

Jénzine Magazine : Quels sont vos albums 70's et 80's préférés à chacun d'entre vous ?
Xavier : On a des goûts assez variés cela peut aller de Prince à Police en passant par les Stones aux Eagles, Michael Jackson et Funkadelik aussi.

Jénzine Magazine : Et quels sont les artistes actuels auxquels vous croyez le plus ? Quel(s) groupe(s) suivez-vous de près ?
Xavier : Un groupe qui s'appelle Gush ! (rires) Non, plus sérieusement, un mec qui est là depuis longtemps, Beck, que l'on apprécie beaucoup. Sinon, il y a des artistes que l'on suit et qui gagnent à être connus, comme The Dø ou les Naive New Beaters. Et surtout, on connaît un ami que l'on soutient et qui s'appelle Adanowsky. Mais, il fait surtout carrière en Amérique Latine, du genre Chili, Argentine,... On adore ce qu'il fait. C'est un personnage, à la fois marrant et à la fois intriguant.

Jénzine Magazine : A l'heure où chanter en Anglais ou en Français est un débat, votre choix s'est tout de même posé sur l'Anglais. Pour quelle raison ?
Xavier : On chante en Anglais sur le disque car, à la base, la majorité de nos influences sont Anglaises et Yan est Anglais. Pour lui, c'était donc quasi naturel. Notre premier disque, on l'a fait comme ça. Mais on envisage, pourquoi pas dans le futur, de faire des chansons en Français et pourquoi pas en Espagnol ? Voire même dans d'autres langues, celles par exemple qui peuvent bien sonner comme le Norvégien, l'Hébreu,... On a pas vraiment de barrières. Pour cet album, l'Anglais était une ligne directrice. En plus, l'Anglais est une langue internationale. Donc, si on veut s'exporter, c'est pratique. Un jour, on inventera peut-être bien notre propre langage ! (rires)

Jénzine Magazine : Quels événements vous ont donnés envie de faire de la musique votre métier ?
Xavier : En fait, c'est rempli de petits événements. Personnellement, depuis tout gamin, j'ai toujours été animé par la musique. Assez jeune, lors de mes premiers concerts, je me suis dis que c'était ça que je voulais faire et je pense que mon frère a eu exactement le même ressenti que moi. Yan aussi a été bercé par la musique. Son père faisait parti d'un groupe dans les années soixante dix. Pour Mathieu, c'est pareil. Depuis tout jeunes, on joue ensemble et la musique est le métier que l'on voulait faire, même si souvent on entendait : « tu sais, tu vas devoir gagner ta vie quand tu seras grand ».

Jénzine Magazine : Qui d'autre vous a accompagné sur cet album ? Parlez-nous un peu de l'équipe qui vous a suivi pour ce premier album.
Xavier : Pour ce disque, c'est notre producteur qui nous a soutenu, financièrement et surtout humainement. Mis à part ça, cet opus, on l'a vraiment enregistré à quatre et on nous avons travaillé nous-mêmes le son. Ensuite, on a laissé le soin de mixer le tout à Bruce Keen, un ingénieur son que l'on adore. On a fait un deuxième mixage un peu plus tard quand on a eu la maison de disque. C'est Bertrand Fresel qui s'en est occupé. Ce sont les deux seuls intervenants sur "Everybody's God" car on a quasiment tout fait seuls.

Jénzine Magazine : Quelles sont les rencontres qui vous ont le plus marqués pendant votre professionnalisation ? Pouvez-vous nous parler des premières parties que vous assurez dans toute la France et de vos rencontres avec Caravan Palace, Hugh Coltman, Yodelice ou encore -M-.
Xavier : J'ai un exemple qui me vient. Cet Hiver 2009, on a fait une tournée en première partie d'artistes comme -M- et Yodelice. Cela à été de très bonnes rencontres musicales et humaines. Ils ont été super sympa. -M- nous a fait part de ses expériences passées. C'était comme un grand frère qui nous parlait de ses périples sur la route. Il y a aussi Hugh Coltman qui nous a invités à faire sa première partie à La Cigale. Humainement, c'est un type que l'on adore aussi. Et puis, il y a Adanowsky. Avant de pouvoir vivre totalement de Gush, on jouait pour d'autres personnes comme Izia. Nous étions également les musiciens d'Adanowsky. Grâce à lui, on est partis en Espagne et en Amérique Latine. C'était de super expériences humaines et de vies. Nous nous sommes beaucoup rapprochés de lui. Une très bonne découverte et une belle rencontre.

Jénzine Magazine : On sent que vous vous êtes pas mal amusés à trouver des sons originaux, sympathiques et surprenants. On pense notamment à "Dance On" ou "My Favorite Song". Vous laissez toujours une place importante à l'improvisation lorsque vous écrivez et lorsque vous enregistrez en studio ?
Xavier : Il n'y a pas vraiment de règles définies. Ca dépend des chansons et de l'humeur. Mais effectivement, il y a des chansons qui sont parties d'improvisations lorsque l'on était en studio. On a, plus ou moins, reporté des chansons écrites que l'on a retravaillées. L'improvisation, on la laisse surgir au moment du live. Quand il y a des parties instrumentales, on se laisse davantage aller. En revanche, en studio, cela nous est arrivé de laisser jouer notre imagination.

Jénzine Magazine : A ce sujet, comment ça se passe au sein du groupe au moment de l'écriture des textes et des mélodies ? Vous écrivez ensemble ? Séparément ?
Xavier : On écrit tous les quatre des chansons. Souvent, chacun amène une idée en respectant une ligne directrice que l'on prend soin d'établir auparavant, et qui contient les paroles et la mélodie. Soit on est tous d'accord, soit on se dit « tiens le refrain serait mieux comme ça... ». Encore une fois, il n'y a pas vraiment de règles établies. En général, un d'entre nous apporte son idée et les autres se greffent dessus en apportant leur touche personnelle.

Jénzine Magazine : Qu'avez-vous voulu exprimer dans la magnifique "In The Sun" ? Quel en est le thème ? La trame ?
Xavier : "In The Sun" est une chanson que j'ai écrite quand mon grand-père est décédé. Sa disparition nous a beaucoup affectés. J'avais déjà une mélodie et j'en ai fait une chanson. C'était un peu comme une prière pour l'accompagner. Avec mon frère, nous nous sommes dits : pourquoi ne pas la chanter a deux sur tout le long de la chanson ? Voilà... "In The Sun", c'est ça...

Jénzine Magazine : Pensez-vous que la Pop Electro va de plus en plus se vulgariser dans les prochaines années au détriment d'une Pop beaucoup plus acoustique (avec moins d'instruments numériques) ?
Xavier : Honnêtement, je n'en sais rien. Nous, on a juste fait ce que l'on 'kiffait'. Mais on veut aussi évoluer. On va sûrement rajouter des instruments numériques et des machines dans notre manière d'avancer. Mais, franchement, je n'ai pas de réponse pour ça.

Jénzine Magazine : Quel effet ça fait quand on sait que son album sort dans à peine un mois ? Impatient ?
Xavier : A l'été dernier, au moment où on a enregistré le disque, on n’avait pas de label. On aurait bien aimé sortir le disque il y a longtemps. Quand on a eu un label, cela a pris du temps de signer les contrats, s'occuper de la promo et de la sortie du disque. Nous, en fait, on est très impatients d'enregistrer d'autres morceaux mais on est également très contents que le disque sorte. C'est une sorte de finalité qui concerne une certaine période où on a galéré à trouver quelqu'un qui veuille bien nous distribuer. On est très contents de sa sortie et d'aller sur les routes pour le défendre en étant tous impatients de retourner en studio pour enregistrer de nouveaux morceaux. On est assez prolifiques vu que l'on est quatre à écrire.

Jénzine Magazine : Pensez-vous que le format numérique et Internet vont définitivement prendre le dessus sur les vinyles et les CD ?
Xavier : Je pense que ça a déjà pris le dessus. En tous cas, le vinyle est toujours là. Les gens l'aiment pour ce qu'il est. Cela ne sert à rien de lutter contre internet, c'est l'évolution qui veut ça. Nous, on fait de la musique qui n'est pas faite pour être vendue mais diffusée. En soi, internet est un outil fabuleux pour ça. On ne fait pas ça pour le fric mais pour divulguer notre vibe.

Jénzine Magazine : Bientôt la Maroquinerie à Paris, le 11 Mars.
Xavier : Oui ! (rires) on est plutôt contents de jouer car ça fait un moment qu'on a pas jouer à Paris. Cela faisait un moment que l'on voulait jouer à La Maroquinerie. Mais pas plus stressés que ça. On fait notre truc et on kiff, et si il y a des gens qui aiment ce que l'on fait c'est cool, on est contents !

Jénzine Magazine : Un mot pour vos fans ?
Xavier : Merci pour votre soutien grandissant car c'est grâce aux fans que les groupes existent.

Jénzine Magazine : Que peut-on souhaiter à Gush pour cette nouvelle année ?
Xavier : De pouvoir diffuser notre musique à travers le monde et de l'amour car l'amour est une chose essentielle...

Propos recueillis par Samira Mekki


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GUSH
"Everybody's God"

Label :
Cinq7/Wagram

Année : 2010

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