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BLISS, le rugissement du moteur
Jénzine Magazine N°16, Juillet-Août 2009



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•• Il existe sur Terre des groupes qui vous donnent envie d’écrire sur eux. C’est comme ça, cela ne s’explique pas. « On a toujours visé très haut, et à chaque fois on s’en est donné les moyens », assure Tom, le chanteur-leader de la formation. C’est donc armés de cette hargne qu’ils débarquent avec un communiqué de presse complet, une biographie ultra travaillée et, surtout, des morceaux très professionnels et aboutis. Bliss est un groupe fortement intéressant qui, depuis quelques mois, s’est mis en tête de buzzer avec force sur la toile. Ce n’est pas nous qui allons les empêcher, bien au contraire. C’est donc fin Décembre 2008 que le groupe nous contacte via leur MySpace (redoré à l’été 2008) et nous invite à découvrir leur univers. Six mois plus tard, ils nous envoyent leur incroyable album "3 Seconds Before, 21 Grams After". Nous pensons un court instant : cet album ultra réussi n’a absolument rien à faire en France et devrait davantage cibler le public Américain. Oui, car Bliss est un groupe 100% Français qui a largement ses chances au pays de l’Oncle Sam, nous en sommes certains. Alors pourquoi vous parler d’eux ? Tout simplement parce que leur Rock puissant, leurs chansons hyper complètes et cette fougue de jeu aux inspirations Metal U.S. prouve que Bliss possède un énorme (que disons-nous ? Un grandissime) potentiel exploité déjà à 100%. Cela promet un immense raz-de-marée lorsque leur album paraîtra physiquement dans les bacs en Septembre prochain. Partir à la découverte du son de Bliss, c’est traverser une nouvelle dimension dans le Rock. Un son rarement exploité à sa juste valeur dans l’hexagone. Il fallait que Bliss intervienne pour changer la donne. Voilà donc chose faite.

Laissons dans un premier temps le groupe se présenter par lui-même : « prenez une dose de gros riffs, une grosse poignée de rythmes à vous tordre le cou et saupoudrez le tout de mélodies imparables. Bliss, ce n’est pas du light, ce n’est pas du bio et c’est pleins de métaux lourds ! ». Quand vous entrez dans l’univers du trio génial, composé de Tom (guitare, chant), Séb (basse, chœurs) et Ju’ (batterie), vous êtes directement invités à être scotchés à votre canapé. Tom explique leur rencontre: « C’est vrai qu’on a tous les trois eu de la chance de se trouver. De mon coté, avec l’ancien line-up, on avait déjà sorti un EP en 2004 mais il manquait l’étincelle, le truc qui fait que tu te sens pas dans un groupe mais dans une famille. On a décidé de se séparer et de mon coté j’ai cherché de nouveaux musiciens : je ne recherchais pas forcément des génies qui peuvent me sortir un slap à la Trujillo ou un roulement style Thomas Lang mais de bons musiciens avec leur personnalité et surtout des amis avec qui je pourrais bosser pendant des heures, m’engueuler puis oublier tout ça cinq minutes plus tard ». En Amérique, et plus particulièrement dans les magasins de disques les plus branchés des grandes villes, il est devenu habituel d’entendre ce genre musical, mi Rock mi-Metal, imposant au passage des groupes comme Seether, les magiques Staind ou encore Saliva, Chevelle et Linkin’Park. Bliss, quant à lui, tente d’imposer ce genre musical au public Français. Plutôt osé. Ils ne sont pas les premiers mais, certainement, les meilleurs que nous avons entendu jusqu’alors. Leur travail a de quoi réellement vous convertir à ce genre musical. « Certains nous classent dans le style néo et on n’en a pas honte du tout, explique Séb. On écoute tous les trois des styles différents mais au final on se retrouve avec les mêmes classiques dans nos platines. Ju’ est à fond dans le Punk Californien (Blink 182, Sum 41…) Tom est axé gros Rock Américain (Foo Fighters, Chevelle) et moi j’ai baigné dans le Hardcore bien saignant. Quand on se retrouve devant Gojira en live ou à mater les prouesses de Travis Barker on est tous d’accord : c’est ça qu’on aime : la musique avec un grand M.» Le public en redemande et on désormais pourquoi.

Avant de plonger dans leur succulent album, pleins de riffs sensationnels et d’accroches mélodiques exaltantes, établissons tout de même un rapide retour dans le passé. Le trio, loin d’en être à son premier coup d’essai, s’apparente à un méga groupe très expérimenté qui sait ce que les mots « promo » et Rock veulent dire. A la genèse, c’est la publication de deux maxis ("Life’s Pleasure" et "Chrysalide") à qui ils doivent leurs premiers succès. Déjà en 2003, le groupe prend un temps d’avance en proposant leur travail simultanément en sortie physique et digitale. Après plus d’une trentaine de concerts, de nombreux tremplins remportés et de multiples diffusions radio, ils montent sur la scène du Zénith de Marseille devant près de 8000 spectateurs. Un an plus tard, leur premier album est en route. "3 Seconds Before, 21 Grams After" sera concocté dans les meilleurs conditions. Le groupe ne lésinera d’ailleurs pas sur les moyens : location d’une maison de campagne en Touraine, achat d’un van pour les tournées et fabrication d’un home studio... « C’est vraiment un moment inoubliable, s’exclame Séb. Tu te lèves, tu as dix mètres à faire et tu es dans ton studio ! On ne pouvait pas rêver mieux pour cet album ! ». Tom ajoute : « Ca nous a permis de pousser la compo des titres encore plus loin, d’aller vraiment au fond des choses et d’explorer d’autres styles ou d’autres instruments, ce qu’on n’aurait pas pu faire avant… ». Tous trois totalement isolés, il leur faudra seulement quatre mois pour concocter les paroles et les notes de ce premier album, avant de sortir prendre l’air et débarquer à Paris au Studio Plus 9. Là, ils y trouveront le producteur Stéphane Buriez (Loudblast, Dynamite, Black Bomb A,…). Durant deux mois à ses côtés, ils donnent vie à leurs compositions. Le mastering, quant à lui, sera réalisé au Studio Oméga (Empyr, Kyo, Johnny Hallyday,…) par Rodolphe Plisson. Pendant ce temps, sur Internet, le buzz est en marche. Depuis l’Automne 2008, l’album est proposé internationalement au format digital. Pour buzzer dix fois plus fort et en vue de diffuser leurs clips, le groupe ira même jusqu’à passer un partenariat officiel avec les géants YouTube. Qui aujourd’hui ne connaît pas Bliss sur la toile ? Plus d’un million de visites sur leur MySpace et un bouche à oreille qui fonctionne. « Regarde autour de toi et tu te rendras compte que très peu de groupes s’investissent autant pour un premier LP », lance Tom.

D’emblée, le groupe a évité de se perdre dans la facilité. On pense notamment au morceau "Vivre", croisé sur leur MySpace, où des paroles en Français sur un Rock au son purement Américain ne fait pas vraiment bon ménage... Fort heureusement, Bliss sait s’écouter et excelle bien davantage sur des morceaux comme "Perfect Time", "Whatever Happens" (toutes deux nous rappelle le travail d’Incubus) ou encore le lumineux "One More Star". En tout, ce sont douze morceaux fracassants qui nous attendent dans "3 Seconds Before, 21 Grams After". Notre coup de cœur ira sans détours pour "Bullet For Christmas" qui s’affiche comme un single éclatant et prometteur. D’ailleurs, ce dernier bénéficie déjà d’un clip vidéo produit par le groupe et réalisé par Arnaud Lalanne (Dagoba, Watcha,…) qui ne manque pas de saveur. C’est professionnel. On accrochera sur "Thorn In My Side" profondément Américain dans l’âme (qui pourrait croire que ces gars là sont Français ?) et nous adhérerons au subtil mélange électro-rock entendu sur "Chocolate Box" qui ferait une parfaite B-Side. Il y a aussi "Enough" où le rythme s’entrechoque à des guitares nerveuses et rappellent, dans les couplets, les échanges vocaux émis par Blink 182 ou Sum41. "Fake Hero", quant à lui, est accompagné par une épatante animation vidéo réalisée par Bena (dessinateur notamment pour France Télévisions) et inscrite dans un registre metal-ninja, incluant zombies et autres couleurs disco. Etant visionnée plus de 100 000 fois en moins de deux mois et passant un mois dans le Top 10 des charts YouTube et MySpace TV France, on peut dire que Bliss n’a pas raté sa communication, à l'allure plutôt massive. Pendant que "Tantalus Child" et "Try To Live" s’adressent à des oreilles plus excercées de part leurs constructions musicales légèrement plus éparpillées, on appréciera l’arrimage rythmique et mélodique de "Time To Run" (un nouveau single ?). Bliss s’y autorise même un passage plus sombre en guise de break. ça sonne.

Et les concerts ? Beaucoup, beaucoup de concerts les attendent… Comment allez-vous pouvoir rater Bliss sur les planches ? Maintenant rôdé, le trio se produira dans plusieurs villes de France, notamment à Bordeaux, Toulouse, Brest, Montbéliard, Nantes, Bourges ou encore Lille. Ils brancheront les guitares aussi à Paris fin Septembre au BatoFar et en Octobre au Nouveau Casino. Quant au son de ce premier album, il est propre, très bien produit et l’ensemble ne manque pas de caractère. « Au final, on a un super album dont on est tous super fiers », s’exclame Ju’. Bliss démontre qu’en France, on sait aussi faire du Néo-Rock. Si le groupe ne croise pas un beau jour sur sa route un label Américain pour les signer, il ira le chercher. La volonté, la passion au ventre et la ‘niaque’ qui dégage du trio ne trompe pas. Toute cette envie de vivre, on la retrouve dans "3 Seconds Before, 21 Grams After". Aucun doute : oui, c’est de la musique, avec un grand M. Bliss s’engage dans une voie que personne n’a encore osé franchir. En un mot, Bliss dépasse les frontières, et le résultat est déjà très prometteur. Et si les frontières sont toutes franchies, rendez-vous peut-être en Amérique en première partie de Chevelle ? Rien n’arrêtera le moteur de rugir. ••

Jen Kidonÿ


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BLISS
"3 Seconds Before,
31 Grams After"

Label :
Only Talent Productions

Année : 2008

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