Jénzine Magazine : Un an d'absence déjà ! Avez-vous fait un bilan de l'année passée, des concerts et des rencontres ? Quelles conclusions en tirez-vous ?
Karim Réveillé : On n’a pas fait vraiment de bilan. Mais on sait qu'on a eu de la chance. Ca s'est très bien passé pour nous. On a fait de belles rencontres en festivals comme les Babyshambles ou les Hives. Sinon, la tournée à commencée avec Deportivo, avec qui nous nous sommes très bien entendus. C'était un peu nos grands frères sur la route parce qu'ils avaient un peu le même parcours que nous pour le premier album. Après, on n’a pas vraiment fait de bilan. On s'est pas posés pour se dire « alors, on a fait ci, ça,... ». On n’a pas vraiment de plan de travail.
Jénzine Magazine : Mais... Vous n'étiez pas trois l'année dernière ?
Bérald Crambes : En fait, je suis le dernier ! Le nouveau né de la formation ! Ça fait un moment que je suis là, du moins sur scène. J’étais sur scène avec le groupe lors des concerts. Ensuite, ils m'ont intégré au groupe. Et j'en suis très content ! (rires).
Jénzine Magazine : Il est si loin le temps de "Houna" ?
Karim Réveillé : Non ! C'était il y a seulement deux ans ! (rires) Ca nous paraît pas trop loin. C’est un morceau que l’on joue encore sur scène ou sur les plateaux télé.
Jénzine Magazine : "Nico Teen Love"... On comprend bien le jeu de mots, mais c'est quoi le message exactement ? 'Hey, la cigarette c'est mauvais !' ? Peut-être un clin d'œil à Gainsbarre ? Votre côté "Bonnie And Clyde" ? Ou mieux, une référence à Nico des Velvet Underground ?
Karim Réveillé : Oui, effectivement, c'est une référence à Nico du Velvet. Il nous influence. Les Velvet Underground c'est quand même la base de toute cette folie. Par contre, oui pour le clin d'œil à Gainsbourg, oui pour le morceau, mais pas pour l'album en général.
Jénzine Magazine : Peu de chansons dans la langue de Shakespeare dans ce nouvel opus. Pourquoi ne pas choisir de mettre un peu plus de chansons interprétées en Anglais dans vos albums ?
Karim Réveillé : On a décidé de faire un album exclusivement en Français. Par la suite, nous ferons paraître un EP en Anglais. On préfère bien séparer les choses. On ne veut pas faire un mélange de tout sur un seul album.
Jénzine Magazine : Est-ce que "Nico Teen Love" n'aurait pas pu être votre premier album ?
Karim Réveillé : Je ne pense pas car "Nico Teen Love" est l'album de la maturité. Notre premier album à été écrit pendant les débuts de BB Brunes. C'était un album qui contenait six ans de vie du groupe. Sur le deuxième album, c'est deux ans de tournée, puis la professionnalisation du groupe.
Jénzine Magazine : Parlez-nous de votre rencontre avec Antoine Gaillet, le coréalisateur de ce nouvel album.
Karim Réveillé : C'est notre label, Warner, qui nous l'a présenté car on cherchait un réalisateur et on ne le trouvait pas. On voulait prendre des réalisateurs Anglais mais nous nous sommes rendu compte que ce serait partir trop loin. Et puis, on a rencontré Antoine Gaillet et ça c'est très bien passé. Il nous a ramené des CD et on a fait de même. Du coup, on a remarqués qu'on avait les mêmes influences. On est partis à l'aventure et ça a été génial !
Jénzine Magazine : Comment arrive-t-on à donner une nouvelle direction musicale quand on en est à son deuxième album ? Facile ou pas ?
Karim Réveillé : Cela a été relativement simple car les morceaux ont été écrits sur la tournée en parallèle des concerts. Quand on avait du temps pendant les balances, on jouait les morceaux, on les répétait et cela s'est fait très facilement et, par conséquent, tout naturellement. Il n'y a pas eu de moment où on s'est dit que l’on allait composer de tel jour à tel jour. Cela s'est fait au fil de ces deux dernières années. A chaque fois qu'on passait par Paris, on enregistrait des maquettes. Et lorsque l’on arrivait en studio, tout était déjà prêt.
Jénzine Magazine : On ressent dans ce nouvel opus un certain effet sixties. Et les sixties, c'est plutôt tendance en ce moment. Vous suivez la mode ?
Karim Réveillé : Ce côté sixties, ça fait longtemps qu'on nous le dit. On ne pense pas que c’est à la mode pour nous, c'est notre influence première. C'est le son que l’on aime et que l’on a toujours aimé, et que l'on a toujours voulu faire ressentir.
Jénzine Magazine : Qui se charge d’écrire les paroles et les mélodies chez vous ? Comment procédez-vous ?
Karim Réveillé : En fait, c'est Adrien qui compose les mélodies et qui écrit les paroles. Ensuite, il nous les soumet en répète’ et on apporte chacun notre partie la batterie, da basse et de guitare. Généralement, chacun travaille sa partie. On est en parfaite osmose.
Jénzine Magazine : Le titre "Dynamite" est assez explosif. C'est quoi le secret pour arriver à un tel résultat ? De longues heures à écrire ou cela arrive complètement spontanément ?
Karim Réveillé : Ah ça, on ne peut pas en dire plus ! C'est l'effet BB Brunes ! (rires)
Jénzine Magazine : On sait que vous enregistrez assez vite pour garder un certain « phénomène d'urgence ». Vous avez déjà essayé d'enregistrer plus lentement ? Vous savez ce que ça donne ?
Karim Réveillé : On ne pouvait pas vraiment ! On avait juste une semaine. On ne fait pas ça pour garder ce côté « urgence ». On le fait plutôt pour garder l'énergie que l’on peut avoir sur scène. On enregistre tous ensemble dans le même studio. On n’enregistre pas la batterie d'abord puis ensuite la basse ou la guitare. On fait ça tous ensemble et on essaye de garder cette énergie vive.
Jénzine Magazine : Parlez-nous aussi du titre "Brity Boy".
Comment cette chanson est-elle née ?
Karim Réveillé : Encore une fois, c'est un morceau qu'Adrien a écrit. C'est le morceau qui est arrivé à la fin de notre séance en studio. On avait encore un peu de temps et, du coup, on s'est mis à l'écrire tous ensemble et à le bosser. Notre réalisateur, Antoine Gaillet, nous a proposé de mettre des cordes dessus et c'est venu assez spontanément et ça a marché. C'est un peu l'OVNI de l'album.
Jénzine Magazine : Vous pensez quoi du paysage Rock indépendant actuel ? Selon vous, tout le monde peut-il aujourd'hui facilement percer dans le métier ?
Karim Réveillé : On ne sait pas du tout. On ne sait pas comment fonctionne les maisons de disques en général. En dehors de ça, la musique Rock se porte bien.
Il y a plein de concerts. C'est peut-être pas le même engouement qu'il y avait y a deux ou trois ans, mais cela reste quand même vivant.
Jénzine Magazine : Pensez-vous que le format numérique et internet ont déjà pris le dessus sur le format physique (vinyles, CDs) et que c'est trop tard pour faire marche arrière ?
Karim Réveillé : La vente des disques marche toujours aussi bien. Les plates formes numériques et internet marchent très bien aussi. De notre côté, je sais que l’on a vendus beaucoup plus d'albums en physique qu’en numérique.
Jénzine Magazine : L'album que vous préférez et que vous écoutez en ce moment ?
Karim Réveillé : The Dead Weather et l'album de Julian Casablancas qui défoncent ! On aime beaucoup ce genre musical.
Jénzine Magazine : Et si vous deviez choisir un seul album paru en cette année 2009, ce serait lequel ?
Karim Réveillé : Sans hésitation, The Dead Weather parce qu'on les as vus sur scène et ils ont fait un très bel album. Quand tu les vois sur scène, il y a une telle énergie qui se dégage que tu t'en prends plein la gueule !
Jénzine Magazine : Bientôt la tournée. Stressés ? Impatients ? Vous vous sentez comment aujourd'hui avant de remonter sur scène retrouver votre public ?
Karim Réveillé : Pour être franc, j'en ai marre de rester dans mon lit à Paris ! (rires). On a hâtes d'être en tournée pour retrouver la scène, faire ce que l’on aime et partager notre musique avec le public et nos fans. C'est le plus important pour nous.
Jénzine Magazine : Qu'aimeriez-vous dire à vos fans ?
Karim Réveillé : Venez tous aux concerts ! Partagez des moments intenses avec nous ! De toute façon, la seule chose que l’on aimerait leur dire, c'est qu'on les aime.
Jénzine Magazine : C'est quoi que l'on souhaite aux BB Brunes aujourd'hui ?
Karim Réveillé : Des tas de concerts, des salles pleines et beaucoup de festivals !
Propos recueillis par Samira Mekki