•• Fini le Rock au féminin qui passait inaperçu. Aujourd’hui, les filles dans le Rock sont plus que jamais présentes, et Avril Lavigne compte bien revendiquer la sienne. Il y a quelques mois, elle nous préparait au choc qu’allait être son nouvel album avec "Keep Holding On", la chanson phare du film Eragon paru en Décembre dernier. On se demandait alors si le futur album de la Miss n’allait pas quelque peu chambouler le monde du Rock. La réponse est aujourd’hui arrivée et il faut bien avouer que ce nouvel opus, nommé "The Best Damn Thing", comporte le maximum de tubes possibles. En douze titres, on y croise déjà "Girlfriend", "I Can Do Better" (sa préférée), "Innocence", "I Don’t Have To Try", qui sont tous susceptibles de devenir de grands singles.
Avril Lavigne nous a habitués à délivrer des chansons énergétiques. En se retournant brièvement sur sa carrière, déjà bien entamée, on réentend encore son timbre de voix sur des morceaux comme "Losing Grip" ou "My Happy Ending". Pour ce nouvel album, la configuration ne change pas, mais on passe une vitesse au dessus. Et ce n’est pas peu dire car tout est réuni pour faire de "The Best Damn Thing" un disque ne passant pas inaperçu. Dans un premier temps, on y croise des producteurs très expérimentés. La famille Lord-Alge (Tom et Chris) y est réunie, ainsi que Butch Walker et Rob Cavallo entre autres. L’album contient la juste dose pour vous réveiller le matin. Elle se lâche sur "Everything Back But You", elle vit sa chanson sur "I Can Do Better", et elle se détent sur la ballade "When You’re Gone" tout en testant de nouvelles choses comme crier ou rire sur ses chansons. On y croise l’excellent Travis Barker, batteur des Blink-182, sur trois morceaux (et une B-Side) ("I Can Do Better", "Runaway", "I Don’t Have To Try" et "Alone") et également le compositeur David Campbell (Bon Jovi, Sheryl Crow) pour le titre "Innocence". Autant dire que ce disque est chargé à bloc d'une énergie Rock contrôlée. Tout éloigne ce troisième opus des précédents qu’étaient "Under My Skin" et "Let Go", qui ont fait pourtant, à eux deux, plus de vingt millions d’exemplaires vendus. Côté édition limitée, l’album se pare d’un DVD incluant un making-of de 40 minutes non-stop, les interviews des différents coproducteurs, et bien entendu les sessions d’enregistrements, le tout dans une ambiance très communicative, avec une Avril Lavigne complètement déchaînée.
Avril Ramona Lavigne, de son vrai nom, tient à son image. Cette fille, à peine âgée de vingt-deux ans, a déjà tout compris de l’esprit Punk. Look ravageur et bad-attitude, cette tête blonde d’1m60 est plus futée et plus sauvage qu’on peut le prétendre. Attention, certains pourront ne pas accepter ce style, apparu au fil des années, notamment avec The Offspring, et qui a explosé avec l’arrivée des Good Charlotte ou des American Hi-Fi, et que l’on appelle le Nu-Punk. Il est bien évident qu’elle s’est imposée depuis ces cinq dernières années comme la chanteuse la plus représentative du milieu. Canadienne d’origine, on l’a souvent décrite comme une «Anti Britney Spears» ; il est évident que le Rock et le R&B ne s’entendent pas sur tous les terrains, c’est ce qui fait que les styles musicaux existent. Ses influences, elle les trouve chez les Goo Goo Dolls (la troupe à John Rzeznik) mais aussi chez Green Day. A douze ans, elle écrit ses premières chansons puis découverte dans un festival à l’âge de seize ans, elle s’envole pour Manhattan et commence déjà à montrer de la détermination pour son premier album, ce qui engendrera vite des désaccords entre elle et son label. La suite, on la connaît : une ribambelle de singles criards et terriblement efficaces (dont "Complicated", "My Happy Ending", l’excellent "Losing Grip", "Nobody’s Home") et une artiste qui se place dans le cercle très fermé des chanteuses Rock, avec comme compagnon amoureux Deryck Whibley des Sum 41.
"The Best Damn Thing" souhaite donc conquérir le coeur des puristes du Nu-Punk. Et sans aucun doute qu’elle le fera grâce à un disque énergique, où on y met clairement le paquet, et qui tombe pile au bon moment. Avril Lavigne, qui est aussi une skateuse à ses heures perdues, se fait donc enfin entendre ! Et ce nouvel album, en plus de lui ressembler, lui colle parfaitement à la peau. On peut dire que ce troisième opus est le meilleur qu’elle a réalisé depuis le début de sa carrière. Pour ceux qui apprécient Avril Lavigne pour ses morceaux aux rythmes soutenus, "The Best Damn Thing" comblera leurs attentes. On peut le parier, on reparlera de cet album au cours de l’année 2007. ••
Jen Kidonÿ |