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La poussée d'ARCHIMEDE
Jénzine Magazine N°16, Juillet-Août 2009



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•• On vous confirme que ces p’tits gars sont de sérieux talents à surveiller de très près ! Ces excellents musicos, en provenance du Pays de la Loire, ont eu la bonne idée de redonner un coup de fouet et un nouvel élan à la chanson Française en publiant un premier album éponyme à la pochette toute rose et fashion et, surtout, au contenu électrique ! Ce disque aurait même mérité son édition vinyle ! En ce milieu d’année, il faudra donc plutôt compter sur Archimède pour vous donner la pêche ! Les deux garçons vous apporteront, sans détours, des chansons à textes contenant une bonne dose d’humour, de « French Rigolade » et de cinglants riffs de guitares directement inspirés par la musique British. Ainsi armés de leurs sonorités Rock - que l’on aime tant, on vous l’avoue -, de quelques notes d’harmonica bien placées et de couplets vraiment exaltants, on ne peut qu’applaudir la performance constatée dans leur premier opus. Avec "Vilaine Canaille" et son clip tout aussi « branchouille », qui met en avant la bonne vieille recette de la ‘facecover’, Archimède s’est déjà fait largement remarqué sur la toile, et, ce, bien avant la sortie de l’album. Ce petit côté Rock/Punk allié à un accent fortement Parigo fusionné à des paroles franches et familières font d’Archimède un Pop Band absolument incroyable et d’une toute autre ère. Grâce à l’omniprésence d’influences Anglo-Saxonnes (The Who, Oasis,…), Archimède réussit déjà à imposer un univers, un son véritablement nouveau et unique que l’on espérait depuis longtemps entendre crier dans l’Hexagone. Un coup de cœur pour nous. Et pour vous ?

Libertaire, engagé, perspicace, cet album éponyme de Nicolas et Frédéric sent bon la musique énergique et remplie de franchise. Pour le son, on les compare déjà à Nino Ferrer, Téléphone, Renaud ou encore les Kings Of Leon. Des paroles lancées d’une traite, un songwriting épatant ; c’est la signature indélébile et unique que propose Archimède. Ennuyeux est donc un adjectif à bannir de suite lorsque vous ferez découvrir le groupe à vos connaissances. Les frangins de Laval sont, en effet, des piles sur pattes, qui font éclater dans leurs clips une jeunesse pleine de vie. Dans leur musique, les sensations y sont nombreuses. Autant vous dire que ces p’tits gars sont sur la bonne pente. Le leitmotiv d’Archimède ? Mélanger astucieusement les mots et les intégrer à une Pop incisive et électrique. Mais comment peut naître un tel disque ? Laval est la ville qui détient toutes les réponses. Avant de se baptiser Archimède en 2004 (pour se donner un côté scientifique Grec), les deux frangins inspirés commencent à écrire et enregistrer plusieurs chansons. A force de concours et de tremplins, Nico et Fred sont repérés par un éditeur. C’est enfermés entre les quatre murs du Studio Vega à Carpentras (dans le Vaucluse) que l’aventure continue. Toujours munis de leurs plumes efficaces, le duo peaufine les phrases, les transitions et concocte quelques notes pertinentes. Les titres passent alors entres les mains de sacrés experts : Yves Jaget à la prise de son, Jeff Delort au mixage et enfin Stephen Marcussen pour le mastering. Archimède enregistrera même avec la « fameuse console avec laquelle ont enregistré les Rolling Stones ». Un luxe. Le résultat : un buzz énorme sur Internet grâce à la vidéo du premier extrait de leur album ("Vilaine Canaille") qui sera visionné jusqu’en territoire Américain et séduira le pays par son côté Frenchy. A travers le monde, c’est plus de 600 000 internautes qui verront le clip.

Ainsi, après cette jolie récompense due à une bonne dose de travail, Archimède devient le parfait groupe Franglo-Saxon de cette année 2009. Qui d’autre allait oser ? En seulement trois morceaux, les frères Boisnard (leur patronyme d’origine), accompagnés du reste de la troupe (à savoir de Cord’ à la basse et aux claviers, Tess à la batterie, et Guillaume à la guitare), arrive déjà à vous convaincre de rentrer dans leur univers. "Vilaine Canaille", le redondant "L’Été Revient" ou le très dansant "À L’Heure H" (taillé pour les dance-floors ?) sont d’excellents moyens de découvrir et comprendre toute l’intensité qui peut en dégager. Et bien sûr, lorsque la musique est bonne, comme toujours on décuple le plaisir… par onze ! Onze chansons qui ont les arguments pour vous donner le sourire. A commencer par "Eva et Les Autres" où le doute n’est plus possible. D’où vient ce son qui nous rappelle irrémédiablement les sixties, les yé-yés, Bowie et les autres, avec, en gageur, un petit goût de "Good Vibrations" des Beach Boys ? Soyez tranquilles, Archimède va garder ce même cap durant toute la durée de l’album. Un réel plaisir, on vous disait ! Lorsqu’intervient "Au Diable Vauvert", on découvre ainsi les capacités du groupe à s’adapter à un rythme plus léger, plus calme. Les paroles, elles, restent toujours aussi bien pensées. Avec "Fear Facteur", on assiste à un feu d’artifice similaire au tubesque "Vilaine Canaille". Génial et coloré, fait de cuivres, de piano et d’une flûte discrète, Archimède semble côtoyer "La Fille Du Père-Noël" de Jacques Dutronc. Un air de famille qui ne peut qu’être flatteur pour ces deux garçons fous de Pop. On redoublera d’attention au sujet de la délicate "A L’Ombre", l’un des titres les plus mystérieux de l’album. A mi-chemin entre The Verve et les frères Gallagher, elle s’avère aussi beaucoup plus grave et sombre. "Passe Par Paris" est pleine d’imagination. Se jouant des proses avec une exaltante facilité, Nico et Fred mettent fortement en avant leur talent à travers cette jolie déclaration d’amour quelque peu fantaisiste. Trompettes, pianettes et Wurlitzer font ici bon ménage. Musicalement, la transition est ainsi toute trouvée pour le morceau suivant, "L’Amour PMU". Là, c’est un tout petit peu moins Pop et un peu plus acidulé. Le thème est fort et direct : aucune arithmétique n’existe en matière sentimentale. Tu n’avais rien pour me plaire et pourtant tu m’as plu, y chante Nicolas. Le génie d’Archimède, ce sont aussi ces paroles qui vous rentrent vite en tête. Vous n’aurez pas fini d’examiner le sens des mots que vous serez déjà en train d’en fredonner le refrain. "Décalage Horaire" est, quant à lui, un morceau amusant, plein de soubresauts, de surprises musicales, et surtout remplie de grâce et de vie grâce à quelques sons d’ukulélé, de banjo et de programmations en tout genre en guise de décor. Lorsque intervient le final, une chaude ambiance Rock s’installe, pour dire aussi que, finalement, les gars de Laval ont encore de l’énergie à nous revendre. Pour la dernière chanson de l’album (arrangée par Jean-François Berger), c’est en compagnie d’un orgue et d’une guitare qu’Archimède se balance sur "Dussé-Je" avant d’éteindre tout doucement la lumière et nous laisser le choix de revenir au début. Ce qu’on fera sans réfléchir.

La suite de l’histoire, ce sont bien entendu les concerts. Archimède se révèle être aussi un groupe de scène (lorsqu’on est bon, on est bon partout !) C’est ainsi que nos p’tits gars sont passés au Québec pour le Festival d’Eté, assureront le 14 Juillet la première partie d’Indochine, avant de passer par Auxerre au Festival au Zarbs, à Toulon, Saint Florent, Landerneau ou encore Auberive. Après tout ça, vous aurez aisément compris qu’Archimède est la sensation musicale incontestée de cet été 2009. Leur style vintage, leurs impeccables chansons que vous ferez incontestablement tourner en boucle, l’ingéniosité de leurs textes et des notes jouées, fait de ce duo le parfait exemple de ce que la France peut receler encore comme trésors en terme de créativité musicale. Cet opus restera, sans l’ombre d’un doute, un des plus exaltants et des plus inattendus de cette année Une immense découverte, un véritable coup de cœur. Réellement génial. ••

Jen Kidonÿ

Interview inédit
Frédéric d'Archimède répond aux questions de Jénzine Magazine



Jénzine Magazine : Toutes les chansons de l’album se suivent et se complètent parfaitement. Comment on arrive à aboutir à un tel résultat ?
Fred : En fait, mon frère Nicolas ainsi que moi même avons composés une vingtaine de chansons. Ensuite, on en a choisi onze pour tenir sur l’album de façon à ce que cela puisse être assez homogène et, en même temps, transversal dans les thèmes abordés, les chansons d’amours, les chansons d’espoirs et star-system.

Jénzine Magazine : Pourquoi avoir choisi le nom d’Archimède pour votre groupe ? Eurêka ? Vous aviez trouvé quelque chose en particulier ?
Fred : Non. En fait, il y a plusieurs raisons à cela. Déjà, c’est un nom qui appelle pas à nous classer dans une catégorie musicale. Du Rock, de la Pop ou de l’Electro... on ne sait pas trop ce qu’il y a derrière Archimède. La deuxième raison est que c’était le titre de notre toute première chanson composée par tous les deux. Elle parlait d'un type qui s’appelait Archimède mais qui n’avait pas beaucoup de talent pour découvrir quelque chose et qui prenait des marres à répétitions.

Jénzine Magazine : Si l’on en croit votre clip "Vilaine Canaille", vous avez été bercés par le format vinyle. Il y a même un disque de Freddie Mercury à la fin du clip. Quelles sont les ‘galettes’ qui vous sont passées entre les mains et que vous écoutez encore aujourd’hui ?
Fred : En fait, l’essentiel des pochettes qui sont dans le clip représentent un petit peu notre univers musical. Tous les vieux Renaud, Bob Dylan, John Lennon,... Il y a aussi The Beatles et Oasis. On aurait voulu mettre leurs pochettes dans le clip mais cela se prêtait pas forcément à des scènes cinématographiques. Il fallait trouver les bonnes pochettes qui puissent être raccord avec les costumes et le décor. Mais notre univers musical se situe entre Jacques Dutronc et Renaud pour la Chanson Française puis tout le renouveau du Rock à l'image d'Oasis, Supergrass, inspiration années quatre vingt dix pour la scène Anglaise. Mais on aime aussi tous les yé-yés Français et Américains. Les Beatles nous ont vraiment bercés quand on était petits. Notre père les écoutait beaucoup ainsi que Jacques Dutronc, les Stones et tous les vieux Chuck Berry.

Jénzine Magazine : Et désormais, avoir aussi votre propre album au format vinyle, ça vous fait quoi ?
Fred : Ça nous fait super plaisir et super marrer ! C’est un peu un clin d’œil aujourd’hui au clip qui a été fait car ce clip a quand même eu un gros buzz, et on en est super fiers.
Il a bien été tourné et il est super drôle. Ce qui nous donne l’opportunité de montrer tout l’univers dans lequel on baigne à travers le grain de l’image. Il y a des clins d’œil : les vieux bistrots, la scène du chariot aussi qui est un petit hommage au film Les Valseuses avec Patrick Dewaere et Gérard Depardieu. Tous ce qui nous fait marrer. C’est un bel hommage au monde de cinéma et de la musique.

Jénzine Magazine : Justement, en parlant de vinyles, vous qui cultivez la mode ‘vintage’, est-ce que cela ne vous fait pas mal au cœur de constater que la musique se numérise de plus en plus avec le temps ?
Fred : Tant que cela est légal, ça ne me dérange pas trop. Après c’est vrai que nous nous sommes attachés aux valeurs traditionnelles. Peut-être le fait que nous sommes tous les deux trentenaires, donc on a connu la pleine époque du CD. On achetait beaucoup de disques. Le format CD et vinyle, c'est des traces matérielles qui, personnellement, nous apportent beaucoup. Mon fils, qui a huit ans, se fout éperdument du CD ! Il les mets n’importe comment dans sa chambre et moi, derrière, je lui dis en rigolant « range, range cela se respecte un disque ». Le CD et le vinyle font partie de notre histoire et de notre passé.

Jénzine Magazine : Quelle est votre chanson préférée des Beatles ?
Fred : Ma chanson préférée des Beatles ? Ça c’est super difficile à dire ! Allez, je vais en donner deux : "Back In USSR" (j’adore ce titre) et "Blackbird". Pour moi, ces deux chansons ont fait partie de ma vie, et le sont encore.

Jénzine Magazine : Comment s’est concrétisé votre rencontre musicale à tous les deux ? Une passion commune pour la musique ?
Fred : Cela s’est fait assez naturellement et surtout à l'époque du renouveau du Rock (Oasis, Supergrass,...) On voyait ces groupes évoluer sur scène et on se réfugiait beaucoup là-dedans. On voulait faire comme eux, y compris les scènes locales où on voyait des groupes sur scène avec des gros moyens de lumières et de son. On se disait aussi que ce serait génial de faire quelque chose de ce style. Et puis, avec le temps, on a réussi à monter un répertoire, à réunir une équipe et on a fini par y arriver.

Jénzine Magazine : Les débuts d’Archimède, les tous premiers titres du groupe, c’était comment ?
Fred : Les premiers titres ont été composés par mon frère et moi puisqu'on est auteurs-compositeurs du projet. C’est pour cela que seulement nos noms apparaissent sur l’album. Mais derrière, les musiciens sont toujours les mêmes. C’est un groupe avec qui on est très attachés.

Jénzine Magazine : Autodidactes tous les deux ?
Fred : Ah oui, complètement ! On travaille vraiment au feeling. On écrit rien, sauf, bien sûr, les textes. Musicalement, on fait tout à l’oreille, avec des schémas sur un tableau. Il n’y a rien de théorique. C’est seulement de la pratique. Quand on compose des chansons, on ne se pose aucune question. Dès l’instant ou on trouve que cela sonne bien...

Jénzine Magazine : Quels arguments donneriez-vous si vous deviez décrire la Pop Music Francophone d’aujourd’hui ?
Fred : Déjà, on trouve qu’il n’y en a pas assez. En tous cas, on a du mal à se retrouver dans la musique Française car beaucoup de chanteurs Français chantent en Anglais. On ne sait pas trop qui fait quoi, ça c’est un problème. Et puis, aujourd’hui, les groupes essayent tous de faire les mêmes formats. Je disais tout à l’heure que j’achetais moins de disques mais c’est aussi parce que y a de moins en moins de choses intéressantes. En France, il y a deux univers qui existent : d’un coté Bénabar, Renan Luce, Vincent Delerm - qui sont très très fort là-dedans - et il y a la vague électro Pop où ça chante en Anglais. Nous, on essaye simplement de faire de la Pop Française.

Jénzine Magazine : A l'instant où se fait cet interview, vous faites la première partie de la bande à Nicola Sirkis le 14 Juillet. Vous êtes prêts ? Pas trop stressés ?
Fred : On y pense pas trop. On est beaucoup occupés en ce moment et on essaye de ne pas se mettre la pression. On aura bien assez de stress quand on verra le public et les moyens techniques qui seront mis en œuvre. Là, on a pas mal de concerts dans des petits endroits. Ce qui est très bien. Cela va nous permettre de roder notre tête, même si on a pas mal de concerts derrière nous. Pour nous, c’est que du bonheur ! On y va 'cool' pour l’instant.

Jénzine Magazine : Faire des concerts en Angleterre un jour, vous y pensez ?
Fred : Ce serait génial ! Le seul problème, c’est que le Français ne s’exporte pas beaucoup, même si avec le buzz de "Vilaine Canaille", il y a beaucoup d'Américains qui ont vus le clip à travers YouTube, et qui nous demandent si l’album va sortir aux États-Unis. Même si ils ne comprennent pas toujours le Français, ils aiment bien l’univers musical qui en dégage. Donc, c’est amusant. On aimerait beaucoup jouer sur des scènes Anglaises. Ce serait génial. Mais bon, si on arrive déjà à jouer dans des clubs Parisiens et à remplir quelque petites scènes, on sera très contents. Prenons l’escalier tranquillement.

Propos recueillis par Samira Mekki


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ARCHIMEDE
"Archimède"

Label :
Jive/Epic

Année : 2009

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