•• Vous doutiez que l’on puisse un jour réaliser un album dans une église ? Cela est possible et Arcade Fire l’a fait. "Neon Bible" fait désormais partie de ces albums. Un travail d’orfèvre a été réalisé l’année dernière par ce groupe possédant déjà, derrière eux, une carrière longue de sept ans. Ces Canadiens, originaires de Montréal, ont mis en place un projet fou et y ont embarqué Mark Spike Stent (Madonna, Robbie Williams,…) dans l’aventure pour notamment deux morceaux majeurs : "No Cars Go" et "Black Mirror " sur une onzaine enregistrés pour l’occasion.
Tout est parfait dans cet album que l’on n’attendait pas d’eux : des paroles bien écrites mélangeant Français et Anglais, un univers gothique à souhait mélangé à de la Pop New Wave, tantôt The Cure, tantôt David Bowie, des orgues, des chœurs, et une caisse de résonnance tout à fait incroyable et unique pour un album de ce genre. En un mot : ils l’on fait et ce n’est que leur second disque ! "Neon Bible" est gigantesque à l’écoute et pourtant il ne comporte qu’un très petit nombre de titres. A premiers abords, on est frappés par la pochette et la noirceur-pop-électro dont elle fait l’objet. L’édition limitée possède en effet un magnifique boîtier flanqué d’une image 3D sur la face avant et à l’intérieur deux petits livrets à animer Ensuite, "Neon Bible", c’est un site Internet, qui continu l’expérience en y ajoutant vidéos et images à la sauce Gospel et au ralliement d’église. Enfin, "Neon Bible" c'est un album franchement réalisé avec la foi. On y trouve inclus ce fameux titre "Intervention" qui a tourné très longtemps entre les oreilles des internautes en en 2005.
Rien dans cet album n’est mélancolique. L’éclatement des sons d’orgues sur "My Body Is A Cage" ou encore ce Rock Progressif offert dans le morceau "Neon Bible" sont seulement deux raisons sur onze pour lesquelles on ne peut que s’incliner devant le mixage de cet opus qui mélange avec force plusieurs genres, sans se soucier d’avoir, ou non, une cohérence. En effet, après avoir découvert "Keep The Car Running" ou "The Well And The Lighthouse", l’univers nous semble donc bien cadré est on est loin, très loin, de leur premier album "Funeral" de 2004 qui enterrait symboliquement - et pour de vrai - leurs trop nombreux proches décédés pendant la réalisation de ce dernier. C’est d’ailleurs même grâce à l’argent récolté de "Funeral" – qui s’est pourtant très bien vendu (1 million de copies et ce, sans quête) – qu’ils ont pu acquérir le studio de Farnham, basé au Québec, ce dernier réaménagé dans une église (d’où son nom : The Church) où ils ont fait naître "Neon Bible".
C’est en guichets fermés que notre septuor a joué le 19 et 20 Mars à l’Olympia de Paris, complet en à peine vingt minutes ! Il en ressort un engouement évident pour ce groupe qui, il y a encore quelques années, était quelque peu boudé par certains. A croire que les univers sombres et gothiques leur vont comme un gant. C’est tout de même avec des instruments à cordes, violons et contrebasse à l'appui, que notre groupe exerce sur scène et dans les studios ; des instruments magiques qui rendent la musique éclatante de beauté et de lyrisme. "Neon Bible" est donc un disque qui sort du lot par l’utilisation diverses de ces instruments mais où y trouve également des chansons au caractère bien spécifique.
Arcade Fire se révèle être un groupe intéressant qui, si ils le confirment au troisième album, se figera vite dans l’histoire du Rock Indépendant au Canada en à peine quelques années. Une belle pierre de lancée dans un style musical en perpétuel mouvement. ••
Jen Kidonÿ |