•• Vous l’avez croisé ou vous en ignorez l’existence, voici un jeune artiste, fraîchement débarqué dans le monde de la chanson Française, qui ferait penser un instant à une future voix hexagonale . Une voix qui en impose avec, de surcroît, une guitare qu’il maîtrise plutôt bien et qu’il porte en bandoulière. Armé d’influences Blues certaines, Alexandre Kinn se fait discret, mais son talent va certainement le dévoiler au grand public.
Au départ, Alexandre Kinn n’était pas destiné à la chanson. Ses études étaient axées vers l’Egyptologie. Drôle de parcours qui poussera ce musicien à choisir la musique. Un voyage à la Nouvelle Orléans lui suffira à se conforter dans cette décision. Il faut dire que cet Etat Américain n’est pas ce qu’il y a de moins bon pour l’inspiration musicale. Bien au contraire. Notre compositeur-auteur-interprète se dirige donc tout droit vers ses premiers concerts. Paris sera la ville qui va le révéler à un public en soif de découverte. Petit à petit et au fil de jours, quelques shows par-ci par là vont l’amener à rencontrer du monde, certes, mais aussi à étoffer son répertoire.
Aujourd’hui, c’est un joli cadeau qu’il nous fait en nous présentant "Dans La Tête d’Un Homme", son premier album composé de treize titres. Poétique dans ses textes, il l’est. Sa guitare donne de la couleur et voilà que l’on découvre le morceau "Aude". Pas sûr qu’Alexandre soit un jour repéré par un certain De Palmas, tant le style musical s’en rapproche. Avec un refrain simple mais efficace, une voix naturelle et du Blues/Folk dans le sang, il nous persuade rapidement de sa dextérité musicale. Il n’y a plus de doute, Alexandre Kinn va faire sensation auprès des amateurs d’acoustique et de chansons Françaises. Lorsqu’on se penche sur les autres morceaux qui composent cet album, tout se tient. Avec "Moi-même et Ma Bouteille", il s’aligne au niveau d’Anis ou de Tété et se targue d’une belle présence sonore. En fond sonore, deux autres protagonistes tout aussi importants : François Fuchs à la contrebasse (un instrument assez rare dans un style Folk) et Lawrence Clais à la batterie. Trois instruments suffisent à rendre une âme forte intéressante à ces morceaux. Jouant des styles, il porte en lui de sacrées influences : Bob Dylan, Ben Harper, Jack Johnson ou encore le groupe John Butler Trio sont les maîtres à penser du musicien. Bien vite, on constatera qu’Alexandre Kinn attire l’attention, même à volume sonore réduit. Sa voix résonne et on ressort persuadés qu’il peut aller loin... très loin.
Si Alexandre Kinn exerce dans un style musical qui s’essouffle légèrement en France, il n’en est pas moins le possible relanceur. Ses paroles, son piqué de guitare, sa voix très Blues peut parfaitement faire renaître, auprès du grand public, l’envie de réentendre parler de ce style musical. N’oublions pas que beaucoup de productions Folk nous proviennent d’Amérique. Seul notre hexagone reste à persuader. Avec Alexandre Kinn, les choses risquent de changer. Si il continue à en imposer de la sorte, il partira en compétition face à d’autres Christophe Maé et Gérald De Palmas et se positionnera clairement comme un nouveau talent. Nous souhaitons, bien évidemment, une bonne route à cet enchanteur de l’acoustique musique que l’on recroisera sûrement, au volant d’une Folk urbaine comme il se plaît tant à la nommer. ••
Jen Kidonÿ |